Des partisans du Courant patriotique libre (CPL) de Gebran Bassil, le 7 novembre 2020 lors d'une manifestation à Baabda. Photo fournie par Hoda Chedid
Quelques dizaines de partisans du Courant patriotique libre (CPL) de Gebran Bassil ont manifesté en voiture samedi à Baabda afin de réclamer le début de l'audit des comptes de la Banque du Liban, une demande constamment brandie par la formation fondée par le chef de l'Etat, Michel Aoun, alors que le Liban connaît une grave crise économique et financière et que la BDL est pointée du doigt pour sa responsabilité dans cette crise.
Sous le slogan "Nous porterons l'étendard de l'affaire de l'audit juricomptable quelles que soient les difficultés", plusieurs dizaines d'automobilistes aounistes, 250 voitures selon les organisateurs, se sont rassemblées sur une aire de parking à Baabda, afin de respecter les mesures de distanciation en raison du coronavirus. Les protestataires ont réclamé que "les obstacles érigés par les corrompus qui ont peur de la vérité soient levés".
Cette manifestation avait déjà été reportée à deux reprises en raison des fortes pluies qui se sont abattues ces derniers jours sur le pays.
Un délai supplémentaire de trois mois a été accordé à la BDL par le ministère des Finances pour fournir les documents réclamés par le cabinet de conseil Alvarez & Marsal en charge de l'audit juricomptable des comptes de la Banque centrale, une procédure censée permettre de retracer l’historique des transactions afin de détecter d’éventuelles fraudes. Comme le prévoit le contrat signé début septembre avec l'État libanais, Alvarez & Marsal doit examiner l’évolution des comptes de la BDL depuis 2016, année durant laquelle les premières opérations d'ingénieries financières très controversées avaient été lancées. Pour "la première phase" de cet audit juridique, le cabinet avait fixé l'échéance du 3 novembre à la Banque centrale pour lui remettre tous les documents nécessaires, mais l'institution financière avait refusé de communiquer certaines données, basant cette décision sur le Code de la monnaie et du crédit, ainsi que sur la loi sur le secret bancaire.
L’audit de la BDL occupe pourtant une position importante dans la liste des réformes urgentes que le Liban, en crise depuis plus d’un an, doit lancer pour prétendre recevoir une aide financière internationale. Il s’agit aussi d’un pilier de la feuille de route française que le président français Emmanuel Macron avait proposée à la classe politique libanaise lors de son passage à Beyrouth le 1er septembre.


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