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Société - Sécurité

Week-end tumultueux dans la Békaa-Nord

Des confrontations violentes, à caractère souvent clanique, secouent de plus en plus souvent des quartiers résidentiels à Baalbeck et au Hermel.

Week-end tumultueux dans la Békaa-Nord

Une vitre brisée par des balles à l’hôpital Dar el-Hikmé à Baalbeck, le 20 novembre. Photo prise par des témoins

« Si les confrontations violentes sont devenues notre quotidien, nous ne nous y habituons pas pour autant : nous avons peur, nous nous claquemurons chez nous. Mais même entre quatre murs, nous courons le risque d’être atteints par des balles perdues. » Ces propos, tenus par un habitant de Baalbeck à L’Orient-Le Jour, sous couvert d’anonymat, résument l’état d’esprit de la population des principales régions de la Békaa-Nord. « Même ceux qui veulent visiter notre région l’évitent désormais, de peur de se retrouver pris entre deux feux », renchérit-il.

Les incidents qui impliquent des tirs aux armes légères et lourdes, allant jusqu’aux lance-roquettes, se multiplient ces derniers temps, avec une fréquence record le week-end dernier. La vendetta entre clans ennemis ultra-armés est souvent la cause de l’éclatement de ces conflits, qui mettent en péril toute une population. L’un de ces épisodes s’est déroulé vendredi dernier : lors d’une rixe qui a dégénéré entre membres des familles Jaafar et Zeaïter, dans le très problématique quartier de Hay el-Charaouné, les échanges de coups de feu ont été denses, causant des dommages à plusieurs voitures et domiciles, atteignant même l’hôpital de Dar el-Hikmé à Tell Abiad.

Les réservoirs d’eau et de mazout installés sur les toits des immeubles ont également été touchés par les balles, et les habitants de ces bâtiments ont échappé de peu à la catastrophe.

« Dès que deux personnes se disputent à propos de 15 millions de livres, par exemple, elles utilisent pour cinq millions de livres de munitions pour régler leurs comptes! » lance à L’Orient-Le Jour une habitante qui a été témoin des récents accrochages.

Dimanche, c’est le Hermel qui a été le théâtre de conflits armés entre les clans.

Des coups de feu tirés contre un minibus au niveau du carrefour de Hoch el-Sayyed Ali, faisant trois blessés, ont enflammé la rue : des heurts armés entre deux clans dans le quartier de Bouwayda au Hermel ont nécessité une intervention de l’armée pour ramener le calme dans la région.

« Ces accrochages se multiplient depuis dix jours, raconte l’habitant de Baalbeck précité.

Le clan des Haq contre celui des Nassereddine, le clan des Hamadé contre celui des Dandache, puis à nouveau le clan Nassereddine contre celui des Jaafar, ou encore entre le clan Rachehine et les Jaafar… Toutes les occasions sont bonnes pour provoquer des miniguerres de rue ! »

« L’État ne demande de comptes qu’aux pauvres gens »

Tous les témoins interrogés fustigent l’apathie des appareils de l’État, qui négligent cette région, la laissant en proie aux dissensions claniques assassines. Plusieurs « plans sécuritaires » lancés par l’armée et les forces de l’ordre pour rétablir la sécurité dans ces zones, dont le dernier date de 2018, sont restés sans effet sur le long terme, comme le prouvent ces flambées de violence quasi quotidiennes ces dernières semaines.

« Les autorités ignorent notre souffrance, alors même que ces clans qui se combattent sont couverts par des parties influentes bien connues », affirme le même habitant, sans vouloir nommer ces parties. Il fait remarquer que « les forces de sécurité interviennent souvent tardivement, quand cela n’a plus vraiment de sens », et relève que « le coût des munitions utilisées aurait fait vivre de nombreuses familles, aujourd’hui dans le besoin ».

« Finalement, nous nous sommes habitués à ce rythme de vie et aux dégâts que les citoyens subissent, nous nous sentons dépaysés quand ces rounds de violence tardent à éclater », ironise une autre habitante, également sous couvert d’anonymat.

« L’État est inexistant et il ne lui est donc pas possible d’instaurer la paix. Il n’impose sa loi qu’aux pauvres gens.

Il y a peu, les forces de l’ordre n’ont pas hésité à démolir des maisons en cours de construction, sans autorisation légale, à Baalbeck. Bien sûr, les propriétaires de ces maisons ne sont apparemment pas soutenus par des personnalités influentes. Détruire des maisons, c’est possible. Mais imposer la paix et la sécurité, c’est au-dessus de leurs forces, apparemment ! » lâche-t-elle désabusée.

« Si les confrontations violentes sont devenues notre quotidien, nous ne nous y habituons pas pour autant : nous avons peur, nous nous claquemurons chez nous. Mais même entre quatre murs, nous courons le risque d’être atteints par des balles perdues. » Ces propos, tenus par un habitant de Baalbeck à L’Orient-Le Jour, sous couvert d’anonymat, résument l’état...
commentaires (1)

En bref, tous ces clans sont des [partisans du Hezbollah qui sèment la terreur a la majorité silencieuse. De telles activités meurtrières donnent toutes les raisons a l’armée, non pas d'appliquer des « plans sécuritaires » inutiles, mais d'intervenir avec force et désister ces mafieux de leurs armes. Sans cela le pays dérive vers la guerre...

Pierre Hadjigeorgiou

14 h 48, le 24 novembre 2020

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Commentaires (1)

  • En bref, tous ces clans sont des [partisans du Hezbollah qui sèment la terreur a la majorité silencieuse. De telles activités meurtrières donnent toutes les raisons a l’armée, non pas d'appliquer des « plans sécuritaires » inutiles, mais d'intervenir avec force et désister ces mafieux de leurs armes. Sans cela le pays dérive vers la guerre...

    Pierre Hadjigeorgiou

    14 h 48, le 24 novembre 2020

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