Une unité d’isolement à l’hôpital Rafic Hariri. Photo d’archives AFP
La commission parlementaire de la Santé est en faveur d'un reconfinement du pays d'au moins deux semaines, a annoncé son président, le député Assem Araji, soulignant que cela permettrait de "soulager" le secteur hospitalier qui arrive à saturation, alors que la propagation du coronavirus au Liban est toujours plus rapide.
"Tous les membres de la commission sont en faveur d'un confinement d'au moins deux semaines afin de soulager le secteur médical et infirmier", a déclaré M. Araji, rejoignant l'appel à un nouveau bouclage du pays lancé la veille par le ministre sortant de la Santé, Hamad Hassan. Selon le député du courant du Futur, l'Etat devrait, dans le cas d'un confinement, assurer le versement d'aides financières aux citoyens forcés de rester chez eux. Il a souligné que "près de 280 patients souffrant du coronavirus sont hospitalisés aux soins intensifs et près de 600 sont en chambre d'isolement, ce qui oblige à trouver "plus de lits" pour améliorer les capacités d'accueil. Un éventuel confinement de deux semaines devra servir d'opportunités aux hôpitaux privés et gouvernementaux pour se préparer à la seconde vague de la pandémie "qui ne viendra pas de l'étranger mais de l'intérieur même du pays", a estimé Assem Araji.
Fin octobre, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) avait indiqué que 306 places étaient disponibles en soins intensifs au Liban. Avec 276 lits occupés selon les statistiques publiées lundi par le ministère de la Santé, cela correspond à un taux d'occupation critique de légèrement plus de 90 %.
Le président de l'Ordre des médecins de Beyrouth, Charaf Abou Charaf, a appelé de son côté le corps médical à "s'engager" le plus largement possible dans la "bataille" contre le coronavirus. "Ce combat est très sérieux et brutal et il ne pourra pas être gagné sans notre coopération", a-t-il ajouté. M. Abou Charaf a par ailleurs souligné que la lutte contre la pandémie se couplait, en cette saison automnale, à l'épidémie de grippe annuelle.
Lundi, Hamad Hassan avait appelé à un "confinement général de quatre semaines, avec des mesures de prévention sévères et inédites" alors que le pays fait face à "une évolution dangereuse" de la situation sanitaire. Cela avait d'ailleurs été recommandé par le Comité national de suivi de la pandémie, mais n'avait pas été évoqué par la commission ministérielle à ce sujet, qui s'était réunie dans la soirée. Cette commission était toutefois parvenue à passer un accord avec les hôpitaux privés, afin qu'ils s'équipent tous d'une unité de soins intensifs réservées aux patients contaminés par le coronavirus. En attendant une éventuelle décision de reconfiner totalement le pays, les autorités poursuivent la stratégie de bouclage localisé, bien que celle-ci n'ait pas permis de faire baisser la moyenne générale des contaminations selon des experts. Le ministère de l’Intérieur a publié dimanche une nouvelle liste des villes et villages qui sont confinés depuis lundi à 5h et jusqu’au 9 novembre à 5h, soulignant que les pubs et boîtes de nuit resteront fermés et que tous les rassemblements, fêtes et cérémonies sont interdits sur l’ensemble du territoire jusqu’à nouvel ordre. Le ministère de l'Intérieur a également étendu les heures de couvre-feu, désormais observé de 21h à 5h.
En tout, 83.697 contaminations ont été enregistrées au Liban depuis l’apparition de l’épidémie au Liban le 21 février dernier, au nombre desquels 652 décès et 43.885 guérisons.


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