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Crise migratoire aux Canaries

L'Europe doit favoriser une politique de retours, estime un ministre français

L'Europe doit favoriser une politique de retours, estime un ministre français

Des bateaux transportant des migrants débarquant aux Canaries. Photo d'archives AFP

L'Europe doit renforcer le mécanisme de solidarité avec les pays en première ligne comme l'Espagne, actuellement confrontée à une crise migratoire majeure dans l'archipel des Canaries, notamment par une politique de retours des migrants dans leur pays d'origine, a affirmé lundi le secrétaire d'Etat français aux affaires européennes. "Il faut que ce soit une priorité: quand il y a une migration illégale établie, qu'on puisse organiser une politique de retours", a déclaré Clément Beaune devant la presse lors d'un déplacement à Madrid consacré notamment à la question migratoire.

"Le mécanisme de solidarité ne sera pas suffisant pour garantir l'aide" à l'Espagne, un des pricipaux pays d'entrée dans l'Union européenne, "mais nous pouvons contribuer autrement, notamment en organisant une politique de retours", a-t-il expliqué, sans toutefois fournir de détails sur les moyens d'accroître le nombre de ces retours. "Frontières extérieures, coopération policière, solidarité, il faut avancer un paquet (...) On a intérêt à trouver un terrain d'accord avec l'Espagne sur ces sujets", a-t-il poursuivi, alors que cette dernière doit faire face ces dernières semaines à une très forte recrudescence des arrivées de migrants aux Canaries.

Situé dans l'océan Atlantique au large des côtes nord-ouest du continent africain, l'archipel des Canaries est devenu une route d'immigration alternative à la voie méditerranéenne, et plus de 18.000 migrants africains y ont débarqué depuis le début de l'année. L'Espagne a signé la semaine dernière avec l'Italie, la Grèce et Malte une lettre adressée aux responsables de l'UE, dans laquelle ces quatre pays, en première ligne face à la crise migratoire, estiment insuffisante la solidarité entre les Vingt-Sept.

Les quatre chefs de gouvernement signataires critiquaient notamment un mécanisme de solidarité du nouveau pacte proposé en septembre par la Commission européenne, le qualifiant de "complexe et vague". Ils se plaignaient aussi des "déséquilibres entre solidarité et responsabilité" des Etats et plaidaient pour une "répartition équitable du fardeau".

Evoquant ce courrier, le secrétaire d'Etat français a assuré "comprendre et défendre la position de l'Espagne", car "on ne peut pas avoir la responsabilité d'un pays d'entrée sans une garantie beaucoup plus forte sur la solidarité". "On ne peut pas être dans une situation où l'Europe est le premier partenaire et que le sujet des retours ne soit pas discuté, comme ça a été le cas dans certains moments", a-t-il dit.

M. Beaune est également revenu sur les déclarations du président français début novembre lors d'un déplacement à la frontière franco-espagnole. Emmanuel Macron avait indiqué vouloir renforcer les contrôles aux frontières dans le cadre de la lutte contre l'immigration clandestine et contre le terrorisme, un point sur lequel le ministre a admis qu'il avait pu y avoir "sensibilité ou malentendu" avec Madrid. S'il n'est "pas possible à ce stade de supprimer ces contrôles" en raison de la menace terroriste, ils ne sont "pas équivalents à une fermeture de frontière", a-t-il précisé, assurant qu'"il n'y (avait) pas de mise en cause de l'Espagne".


L'Europe doit renforcer le mécanisme de solidarité avec les pays en première ligne comme l'Espagne, actuellement confrontée à une crise migratoire majeure dans l'archipel des Canaries, notamment par une politique de retours des migrants dans leur pays d'origine, a affirmé lundi le secrétaire d'Etat français aux affaires européennes. "Il faut que ce soit une priorité: quand il y a une...