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Dernières Infos - Liban

Des ONG dénoncent une décision de justice préjudiciable aux travailleurs immigrés


Une travailleuse domestique transportant son bagage avant de se rendre à l'aéroport pour rentrer dans son pays, à Beyrouth, le 5 octobre 2020. Photo Reuters/Mohamed Azakir

Deux organisations de défense des droits humains ont fustigé mercredi la décision de la justice libanaise d'annuler le nouveau contrat type récemment dévoilé par les autorités gouvernementales pour tenter d'améliorer les conditions de travail des employées domestiques immigrées.

Environ 250.000 étrangers, en majorité des femmes venues d'Asie ou d'Afrique, travaillent au Liban comme employées de maison. Ils ne sont pas protégés par le code du travail et leur emploi est régi par un régime de parrainage controversé connu sous le nom de "kafala", qui prête le flanc à un large éventail d'abus, selon les militants.

Le ministère du Travail avait approuvé en septembre un nouveau contrat type pour ces employés, qui selon les autorités leur octroie davantage de droits et de protection, en leur permettant notamment de démissionner ou de conserver leurs passeports, souvent confisqués par les employeurs.

Mais les agences de recrutement, dont les affaires ont longtemps proliféré grâce au régime de la "kafala", ont déposé une plainte auprès du Conseil d'État. Cette juridiction administrative a alors temporairement suspendu à la mi-octobre la mise en application du contrat.

"Le Conseil d'État a porté un coup dur aux droits des travailleurs domestiques immigrés, en suspendant la mise en œuvre du nouveau contrat type unifié", a déclaré à l'AFP Diala Haidar d'Amnesty International. Dans sa décision, "le Conseil ne fait aucune référence aux droits des travailleurs immigrés (...) Il ne fait référence qu'à ce que les agences de recrutement considèrent comme un préjudice grave à leurs intérêts", a-t-elle ajouté.

Aya Majzoub de Human Rights Watch (HRW) a pour sa part déploré une décision "très décevante". "Il doit y avoir un changement de culture. Les gens sont habitués à l'idée que les employés domestiques immigrés ne peuvent pas quitter leurs employeurs sans leur consentement, et considèrent cela comme normal", a-t-elle souligné.

Le président du syndicat des agences de recrutement, Ali Al-Amine s'est défendu de vouloir annuler le nouveau contrat, se disant en faveur d'amendements pour un contrat plus "équilibrée". "Notre principale objection concernait l'article sur le mécanisme de recrutement et la résiliation du contrat, qui n'avait rien à voir avec les droits des travailleurs", a-t-il affirmé. "Il doit y avoir un équilibre entre les droits et les devoirs de toutes les parties", a ajouté M. Amine.

Deux organisations de défense des droits humains ont fustigé mercredi la décision de la justice libanaise d'annuler le nouveau contrat type récemment dévoilé par les autorités gouvernementales pour tenter d'améliorer les conditions de travail des employées domestiques immigrées.Environ 250.000 étrangers, en majorité des femmes venues d'Asie ou d'Afrique, travaillent au Liban comme employées de maison. Ils ne sont pas protégés par le code du travail et leur emploi est régi par un régime de parrainage controversé connu sous le nom de "kafala", qui prête le flanc à un large éventail d'abus, selon les militants.Le ministère du Travail avait approuvé en septembre un nouveau contrat type pour ces employés, qui selon les autorités leur octroie davantage de droits et de protection, en leur permettant notamment de...