La police saoudienne a fermé une rue de Djeddah menant au cimetière non musulman où a eu lieu l’attentat d’hier qui a fait deux blessés.Photo AFP
Deux personnes ont été blessées hier dans un attentat à l’explosif au cimetière non musulman de la ville saoudienne de Djeddah, lors d’une cérémonie commémorant l’armistice du 11 novembre 1918, réunissant des diplomates occidentaux. « Les services de sécurité ont lancé une enquête sur la lâche agression pendant un rassemblement de consuls étrangers », a indiqué le gouvernorat de La Mecque, dont dépend Djeddah dans l’ouest de l’Arabie saoudite. « Un employé consulaire grec et un policier saoudien ont été légèrement blessés », précise le gouvernorat dans un communiqué. Cet attentat intervient deux semaines après une attaque au couteau qui a blessé un garde du consulat de France à Djeddah sur fond de colère de musulmans en raison de la publication de caricatures du prophète Mahomet par un journal parisien. Dans un communiqué conjoint, les consulats représentés lors de la cérémonie hier ont « condamné avec force cette lâche attaque contre des gens innocents ». Il s’agit des consulats de France, de Grèce, d’Italie, de Grande-Bretagne et des États-Unis. À Paris, le ministère français des Affaires étrangères a publié un communiqué sur cet attentat. « La cérémonie annuelle commémorant la fin de la Première Guerre mondiale au cimetière non musulman de Djeddah, associant plusieurs consulats généraux dont le consulat de France, a été la cible d’une attaque à l’engin explosif ce matin, qui a causé plusieurs blessés », a-t-il indiqué. « La France condamne fermement ce lâche attentat que rien ne saurait justifier », a ajouté la diplomatie française, en appelant les autorités saoudiennes « à faire toute la lumière » sur cet acte et à « identifier et poursuivre les auteurs ».
« Sur le coup, on n’a pas très bien compris »
Des routes conduisant au cimetière situé dans le centre de Djeddah ont été fermées par la police saoudienne, selon un photographe de l’AFP sur place.
« J’étais sur place ce matin », a témoigné Nadia Chaaya sur la chaîne française BFM.TV, précisant que l’explosion s’était produite à la fin du discours du consul de France. « Sur le coup, on n’a pas très bien compris, mais on a senti qu’on était pris pour cible », a-t-elle encore dit, indiquant que les personnes présentes, qui craignaient une deuxième attaque, ont ensuite quitté les lieux.
Plusieurs pays, parmi lesquels la France et la Belgique, célébraient hier le 102e anniversaire de l’armistice conclu entre l’Allemagne et les Alliés, qui marqua la fin de la Première Guerre mondiale. Des propos du président français, Emmanuel Macron, sur le droit à la caricature au nom de la liberté d’expression ont déclenché la colère au Moyen-Orient et plus largement dans le monde musulman. Emmanuel Macron avait promis de ne pas « renoncer aux caricatures », lors d’un hommage national au professeur Samuel Paty, décapité par un islamiste le 16 octobre près de Paris pour avoir montré des caricatures du prophète Mahomet dans un cours sur la liberté d’expression. Dans certains pays à majorité musulmane, des fidèles ont réagi avec colère aux propos de M. Macron. Des portraits ont été brûlés lors de manifestations et une campagne a été lancée pour boycotter les produits français.
Le président français a tenté d’apaiser la colère qui monte dans le monde musulman en assurant comprendre, dans un entretien à la chaîne al-Jazeera, que des musulmans puissent être « choqués » par les caricatures de Mahomet, tout en dénonçant les « manipulations » et « la violence ».
La France, l’Autriche, l’Allemagne et l’Union européenne (UE) ont tenu un minisommet par visioconférence mardi pour tenter de muscler la réponse européenne au terrorisme, après les derniers attentats jihadistes en France et en Autriche, à Vienne le 2 novembre.
Source : AFP

