La crise libanaise a mis en évidence la nature complexe des problèmes brutalement posés aux gouvernants du pays. Il s’agit de la crise sanitaire, la pandémie de Covid-19, des séquelles dramatiques de la double explosion du 4 août, et d’un problème d’un autre ordre, le déficit autoritaire, au niveau de la gouvernance du pays, instance accusée par ailleurs de malversations financières ayant entraîné des effets pervers fort graves, dont l’effet proprement corrupteur. Même avec son poids d’épreuves et de souffrances exposées à l’impuissance des autorités publiques, la vie des Libanais exige qu’ils se posent la question : que faire maintenant et pourquoi ? Pour que les Libanais deviennent capables de discernement idéologique, il semble nécessaire de stimuler un dialogue entre les formations politiques aux options stratégiques opposées qui puissent ainsi se rencontrer et s’exprimer sur des problèmes concrets dont les enjeux sont fondamentaux pour tous les citoyens du pays. L’objectif étant de maîtriser la pulsion mystérieuse qui pousse les Libanais à se tirer dessus. Sans doute vivons-nous une rupture avec les visions passées du politique, faisant, à tort, de certains acteurs ou appareils politiques les détenteurs absolus du pouvoir, réduisant les autres à de simples auxiliaires ou collaborateurs, et rien d’autre.
Beaucoup de Libanais pensent que transcender la crise politique reste possible, dans la mesure où les acteurs agissent avec sagesse et humanisme. Ce courant de pensée adopte comme valeurs prioritaires la personne humaine, son épanouissement, et respecte surtout « le droit des gens ». L’initiative qui répond à cette quête de sagesse et d’humanisme consiste à aider les Libanais à réaliser leur destinée, chacun poursuivant son bien particulier (profession, vocation, etc.) et parvenant à coexister dans un esprit de dialogue avec toutes les composantes de la société.
Il est urgent d’accepter le champ de compétence de l’État libanais, à faire émerger un pouvoir politique à la hauteur des défis à relever, en suscitant la participation active de tous les Libanais, les jeunes en particulier, à la mise en œuvre des moyens de rechercher un bien utile à tous. Pour obtenir cet essor, il faudrait forcément prodiguer un service éducatif et d’enseignement de qualité, proposant des valeurs qui méritent d’être défendues et transmises, et de ce fait se donner une plus grande légitimité démocratique pluraliste.
En ce qui concerne le spirituel dans notre pays, il n’a pas pour vocation de se substituer au politique ; sa nature est d’un autre ordre. Par contre, les valeurs spirituelles constituent un appui sérieux à l’instauration de la paix et de la justice et à la défense de la dignité de l’homme ! La politique qui perd le sens spirituel de l’engagement s’expose soit à l’affadissement, soit à la démesure.
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Merci de proposer de si sages réflexions. Qu'elles suscitent des actes prudents, qu'elles encouragent les simples Libanais et les hommes politiques non à la thaoura, mais à la justice et à la vraie solidarité, loin des pratiques mafieuses et claniques et du sectarisme.
12 h 43, le 26 décembre 2020