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Monde - Affaire Navalny

Colère en Russie face à l’ampleur de la répression

Colère en Russie face à l’ampleur de la répression

Des proches et des amis de centaines de partisans d’Alexeï Navalny faisant la queue devant les centres pénitenciers pour tenter de les rencontrer. Nikolay Korzhov/AFP

Société civile et médias russes se sont élevés hier face à l’ampleur de la répression visant les partisans de l’opposant Alexeï Navalny, un dossier au cœur d’une visite en Russie du chef de la diplomatie européenne.

Ce dernier, l’Espagnol Josep Borrell, est arrivé jeudi soir pour un échange aujourd’hui avec le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, une rencontre qui s’annonce difficile, Moscou ayant qualifié les critiques occidentales d’« ingérence » dans les affaires intérieures russes.

Alexeï Navalny s’est vu infliger mardi une peine de deux ans et huit mois de détention pour avoir enfreint les termes d’un contrôle judiciaire datant de 2014. Il juge que le président Vladimir Poutine cherche ainsi à le réduire au silence, après avoir survécu à un empoisonnement l’été dernier.

Il sera en outre jugé vendredi dans une autre affaire, pour diffamation. La plupart de ses proches collaborateurs ont été soit arrêtés, soit poursuivis.

Hier, l’opposant russe a appelé ses partisans à vaincre leur peur et à libérer la Russie « des voleurs » au pouvoir. « Ils peuvent se maintenir au pouvoir et l’utiliser pour leur enrichissement personnel en s’appuyant uniquement sur notre peur. Mais nous, en surmontant cette peur, nous pouvons libérer notre patrie de cette bande de voleurs qui l’occupent », a écrit M. Navalny, dans un message publié sur son compte Instagram.

Des dizaines de rédactions de médias et d’ONG ont quant à elles dénoncé la brutale répression des manifestations en faveur d’Alexeï Navalny des 23 et 31 janvier ainsi que du 2 février, qui ont donné lieu à plus de 10 000 arrestations émaillées de violences policières. Les interpellations de journalistes, comme celle de Sergueï Smirnov, le rédacteur en chef du site internet d’information Mediazona, condamné à 25 jours de prison, ont aussi été vivement fustigées.

Force excessive

« Nous appelons les autorités russes à faire cesser les violences policières, les atteintes massives aux droits fondamentaux, à la liberté de rassemblement, d’opinion », ont écrit 25 personnalités d’organisations de défense des droits humains. « Ce n’est pas parce qu’une action est illégale et non autorisée que cela justifie le recours excessif à la force », a martelé le quotidien Kommersant, détenu par un homme d’affaires proche du Kremlin.

Conséquence de l’ampleur des arrestations, les centres de détention moscovites sont surpeuplés de personnes accusées ou condamnées pour avoir manifesté sans autorisation, une infraction passible de 15 jours de prison.

Faute de place, des dizaines d’entre elles ont été incarcérées dans un centre de rétention pour migrants à 66 kilomètres de la capitale, à Sakharovo. Des proches y font la queue, parfois plusieurs jours, pour leur remettre des colis.

Au préalable, les détenus ont de leur côté passé des heures dans des fourgons cellulaires sans eau ni toilettes, a raconté l’ONG spécialisée OVD-Info.

« Voilà donc la manière dont on combat dans notre pays » les adversaires politiques, a lâché Anna Kouranova, une décoratrice de 30 ans allée à Sakharovo transmettre des produits de première nécessité à des proches enfermés.

« Il n’y a pas d’État de droit en Russie », renchérit Denis Bondarenko, un juriste de 27 ans présent pour les mêmes raisons.

Un ressortissant franco-russe, Cyril Danielou, arrêté à tort, selon lui, pour avoir manifesté, a affirmé attendre son procès dans un tribunal débordé qui condamne à la chaîne les prévenus.

« Tout le monde prend au minimum 10 jours », a-t-il affirmé, excepté « un Syrien qui ne parlait pas russe, qui n’avait ni avocat ni traducteur et qui a été condamné à 15 000 roubles d’amende » (165 euros au taux actuel).

Pas de répression

La Russie, déjà visée par de multiples sanctions occidentales, reste quant à elle sourde aux critiques. « Il n’y a pas de répression, juste des mesures de police visant ceux qui enfreignent la loi », a estimé Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin.

Le message porté par le chef de la diplomatie européenne n’a donc guère de chances d’être entendu. Il espère néanmoins rencontrer M. Navalny.

Certains États de l’UE évoquent de leur côté la possibilité de nouvelles sanctions, notamment l’Allemagne. Le projet de gazoduc sous-marin russo-allemand Nord Stream 2 est un levier de pression. La France demande son abandon, mais Berlin le refuse jusqu’ici. Pourtant, « l’arrêt de Nord Stream est un enjeu pour Poutine. Il le craint », selon l’analyste russe Alexeï Malachenko.

La mission de Josep Borrell met en tout cas fin au gel des contacts diplomatiques au niveau européen depuis 2017. D’autres dossiers que celui de M. Navalny seront évoqués, les différends ne manquant pas sur l’Ukraine, la Syrie ou encore la Libye.

« La relation avec la Russie est complexe. Il y a de nombreux enjeux de sécurité à discuter », résume M. Borrell. M. Peskov a pour sa part assuré que Moscou souhaitait « discuter franchement » de leurs désaccords.

Source : AFP

Société civile et médias russes se sont élevés hier face à l’ampleur de la répression visant les partisans de l’opposant Alexeï Navalny, un dossier au cœur d’une visite en Russie du chef de la diplomatie européenne.Ce dernier, l’Espagnol Josep Borrell, est arrivé jeudi soir pour un échange aujourd’hui avec le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, une rencontre qui s’annonce difficile, Moscou ayant qualifié les critiques occidentales d’« ingérence » dans les affaires intérieures russes.Alexeï Navalny s’est vu infliger mardi une peine de deux ans et huit mois de détention pour avoir enfreint les termes d’un contrôle judiciaire datant de 2014. Il juge que le président Vladimir Poutine cherche ainsi à le réduire au silence, après avoir survécu à un empoisonnement l’été...
commentaires (1)

""Ils peuvent se maintenir au pouvoir et l’utiliser pour leur enrichissement personnel en s’appuyant uniquement sur notre peur"" MI CA ME DIT QUE LES RUSSES AU POUVOIR ET CEUX LIBANAIS SONT DES FRERES SIAMOIS. PAS VOUS ?

Gaby SIOUFI

11 h 08, le 05 février 2021

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Commentaires (1)

  • ""Ils peuvent se maintenir au pouvoir et l’utiliser pour leur enrichissement personnel en s’appuyant uniquement sur notre peur"" MI CA ME DIT QUE LES RUSSES AU POUVOIR ET CEUX LIBANAIS SONT DES FRERES SIAMOIS. PAS VOUS ?

    Gaby SIOUFI

    11 h 08, le 05 février 2021

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