Édito

Incapables !

«Le régime des partis, c’est la pagaille », affirmait le général de Gaulle dont on vient de commémorer le cinquantième anniversaire de la mort. Comment s’étonner, dès lors, que Saad Hariri ait tellement tardé à former un gouvernement de « technocrates », ce terme honni par les partis qui y voient une confiscation de leurs privilèges ?

Mais le problème du Liban, ce n’est pas seulement « la pagaille » créée par ce « régime des partis », c’est aussi la médiocrité de la classe politique actuelle, « une caste de cancres en politique publique » selon un éditorial récent du Monde, dont le seul souci est de se remplir les poches et d’imaginer, pour sauvegarder leur butin, toutes sortes de subterfuges, comme cette fameuse « recommandation » émise par le Parlement concernant l’audit de la Banque du Liban alors qu’il aurait suffi de voter une loi pour surmonter l’obstacle.

De surcroît, la Constitution libanaise telle que révisée par les accords de Taëf a été concoctée par la Syrie occupante de telle sorte que la moindre opposition bloque les rouages de la troïka, exigeant l’intervention de l’arbitre syrien, passé maître dans le jeu du pyromane-pompier. L’armée syrienne partie, l’État libanais est devenu l’otage de ses politiciens véreux, entraînés par l’occupant, trente ans durant, au chantage, à la surenchère, au mensonge et au vol, et a subi l’hégémonie de deux partis armés, si bien que toutes ses institutions ont été progressivement pillées et sciemment paralysées.

Lors de la visite du président Macron à Beyrouth, une pétition a circulé, réclamant le rétablissement du Mandat français. Pour farfelue qu’elle soit, elle a recueilli plus de 60 000 votes, chiffre qui, avec le pourcentage de 50 % d’abstentionnistes lors des dernières élections législatives, confirme le rejet par le peuple de notre classe politique et sa prédisposition à accepter n’importe quelle intervention – fût-elle sous forme de sanctions américaines – pour punir nos dirigeants et renflouer le Liban. Que ceux qui refusent la tutelle internationale s'interrogent d'abord sur les raisons de cette tutelle : nous sommes gouvernés par des incapables.


«Le régime des partis, c’est la pagaille », affirmait le général de Gaulle dont on vient de commémorer le cinquantième anniversaire de la mort. Comment s’étonner, dès lors, que Saad Hariri ait tellement tardé à former un gouvernement de « technocrates », ce terme honni par les partis qui y voient une confiscation de leurs privilèges ?Mais le problème du Liban, ce...

commentaires (0)

Commentaires (0)