Un membre de l’armée suisse, section pharmacie, manipule de la glace dans un congélateur destiné à contenir le vaccin Pfizer/BioNTech. Clemens Laub/VBS/DDPS/Handout via Reuters
Les campagnes de vaccination contre le Covid-19 se poursuivaient hier dans plusieurs pays européens sans mettre fin aux restrictions imposées face à la pandémie, tandis que Donald Trump a ratifié le plan de relance aux États-Unis.
La plupart des pays de l’UE ont commencé durant le week-end à vacciner leurs populations contre le Covid-19, en injectant à des personnes âgées, à des soignants ou encore à des responsables politiques les premières doses du vaccin Pfizer-BioNTech, quelques jours après le feu vert de l’UE.
Leur livraison dans huit pays européens subira cependant un léger retard, en raison d’un problème logistique à l’usine Pfizer en Belgique, a annoncé le ministère espagnol de la Santé, sans préciser quels étaient les sept autres pays affectés.
En Espagne, c’est une pensionnaire d’une maison de retraite de Guadalajara (centre), Araceli Rosario Hidalgo Sanchez, 96 ans, qui a été la première personne à être vaccinée dimanche contre le Covid-19. En Italie, les premières doses du vaccin Pfizer-BioNtech ont été injectées dimanche à une infirmière, Claudia Alivernini, et la directrice du laboratoire de virologie à l’hôpital Spallanzani de Rome, la professeure Maria Rosaria Capobianchi.
En France, où l’épidémie a provoqué la mort de plus de 62 500 personnes et où le virus circule activement, c’est une femme de 78 ans, Mauricette M., qui a été dimanche la première personne vaccinée, à l’hôpital René-Muret de Sevran (région parisienne).
Un début de campagne de vaccination que la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a qualifié de « moment touchant d’unité » et d’« histoire de succès européenne ».
Mais en France, une majorité (56 %) n’envisagent pas de se faire vacciner contre le Covid-19, selon un sondage. Le président français Emmanuel Macron a espéré que « la raison et la science (allaient) nous guider ». Un Conseil de défense sanitaire sera organisé aujourd’hui en France, alors que plusieurs élus, notamment dans le Grand Est, s’inquiètent d’un rebond de l’épidémie et réclament un troisième confinement.
Nouveaux cas du variant britannique
L’Allemagne, la Hongrie et la Slovaquie avaient ouvert la marche samedi dans l’UE, avec un jour d’avance sur le lancement officiel de la campagne.
Hors UE, la Norvège a également commencé sa campagne vaccinale dimanche, tout comme le sultanat de Oman.
En Israël, l’armée a commencé sa campagne de vaccination hier à destination des soldats. Dans la population générale, 379 000 personnes avaient déjà été vaccinées lundi matin.
Avant eux, de nombreux autres pays à travers le monde avaient commencé à vacciner contre le Covid-19, qui a fait au moins 1 765 049 morts et contaminé plus de 80,6 millions de personnes dans le monde.
Bien que les premières injections suscitent l’espoir, des inquiétudes sont nées ces derniers jours après le signalement, dans des pays de plus en plus nombreux, d’un variant du coronavirus apparu récemment en Grande-Bretagne, vraisemblablement plus contagieux que la souche d’origine. Cette nouvelle souche a été repérée dans plusieurs pays européens que sur d’autres continents, et notamment au Canada, en Jordanie ou au Japon. En Espagne, cinq cas de la nouvelle souche britannique ont été détectés en Andalousie, ont annoncé les autorités locales. En Corée du Sud, trois cas du variant britannique ont également été identifiés, ont annoncé hier les autorités sanitaires. La Corée du Sud, qui avait notamment interdit les vols vers et en provenance de la Grande-Bretagne jusqu’à la fin de l’année, a prolongé cette mesure jusqu’au 7 janvier.
Plus de 50 pays ont ordonné des restrictions sur les voyages en provenance de Grande-Bretagne. Parmi eux, l’Arabie saoudite a annoncé dimanche la prolongation d’une semaine de la fermeture de ses frontières terrestres et maritimes et de la suspension des vols internationaux.
Plan de relance ratifié
Aux États-Unis, pays le plus endeuillé par la pandémie, le président Donald Trump a finalement ratifié dimanche soir, après des jours de résistance, le nouveau plan de relance économique de 900 milliards de dollars accordant des aides aux ménages et aux petites entreprises, qui avait été adopté lundi au forceps par le Congrès. « Je ratifie cette législation pour restaurer les allocations-chômage, arrêter les expulsions (locatives), apporter de l’assistance aux bailleurs, ajouter des fonds supplémentaires au programme de prêts aux entreprises », a notamment expliqué M. Trump.
Le célèbre immunologue américain Anthony Fauci a dit redouter que le pire de la pandémie reste à venir après les fêtes de fin d’année.
Face à des niveaux de contamination préoccupants, plusieurs pays sont de nouveau soumis à des mesures de restrictions, alors que la perspective du Nouvel An suscite des inquiétudes.
En Australie, les autorités locales ont indiqué qu’aucun spectateur ne serait autorisé jeudi soir sur les bords de la baie de Sydney pour admirer le traditionnel feu d’artifice du Nouvel An.
La Pologne a entamé hier un confinement partiel de trois semaines sur l’ensemble du territoire : les centres commerciaux, hôtels et stations de ski seront fermés et seuls les magasins d’alimentation, les pharmacies et quelques autres commerces resteront ouverts.
Israël a débuté dimanche un troisième confinement général, pour au moins deux semaines, et l’Autriche a confiné sa population samedi jusqu’au 24 janvier.
Source : AFP
Une « journaliste citoyenne » condamnée à 4 ans de prison après ses reportages à Wuhan
Une « journaliste citoyenne » qui avait couvert l’épidémie de Covid-19 à Wuhan a été condamnée hier à quatre ans de prison, au moment où le pouvoir chinois vante sa réussite dans la lutte contre la maladie répandue depuis à la surface du globe. Zhang Zhan « a paru très abattue quand le jugement a été annoncé », a déclaré l’un de ses avocats, Ren Quanniu, se disant « très inquiet » pour son état psychologique. Les journalistes et les diplomates étrangers n’ont pas été autorisés à entrer dans le tribunal de Shanghai où cette ancienne avocate âgée de 37 ans a été jugée en l’espace de quelques heures. Quelques-uns de ses partisans ont été repoussés par les forces de l’ordre lors de l’ouverture du procès.
Originaire de Shanghai, elle s’est rendue en février à Wuhan, alors en proie à l’épidémie, diffusant sur les réseaux sociaux des reportages, notamment sur la situation chaotique des hôpitaux. Mme Zhang a été arrêtée en mai sous l’accusation de « provocation aux troubles », une terminologie fréquemment utilisée contre les opposants au régime du président Xi Jinping. Concrètement, le tribunal lui a reproché d’avoir diffusé de fausses informations sur internet, a indiqué son autre avocat, Zhang Keke.

