Pour la seconde journée consécutive, les routes étaient toujours bloquées hier dans plusieurs régions du Liban. Les manifestants, qui dénoncent la crise socio-économique et ses répercussions, refusent de céder et restent déterminés à « accentuer la pression sur les autorités ». Ce n’est pas la première fois que les routes sont coupées depuis le début du mouvement de contestation le 17 octobre 2019, mais c’est la première fois que l’armée n’intervient pas, malgré l’appel aux forces de sécurité lancé la veille depuis Baabda par les responsables, qui ont demandé d’empêcher toute fermeture de route.
Bien au contraire, les protestataires tablent sur « le soutien de l’armée » à leur cause pour poursuivre leur mouvement. Lundi, le commandant en chef de la troupe, le général Joseph Aoun, avait interpellé les dirigeants, leur demandant « ce qu’ils attendaient » pour commencer à lutter contre l’effondrement du pays. Les déclarations du patriarche maronite, le cardinal Béchara Raï, qui avait appelé à la neutralité positive du Liban, confortent également les contestataires dans leur attitude.
Ainsi, l’autoroute menant de Beyrouth à Tripoli a été fermée au niveau de Dora, Zouk Mosbeh, Ghazir et Jbeil. Après une brève réouverture, en accord avec l’armée, le tronçon au niveau de Jal el-Dib a été à nouveau bloqué en début d’après-midi, de même pour celui situé au niveau de Dora.
À Zouk Mosbeh, de brèves échauffourées ont éclaté entre plusieurs manifestants après que le convoi de voitures dans lequel se trouvait le directeur de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim, a forcé le barrage. Le général Ibrahim rentrait de Bkerké, où il venait d’être reçu par Mgr Raï.
Au sud de Beyrouth, des protestataires ont verrouillé l’autoroute au niveau de Jiyé et Naamé. Dans le Nord, cet axe principal a été bloqué à l’entrée de Tripoli, tout comme les routes de Beddaoui, Bab el-Tebbané et les voies menant à différentes localités de la région, comme Koucha, Halba et Abdé. Dans la Békaa, la place de Zahlé et les routes de Taalabaya et Rafid étaient fermées à la circulation.
Par ailleurs, plusieurs dizaines de manifestants, au nombre desquels d’anciens militaires, ont tenu un sit-in devant le musée national de Beyrouth en signe de soutien aux propos tenus la veille par le général Joseph Aoun. Au cours du sit-in, les participants brandissaient notamment des panneaux appelant au désarmement du Hezbollah.

