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Lifestyle - Insolite

Ciel, où est mon Chanel ?

Ciel, où est mon Chanel ?

La fondatrice de l’école Liucundao (Méthode pour ranger ses affaires), Bian Lichun, estime que le secteur du rangement compte désormais plus de 3 000 professionnels. Noël Celis/AFP

La découverte, au fond d’un placard, d’une veste Burberry qu’elle ne se souvenait même pas d’avoir acheté, a convaincu Chen Rui qu’elle avait fait le bon choix : embaucher des experts du rangement qui aident les Chinois aisés à ramener l’ordre dans leur garde-robe. « Où avez-vous trouvé ça ? » lance Mme Chen, une jeune maman de 32 ans, aux quatre professionnels venus se plonger dans ses armoires débordant de vêtements de grandes marques.

On ne répétera jamais assez à quel point la vie est compliquée pour les millions de nouveaux riches apparus au cours des dernières décennies dans le plus grand pays communiste de la terre. Un tiers des dépenses de luxe dans le monde est désormais le fait de consommateurs chinois. Même la pandémie de coronavirus n’a pas étanché la soif de ces acheteurs aisés. S’ils ne peuvent plus dévaliser les magasins à Paris ou Milan, ils se sont massivement rabattus sur les achats en ligne.

Mais l’aisance ne va pas toujours sans soucis. Mme Chen confie que l’état du vaste cagibi dans lequel elle entasse ses tailleurs Chanel, ses sacs Hermès, ses souliers Prada et autres incontournables de la mode est source de fréquentes disputes avec son mari. « Je ne me sépare jamais de rien dans ma collection, je ne fais que l’accroître en permanence, reconnaît cette ancienne enseignante en art. Je ne vois aucune raison de me limiter. » Seule issue possible : faire appel à des spécialistes du rangement pour remettre de l’ordre dans ses chemisiers, ses déshabillés et robes du soir.

Quatre « superrangeurs » en survêt chic noir commencent par vider le cagibi et les placards, transformant pour quelques heures son bel appartement pékinois en capharnaüm. Entassés à même le sol, plus d’un millier de vêtements sont à classer, ainsi que des dizaines de sacs à main, qui regagneront leur place assignée dans le bon placard. L’équipe est dirigée par Yu Ziqin, l’une des quelques milliers de diplômés d’une école appelée Liucundao (Méthode pour ranger ses affaires). La fondatrice de l’école, Bian Lichun, estime que le secteur du rangement compte désormais plus de 3 000 professionnels. D’après la télévision nationale CCTV, l’activité pourrait dégager cette année la somme astronomique de 100 milliards de yuans (près de 13 milliards d’euros).

Avec l’épidémie, le chiffre d’affaires a été multiplié par cinq, affirme Mme Bian : effet de la flambée des achats en ligne et du désir des consommateurs de ranger leur lieu de confinement. Ses équipes ne cherchent pas à convaincre leurs clients de se séparer de vieux vêtements ni même de consommer moins. La facture pour une journée de travail ? Quelque 2 000 euros…

Source : AFP

La découverte, au fond d’un placard, d’une veste Burberry qu’elle ne se souvenait même pas d’avoir acheté, a convaincu Chen Rui qu’elle avait fait le bon choix : embaucher des experts du rangement qui aident les Chinois aisés à ramener l’ordre dans leur garde-robe. « Où avez-vous trouvé ça ? » lance Mme Chen, une jeune maman de 32 ans, aux quatre professionnels venus se plonger dans ses armoires débordant de vêtements de grandes marques.On ne répétera jamais assez à quel point la vie est compliquée pour les millions de nouveaux riches apparus au cours des dernières décennies dans le plus grand pays communiste de la terre. Un tiers des dépenses de luxe dans le monde est désormais le fait de consommateurs chinois. Même la pandémie de coronavirus n’a pas étanché la soif de ces acheteurs...
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