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Moyen-Orient - Koweït

Nouveau Parlement : l’opposition renforcée, mais aucune femme

Nouveau Parlement : l’opposition renforcée, mais aucune femme

Une Koweïtienne déposant son bulletin de vote dans l’urne, le 5 décembre 2020. Les femmes ont obtenu le droit de vote et celui de se présenter aux élections en 2005. Stephanie McGehee/Reuters

L’opposition au Koweït a raflé près de la moitié des sièges au Parlement à l’issue des élections législatives de samedi, mais la seule femme députée a perdu son siège dans ce pays conservateur du Golfe, riche en pétrole.

Selon les résultats annoncés hier, 24 des 50 membres de l’Assemblée nationale appartiennent à des groupes d’opposition ou sont proches d’eux, contre 16 dans l’ancienne législature. Le reste des voix est allé à des fidèles du pouvoir, des nationalistes et libéraux qui défendent les droits, notamment des femmes ou des minorités. Sur les 29 candidates, aucune n’a été élue, 15 ans après que les femmes ont obtenu le droit de vote dans le pays. Un coup dur pour le statut politique des femmes qui ont cherché ces dernières années à être mieux représentées. L’élection de 30 candidats de moins de 45 ans semble toutefois prometteuse pour les jeunes qui attendent un changement et des réformes.

Plus de 567 000 Koweïtiens étaient appelés à choisir 50 députés parmi 326 candidats. Pour l’analyste koweïtien Ayed al-Manaa, la composition de la nouvelle Assemblée connaît « un grand changement ». « C’est une indication de la colère des électeurs face au bilan du Parlement précédent et de leur désir de changement dans les domaines de l’économie, de la santé, de l’éducation et des services », a-t-il dit.

Premier scrutin avec le nouvel émir

Ce scrutin était le premier depuis que le nouvel émir, 83 ans, cheikh Nawaf al-Ahmad al-Sabah, a pris ses fonctions en septembre, après le décès de son demi-frère cheikh Sabah à l’âge de 91 ans.

L’élection qui a lieu tous les quatre ans a été dominée par une campagne terne, loin des traditionnels grands rassemblements autour de banquets somptueux, interdits cette année en raison du Covid-19. La campagne s’est déroulée essentiellement dans les médias et sur les réseaux sociaux.

Avec plus de 144 000 cas de contamination par le coronavirus, dont 889 morts, le rendez-vous électoral a été assombri cette année par la pandémie. À l’entrée des bureaux de vote, du personnel prenait la température des électeurs qui devaient porter un masque et des gants.

Les personnes contaminées ou celles se trouvant en quarantaine obligatoire sont généralement confinées chez elles, avec des bracelets électroniques rendant compte de leurs mouvements. Mais dans un effort pour ne pas les exclure du scrutin, l’État a utilisé cinq écoles pour qu’elles puissent y voter.

Comme la plupart des pays du Golfe, l’économie du Koweït a été durement touchée par le double choc de la pandémie du nouveau coronavirus et de la chute des prix du pétrole, dont l’émirat dépend fortement.

Contrairement aux autres États de la région, le Koweït est doté d’une vie politique dynamique, avec un Parlement – élu pour quatre ans – doté de larges pouvoirs législatifs et où les débats sont souvent vifs. Les partis politiques ne sont ni interdits ni reconnus, mais de nombreux groupes, parmi lesquels les islamistes, agissent de facto comme des formations politiques.

Les thèmes habituels des campagnes électorales étaient bien présents, allant de la lutte contre la corruption à l’emploi des jeunes, en passant par la liberté d’expression, le logement, l’éducation ou encore l’épineux dossier des « Bidoun », les apatrides, une minorité dépourvue de nationalité.

Lulwa Saleh al-Mulla, qui dirige l’association culturelle et sociale des femmes, s’est déclarée déçue par l’absence de représentation des femmes au Parlement. « Mais le peuple a voté pour un changement et a renversé certains éléments corrompus qui ont déformé l’image de la démocratie et abusé de leur position à l’Assemblée », a-t-elle ajouté. Youssef Ahmad Safar, qui a voté dans le quartier d’al-Nazha à Koweït City, a dit vouloir des réformes. « Nous voulons que notre situation s’améliore, notamment sur le plan de l’emploi, du logement et également dans la lutte contre la corruption », a-t-il déclaré.

Crises à répétition

Le pays est secoué depuis de nombreuses années par des crises politiques à répétition impliquant le gouvernement, des personnalités de la famille régnante et le Parlement, dissous à plusieurs reprises. Entre 2009 et 2013, et notamment après le printemps arabe de 2011, une dizaine de gouvernements ont démissionné. « Il existe toujours des disputes au sujet du système électoral et de la mauvaise gestion de l’argent public », estime Ahmad Deyain, secrétaire général du Mouvement progressif koweïtien, dans l’opposition.

Le Koweït a été le premier État arabe du Golfe à adopter un système parlementaire en 1962, et les femmes ont obtenu le droit de vote et celui de se présenter aux élections en 2005.

Source : AFP

L’opposition au Koweït a raflé près de la moitié des sièges au Parlement à l’issue des élections législatives de samedi, mais la seule femme députée a perdu son siège dans ce pays conservateur du Golfe, riche en pétrole.Selon les résultats annoncés hier, 24 des 50 membres de l’Assemblée nationale appartiennent à des groupes d’opposition ou sont proches d’eux, contre 16 dans l’ancienne législature. Le reste des voix est allé à des fidèles du pouvoir, des nationalistes et libéraux qui défendent les droits, notamment des femmes ou des minorités. Sur les 29 candidates, aucune n’a été élue, 15 ans après que les femmes ont obtenu le droit de vote dans le pays. Un coup dur pour le statut politique des femmes qui ont cherché ces dernières années à être mieux représentées. L’élection de 30...
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