Le siège d’Ogero à Beyrouth. Photo P.H.B.
Le ministre sortant des Télécoms, Talal Hawat, a annoncé hier dans un communiqué que le « 0 » par lequel commence généralement le préfixe national des numéros de téléphone fixes ordinaires au Liban sera progressivement remplacé par le chiffre « 2 » sur l’ensemble du réseau. Par exemple, au lieu de commencer par l’indicatif 01 ou 05, les numéros de téléphone débuteront désormais par 21 ou 25.
Le ministère a affirmé que cette mesure s’inscrivait dans le cadre du déploiement de la fibre optique dans le pays. L’opération implique notamment le transfert des lignes des abonnés à ce service – qui n’est pour l’instant disponible que dans certaines régions du pays – de l’ancienne architecture (réseau téléphonique commuté, ou DTS, via câblage en cuivre) à la nouvelle (IP Multimedia Subsystem, ou IMS, une architecture générique qui permet aux opérateurs de proposer des services fonctionnant via Internet Protocol). Il s’agit d’une étape normale dans le processus de modernisation d’un réseau téléphonique traditionnel.
Talal Hawat n’a cependant pas expliqué pourquoi cette opération nécessitait une modification du premier chiffre des numéros de téléphone fixes libanais, pas plus qu’il n’a évoqué les éventuelles conséquences pratiques de ce changement. Il a simplement indiqué que le changement de technologie permettrait d’étendre le réseau aux régions qui n’étaient pas reliées sous l’ancienne architecture.
Annoncé depuis des années, le déploiement de la fibre optique fait partie des dossiers sur lesquels les gouvernements successifs ont toujours communiqué de façon lacunaire. Le marché public a été attribué début 2018 au chinois Huawei (avec la société libanaise Serta Channels), au finlandais Nokia (Powertech) et à l’américain Calix (BMB) pour 283 millions de dollars. Le début du déploiement était annoncé pour le mois de mai de la même année.
Les services de téléphonie et internet fixes au Liban sont gérés par Ogero qui est rattachée au ministère des Télécoms.
Déjà marquée par la crise, l’année 2020 aura été particulièrement compliquée pour les internautes libanais qui ont constaté une baisse de la qualité des connexions internet fixes, consécutivement à une hausse importante du trafic pendant les périodes de confinement imposées par les autorités pour lutter contre la propagation du coronavirus. Une hausse qui a notamment obligé Ogero à augmenter temporairement les quotas d’utilisation pour ses abonnés.

