Rechercher
Rechercher

Économie - Brexit

Dénouement espéré ce week-end malgré un fossé sur la pêche

Dénouement espéré ce week-end malgré un fossé sur la pêche

Un automobiliste dans le centre de Londres brandit le drapeau britannique le jour de la sortie du Royaume-Uni de l’UE, le 31 janvier 2020. Daniel Leal-Olivas/AFP

Le Royaume-Uni et l’Union européenne se sont rapprochés hier d’un accord commercial post-Brexit, malgré de profondes divergences sur la pêche. Le négociateur européen Michel Barnier a estimé qu’un accord était possible dès aujourd’hui, tout en ajoutant que ce serait « difficile », un compromis sur l’accès des pêcheurs européens aux eaux britanniques semblant pour l’instant hors de portée.

Les propos du Français ont eu lieu lors d’un point sur les pourparlers hier matin avec les chefs des groupes politiques au Parlement européen, au cours duquel il a aussi souligné qu’un échec en fin d’année restait une éventualité. Le ministre britannique Michael Gove a toutefois tempéré les espoirs d’un accord, estimant qu’un « no deal » pour l’instant restait « plus probable ». Sans accord commercial, les échanges entre l’UE et Londres se feront selon les règles de l’Organisation mondiale du commerce, synonymes de droits de douane ou de quotas, avec de lourdes conséquences pour des économies déjà secouées par la pandémie.

Devant cette incertitude, les États européens ont préparé des mesures d’urgence pour maintenir le trafic aérien et le transport routier pendant six mois entre le Royaume-Uni et le continent, sous réserve de réciprocité. Elles doivent être soumises aujourd’hui au vote du Parlement européen, qui a déjà approuvé hier des mesures temporaires pour maintenir la circulation dans le tunnel sous la Manche.

« Crédibilité »

À l’issue de leur rencontre avec M. Barnier, les eurodéputés ont averti que s’ils ne recevaient pas le texte d’un accord d’ici à « dimanche minuit », ils ne pourraient pas le ratifier à temps pour qu’il entre en vigueur le 1er janvier 2021, quand le Royaume-Uni – qui a officiellement quitté l’UE le 31 janvier dernier – abandonnera définitivement le marché unique. Le chef de file des écologistes, Philippe Lamberts, a cependant souligné qu’une ratification cette année porterait « un coup sévère à la crédibilité du Parlement européen » au vu de ce court délai.

Sans cette ratification, un accord provisoire pourrait entrer en vigueur le 1er janvier, une option considérée par les États membres comme « la meilleure », selon un haut responsable européen – malgré l’opposition du Parlement, qui en serait réduit à l’examiner et à le valider a posteriori. Downing Street a pour sa part précisé que le Parlement britannique pourrait être rappelé sous 48 heures, en cas d’accord.

« Bons progrès »

M. Barnier a souligné sur Twitter « de bons progrès » dans les discussions, malgré d’ultimes « obstacles », au premier rang desquels figure le sujet explosif de la pêche, notamment pour la France et les Pays-Bas. Il a expliqué aux eurodéputés que l’UE avait accepté le principe d’une « période de transition » – Londres souhaitait initialement qu’elle dure 3 ans –, à l’issue de laquelle le Royaume-Uni récupérera le contrôle de ses eaux et pourra théoriquement les fermer aux pêcheurs européens. Dans ce cas, l’UE réclame des compensations. « Le Royaume-Uni sait que sans accord sur la pêche, il n’y aura pas d’accord du tout », a-t-il insisté, selon des participants. Les deux autres sujets qui bloquaient jusqu’alors les discussions – les conditions de concurrence équitable et la gouvernance du futur accord – semblent en voie de résolution.

Sur les garanties réclamées par l’UE en matière de concurrence afin de se prémunir contre tout dumping social, fiscal ou environnemental de la part des entreprises britanniques, le Royaume-Uni a apparemment basculé. Londres s’engage non seulement à ne pas régresser dans ces domaines, mais il accepte aussi la possibilité de rester « le plus proche » possible de l’UE au fil du temps. Si l’une des deux parties s’estimait lésée, elle pourrait prendre des contre-mesures, comme des droits de douane.

Clément ZAMPA, avec Germain MOYON/AFP

Le Royaume-Uni et l’Union européenne se sont rapprochés hier d’un accord commercial post-Brexit, malgré de profondes divergences sur la pêche. Le négociateur européen Michel Barnier a estimé qu’un accord était possible dès aujourd’hui, tout en ajoutant que ce serait « difficile », un compromis sur l’accès des pêcheurs européens aux eaux britanniques semblant pour l’instant hors de portée.Les propos du Français ont eu lieu lors d’un point sur les pourparlers hier matin avec les chefs des groupes politiques au Parlement européen, au cours duquel il a aussi souligné qu’un échec en fin d’année restait une éventualité. Le ministre britannique Michael Gove a toutefois tempéré les espoirs d’un accord, estimant qu’un « no deal » pour l’instant restait « plus...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut