L’ex-dirigeante birmane Aung San Suu Kyi, déjà poursuivie pour avoir enfreint d’obscures règles commerciales et sanitaires, a été inculpée pour deux nouvelles infractions hier, pendant que les tensions restaient vives dans le pays au lendemain de la journée de répression la plus meurtrière depuis le coup d’État. Au moins 18 personnes ont été tuées dimanche par les forces de sécurité venues disperser des rassemblements prodémocratie, selon les Nations unies qui se basent sur « des informations crédibles ». Tenue au secret depuis son arrestation le 1er février, Aung San Suu Kyi a comparu hier en visioconférence et été inculpée pour violation d’une loi sur les télécommunications et « incitation aux troubles publics », a indiqué l’avocat Nay Tu, membre de son équipe de défense. Elle était déjà poursuivie pour avoir importé illégalement des talkies-walkies et ne pas avoir respecté des restrictions liées au coronavirus, des motifs jugés extravagants par les observateurs internationaux. Malgré la peur des représailles, les contestataires sont descendus de nouveau dans les rues et les tensions ont été vives. À Rangoun, les forces de sécurité ont tiré sur des manifestants. Certains contestataires ont érigé des barricades de fortune avec des panneaux de bois, des canapés et des poteaux en bambou pour se protéger.
Monde - Birmanie
Suu Kyi de nouveau inculpée
OLJ / le 02 mars 2021 à 00h00

