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Nos lecteurs ont la parole

Est-il possible de retourner à la Suisse du Moyen-Orient ?

Constitutionnellement démocratique, théoriquement aristocratique, en réalité fantoche et défiguré. Le Liban d’aujourd’hui est complètement mis à terre et s’enfonce régulièrement de plus en plus à cause des décisions et des indécisions des gouverneurs, ainsi que de la population libanaise.

La crise à laquelle fait face le pays du Cèdre n’est point stupéfaction. Assurément après ces longues années, la tumeur clientéliste n’a fait que prendre le dessus sur l’État libanais. Tous les secteurs appropriés par les confessions sont mis à mal. Néanmoins, le secteur le plus touché étant l’épicentre de la corruption est le secteur bancaire qui avait un rôle fondamental de véhiculer les capitaux chimériques aux dirigeants par le levier de la Banque centrale. Cette dernière offrait au gouvernement des taux d’intérêt exorbitants qu’elle ne pourrait rembourser. En contrepartie, les dirigeants politiques utilisaient les fonds pour financer leurs propres intérêts et racheter les citoyens qui leur portaient allégeance. À partir de 2011 et suite aux instabilités progressives dans la région, les investisseurs se sont engagés graduellement à retirer leurs capitaux des banques libanaises, affectant lourdement le jeu financier. Suite à la taxe imposée sur WhatsApp pour tenter de minimiser le déséquilibre budgétaire, la réponse de la population était naturellement de se révolter à partir du 17 octobre 2019 accentuant davantage la crise des capitaux.

Face à la précarité sécuritaire, le déficit commercial et l’irresponsabilité des gouverneurs, rétablir la situation financière par une main invisible ou par une aide internationale momentanée n’est point une solution durable. Pour sauver le pays de sa profonde crise économique et financière, il faudrait attirer de nouveau les investissements étrangers. Pour ce faire, le Liban n’a pas plusieurs choix. En réalité, la seule solution plausible est celle qui ne sera pas prise en compte parce qu’elle sert uniquement l’intérêt de la population libanaise, nonobstant la confession.

La seule solution est de créer un Liban neutre et impartial, un Liban qui pose ses intérêts au-delà de tout autre, un pays sans ennemis, un pays tolérant, démocratique, fraternel envers la communauté internationale. En bref, un Liban digne de la dénomination « Suisse du Moyen-Orient ».


Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.

Constitutionnellement démocratique, théoriquement aristocratique, en réalité fantoche et défiguré. Le Liban d’aujourd’hui est complètement mis à terre et s’enfonce régulièrement de plus en plus à cause des décisions et des indécisions des gouverneurs, ainsi que de la population libanaise. La crise à laquelle fait face le pays du Cèdre n’est point stupéfaction. Assurément après ces longues années, la tumeur clientéliste n’a fait que prendre le dessus sur l’État libanais. Tous les secteurs appropriés par les confessions sont mis à mal. Néanmoins, le secteur le plus touché étant l’épicentre de la corruption est le secteur bancaire qui avait un rôle fondamental de véhiculer les capitaux chimériques aux dirigeants par le levier de la Banque centrale. Cette dernière offrait au gouvernement des taux...
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