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Etats-Unis

Si Biden l'emporte, la crainte d'une transition chaotique

Depuis des mois, Donald Trump, qui briguera mardi face à Joe Biden un second mandat de quatre ans, sème le doute. Sur la façon dont il acceptera les résultats s'il est battu, et sur la façon dont se déroulerait la transition avec son rival démocrate.

Si Biden l'emporte, la crainte d'une transition chaotique

Le candidat démocrate à la présidentielle américaine, Joe Biden (g), et le président Donald Trump. Photos AFP / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Angela Weiss et Win MCNAMEE

"Je veux une transition magnifique, sans heurts". Les propos ont été prononcés par Donald Trump en campagne. Mais ils étaient accompagnés d'une astérisque chargée d'ambiguïté: "Il faut que l'élection soit honnête".

Depuis des mois, le président américain, qui briguera mardi face à Joe Biden un second mandat de quatre ans, sème le doute. Sur la façon dont il acceptera les résultats s'il est battu, et sur la façon dont se déroulerait la transition avec son rival démocrate. 
C'est une singularité du système politique américain: l'intervalle entre l'élection d'un président et sa prise de fonction est particulièrement long, environ deux mois et demi. A l'issue d'une campagne d'une agressivité inouïe, et au coeur d'une crise sanitaire sans équivalent dans l'histoire politique moderne, comment pourrait se présenter cette transition? 

Une transition pour quoi faire? 

La transition, période pendant laquelle la nouvelle équipe, qui n'a pas encore les clés de la Maison Blanche, se prépare en lien avec l'équipe sortante, est d'abord "un délicieux chaos", selon les termes de Martin Anderson dans son livre "Revolution: The Reagan Legacy".

Le Center for presidential transition a préparé une "to-do list" qui résume l'énormité de la tâche: 

+ Pourvoir tous les postes au sein de la Maison Blanche.
+ Préparer quelque 4.000 nominations présidentielles à des postes-clés (dont 1.200 nécessiteront la confirmation du Sénat). 
+ Se préparer à la gestion de plus de 100 agences fédérales. 
+ Préparer les 100 premiers jours du président. 
Joe Biden a mis en place une équipe spécifique qui a, suivant la tradition, levé des fonds pour pourvoir fonctionner (avec, selon le site Politico, un objectif de 7 millions de dollars pour une équipe de 350 personnes).

S'il perd, quelle sera l'attitude de Trump? 

Difficile de deviner comment se comportera le 45e président de l'histoire en cas de défaite. Le question renvoie à celle, épineuse, du poids qu'il faut accorder aux mots d'un président au goût de la provocation revendiqué. Pour Larry Sabato, politologue de l'université de Virginie, cela "dépendra largement de l'ampleur de la victoire de Biden (s'il gagne)". "Si Trump perd largement, il fera, à contre-coeur, le minimum pour passer le relais à Biden", prédit-il. Si c'est très serré, tous les scénarios sont possibles, y compris des dérapages violents, estime-t-il. 
A l'aune des quatre années écoulées, certaines voix s'élèvent déjà pour exprimer leur inquiétude. Une coalition de 12 ONG a écrit aux archives nationales (NARA) pour dire sa vive inquiétude. "Nous sommes très préoccupés par le non-respect de l'administration Trump de son obligation légale de préservation des documents", préviennent-elles. Reste une question: que fera-t-il dans ses derniers 77 jours au pouvoir? L'histoire est remplie - entre autres - de grâces présidentielles controversées dans cette période singulière.

Une tradition et des tensions

La loi prévoit un accès important à l'équipe du président élu, mais tout dépend, in fine, de la bonne volonté de l'équipe sortante, et en premier lieu du président. Les passions de la campagne ont parfois du mal à s'effacer. Une anecdote est restée célèbre à Washington: lors de la transition entre les équipes de Bill Clinton et de George W. Bush (fin 2000/début 2001), la lettre "W" avait été endommagée ou arrachée sur de nombreux claviers d'ordinateurs par des membres de l'équipe sortante...

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Celle, fin 2008/début 2009, entre les équipes de George W. Bush et celle de Barack Obama est souvent citée en exemple, en dépit de profondes divergences politiques entre les deux hommes.
Il est, bien sûr, plus aisé pour un président ayant fait deux mandats, et quittant donc le pouvoir sans être battu dans les urnes, de faciliter le passage de relais. "C'est plus facile de s'y prendre longtemps à l'avance (...) et la transition devient partie intégrante de son bilan, il a à coeur de laisser une bonne image", explique à l'AFP Martha Kumar, chercheuse spécialiste des transitions présidentielles.
Une exception cependant. Celle du président d'un seul mandat, le républicain George H.W. Bush, qui a choisi de partir sur une bonne note au moment de passer le relais au démocrate Bill Clinton. 
Si la lettre manuscrite laissée sur le Bureau ovale à son successeur est devenue une tradition, aucune n'égale - en élégance - celle qu'il a rédigée le 20 janvier 1993. "Cher Bill (...) Je vous souhaite beaucoup de bonheur ici. Je n'ai jamais ressenti la solitude dont certains présidents ont parlé (...) Je ne suis pas très doué pour donner des conseils, mais ne laissez pas les critiques vous décourager (...) Votre réussite sera désormais celle de notre pays. Je suis de tout coeur avec vous. Bonne chance".
En cas de défaite, Donald Trump laissera-t-il une missive à Joe Biden? Et quelle en sera la tonalité?


"Je veux une transition magnifique, sans heurts". Les propos ont été prononcés par Donald Trump en campagne. Mais ils étaient accompagnés d'une astérisque chargée d'ambiguïté: "Il faut que l'élection soit honnête".

Depuis des mois, le président américain, qui briguera mardi face à Joe Biden un second mandat de quatre ans, sème le doute. Sur la façon dont il acceptera...

commentaires (2)

Voilà que Trump se fait éduquer par le hezb...

Wlek Sanferlou

19 h 08, le 02 novembre 2020

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Commentaires (2)

  • Voilà que Trump se fait éduquer par le hezb...

    Wlek Sanferlou

    19 h 08, le 02 novembre 2020

  • LE GAFFEUR COMMETTRA DES GAFFES.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    11 h 21, le 01 novembre 2020