Des hommes masques assis dans un café situé dans un centre commercial, le 30 novembre 2020 à Beyrouth. Photo Reuters/Mohamed Azakir
Alors que le ministère de l'Intérieur a évoqué samedi la possibilité d'un troisième confinement du Liban, le pays a enregistré 1.754 nouveaux cas de coronavirus et 15 décès au cours des dernières 24 heures, selon le bilan publié dimanche par le ministère de la Santé. Ces chiffres font grimper à 171.226 le nombre cumulé des contaminations depuis l’apparition du virus dans le pays en février, au nombre desquelles 1.394 décès et 122.547 guérisons. Parmi les cas toujours actifs, 1.075 personnes sont hospitalisées, dont 425 en soins intensifs.
La baisse apparente de nouvelles contaminations par rapport aux statistiques élevées des trois derniers jours, qui dépassaient les 2.000 cas quotidiens, est due à une baisse du nombre de tests de dépistage accomplis. En effet, alors que quelques jours avant Noël, plus de 20.000 tests étaient effectués par jour, 14.189 dépistages ont été réalisés au cours des dernières 24h.
Vaccin Pfizer
Dans ce contexte, le ministère de la Santé a indiqué dimanche avoir choisi le vaccin américano-allemand Pfizer-BioNTech contre le Covid-19, soulignant que ce vaccin serait disponible, progressivement, à parti de la mi-février au Liban, afin que 15% de la population soit vaccinée. Il faut deux doses par personne pour ce vaccin.
Le ministère compte assurer plus tard un approvisionnement en "doses supplémentaires de vaccin" auprès du dispositif Covax, pour pouvoir protéger une autre tranche de 20% de la population libanaise. Il n'a pas précisé de quel groupe pharmaceutique ces vaccins proviendraient.
Le dispositif Covax, mis en place par l'Organisation mondiale de la santé et par l'Alliance pour les vaccins, rassemble environ 190 pays dont plus de 90 à revenus faibles et intermédiaires.
Le ministère de la Santé a précisé que le vaccin serait distribué par l'intermédiaire du secteur privé.
Face aux craintes exprimées par les experts d'une recrudescence des cas après les fêtes de fin d'année, dans un Liban aux mesures de prévention exceptionnellement allégées, le ministre sortant de l'Intérieur Mohammad Fahmi a évoqué samedi un éventuel reconfinement du pays. "Si le nombre de contaminations augmente, nous devrons reconfiner", a-t-il déclaré. M. Fahmi a dès lors exprimé l'espoir que "le nombre de cas restera tel qu'il est actuellement pour ne pas avoir à boucler le pays à nouveau". Pour le moment, le taux de contamination au virus par rapport au nombre de tests effectués tourne autour de 13 %, ce qui est considéré comme élevé selon les standards internationaux.
Malgré l'augmentation constante du nombre de cas, le ministère de l'Intérieur avait annoncé que du 23 décembre au 1er janvier, le couvre-feu imposé pour lutter contre la pandémie sera allégé de 3h à 5h, au lieu de 23h30 à 5h. Pendant cette période, les pubs et boîtes de nuit pourront ouvrir leurs portes à certaines conditions. Ces établissements, tout comme les restaurants, ne pourront accueillir des clients qu'à 50 % de leur capacité de salle et il sera interdit d'y danser. Les marchés populaires, les centres commerciaux, ainsi que les cinémas et théâtres pourront également ouvrir de 5h à 23h, tandis que les événements organisés à l'occasion de mariages, obsèques et les événements culturels pourront être organisés à 50 % des capacités des salles dans lesquels ils se tiennent. Cet assouplissement des mesures de prévention fait craindre aux experts et au corps médical une augmentation des contaminations en janvier, et dans ce cadre le ministre sortant de la Santé avait déjà évoqué l'éventualité d'un reconfinement du pays en début d'année, si cela s'avérait nécessaire, notamment si les unités de soins intensifs devaient arriver à saturation.


