Dans une intervention adressée par voie électronique au 3e Forum de Paris sur la paix, une ONG créée en 2018 sous l’impulsion du président français Emmanuel Macron, le chef de l’État Michel Aoun a brièvement évoqué les défis lancés au Liban par la pandémie de Covid-19.
« Quelles sont les principales leçons que nous pouvons retenir de cette période inédite ? » s’est interrogé en particulier le président. Et de citer d’abord celle de l’édification d’un « multilatéralisme plus équitable » dans la lutte contre l’épidémie et « l’adoption de mesures préventives » efficaces. « Jusqu’à la découverte d’un vaccin, certaines mesures individuelles et collectives contraignantes devront être acceptées dans l’intérêt de la communauté », reconnaît aussi M. Aoun.
Parmi les phénomènes observés également par le président de la République figure « un dérèglement économique qui exige des réformes » et une meilleure adaptation à « la mondialisation financière ». « Pour cela, ajoute-t-il, il faut répondre à l’exigence de transparence dans la gestion des affaires publiques, sortir de la logique rentière et encourager les métiers du futur. »
Enfin, conclut le chef de l’État, « nous voyons en quelques endroits se défaire les liens sociaux » et émerger des sociétés « tentées par le repli sur soi, voire par le rejet de l’autre ». En réponse à ces tendances de repli, a-t-il dit, le Liban œuvre à la création au Liban d’une « Académie de l’homme pour la rencontre et le dialogue », une institution lancée avec l’appui de l’ONU comme « un espace d’ouverture sur l’autre et de brassage ».
Rappelons que selon les Nations unies, les conséquences économiques de la pandémie contribuent à une détérioration significative de la sécurité alimentaire. Il est possible, estiment certains experts, que la faim fasse plus de victimes que le Covid-19. C’est cette problématique alarmante qui a décidé les organisateurs du Forum de Paris pour la paix à choisir de réfléchir sur la manière dont la communauté internationale peut collaborer et prévenir une crise mondiale due à la perturbation de la chaîne alimentaire internationale, en raison de la diminution des niveaux des stocks et de la capacité de production et de distribution. Pour un pays comme le Liban, qui importe plus de 80 % de ses besoins, ces questions peuvent être cruciales.


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10 h 05, le 13 novembre 2020