Édito

Dame de cœur

Dame de cœur

D.R.

Le départ de Dr Thérèse Douaihy Hatem constitue une immense perte pour le Liban, le livre et la francophonie. Après des études de lettres couronnées par un doctorat en littérature française de l'Université Paris 3 pour une thèse intitulée La Montagne libanaise à travers les récits des voyageurs français du XIXe siècle entre 1830 et 1862, et un parcours remarquable dans l'enseignement au sein de l'Université libanaise, cette femme inventive et infatigable lança en 1992, avec le concours de son époux, la maison d'édition Hatem qui publia des récits autour de l'écologie, récompensés par plusieurs prix, pour sensibiliser les enfants à cette question, et les textes de nombreux auteurs francophones (dont Farjallah Haïk et Andrée Chédid) enrichis de dossiers pédagogiques qui lui permirent de tisser des relations étroites avec la plupart des écoles du pays. Elle réussit même à convaincre le grand Michel Tournier de quitter son presbytère de Choisel pour se rendre au Liban, en avril 2002, à l'occasion de la réédition de trois de ses livres, dont Vendredi ou la vie sauvage, et d'adresser une lettre aux écoliers libanais.

Devenue une référence en matière de littérature jeunesse, sa maison d'édition conclut également des accords de partenariat avec plusieurs grandes enseignes françaises (comme Plon, Grasset, Fayard, Folio Junior, Flammarion, Stock Gallimard, Pocket Jeunesse, Le Sablier, le Ricochet ou Albin Michel), de sorte que son catalogue compte aujourd'hui plus d’une vingtaine d’ouvrages publiés en coédition...

Militante de premier plan au sein du Mouvement culturel Antélias, Thérèse Douaihy Hatem veillait toujours à réserver une place à la francophonie au sein du Festival du livre organisé par cette association. Chaque année, elle participait activement aux hommages rendus par celle-ci aux personnalités libanaises les plus marquantes. Il nous appartiendra de l'honorer à son tour, post mortem, en perpétuant ses rêves et ses projets...

Sur le plan humain, cette dame de cœur, épouse, mère et sœur attentionnée, aura fait preuve, tout au long de sa vie, de cette « vraie générosité » qui a fait dire à Simone de Beauvoir : « Voilà ce que je considère comme la vraie générosité. Vous donnez votre tout, et pourtant vous vous sentez toujours comme si elle ne vous coûte rien. »



Le départ de Dr Thérèse Douaihy Hatem constitue une immense perte pour le Liban, le livre et la francophonie. Après des études de lettres couronnées par un doctorat en littérature française de l'Université Paris 3 pour une thèse intitulée La Montagne libanaise à travers les récits des voyageurs français du XIXe siècle entre 1830 et 1862, et un parcours remarquable...

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