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Attentats de 2015 : "Ne lâchez pas", dit une revenante de Syrie à Charlie Hebdo

Attentats de 2015 :

Des femmes étrangères ayant rejoint l'Etat islamique dans le camp de Al Hôl, en Syrie. Photo AFP

Une Française rentrée récemment de Syrie et se présentant comme une repentie, a appelé vendredi le journal satirique Charlie Hebdo à "ne pas lâcher" et à continuer à publier des caricatures, lors de son audition en tant que témoin au procès des attentats de janvier 2015. "Je veux juste dire par rapport à Charlie Hebdo, c'est important que vous continuiez, car c'est tout ce qu'ils détestent", a déclaré Sonia M., en référence à l'Etat islamique, qu'elle avait rejoint après avoir quitté la France en septembre 2014. "Ne lâchez pas. Vous représentez la liberté et c'est ce qu'ils détestent le plus", a encore lancé la jeune femme, que la cour d'assises spéciale de Paris entendait en visio-conférence depuis la prison où elle est incarcérée dans une affaire de terrorisme. Début septembre, juste avant l'ouverture du procès des attentats de janvier 2015, Charlie Hebdo a republié des caricatures du prophète Mahomet, qui en ont fait une cible des jihadistes.

Rentrée de Syrie en janvier avec ses trois enfants nés sur place, Sonia M. a affirmé devant un juge d'instruction que son premier mari, le vétéran du jihad, Abdelnasser Benyoucef, était le commanditaire de l'attentat contre la supérette juive Hyper Cacher, perpétré deux jours après l'attaque contre Charlie Hebdo. "Il m'a juste dit qu'il s'était occupé de recruter Amédy Coulibaly (l'auteur de l'attaque de l'Hyper Cacher, nldr), sans plus de détails. Je sais qu'il avait des contacts avec des gens en France, mais je ne sais pas lesquels, il ne m'en a pas dit plus", a assuré Sonia M. à la cour. La seule fois où il a détaillé son rôle d'"émir des opérations extérieures", c'était "sous le coup de l'énervement", il trouvait que ça allait "trop vite", a certifié cette femme de 31 ans.

Sonia M. a aussi rencontré en Syrie, Hayat Boumeddiene, compagne en fuite d'Amédy Coulibaly, jugée par défaut par la cour d'assises spéciale. "Elle rappelait souvent que son mari (Coulibaly, ndlr) et les frères Kouachi (auteurs de l'attentat contre Charlie, ndlr) avaient fait les attentats ensemble pour créer une cohésion" entre l'Etat islamique, dont s'est revendiqué le tueur de l'Hyper Cacher, et el-Qaëda dans la péninsule arabique (Aqpa), qui a revendiqué l'attentat contre Charlie Hebdo. Quand Sonia M. a vu pour la dernière fois Hayat Boumeddiene, "fin septembre/début octobre 2019", avant sa fuite du camp d'Al-Hol, en Syrie, "elle était encore à fond pour l'Etat islamique", a indiqué la témoin.

Sonia M. a par ailleurs décrit à la cour sa propre radicalisation rapide, courant 2014, et liée selon elle à "une mauvaise rencontre", un homme "tout à fait comme (Abdelhakim) Sefrioui", militant islamiste mis en examen pour "complicité d'assassinat" terroriste, après la décapitation du professeur Samuel Paty vendredi dernier.

Une Française rentrée récemment de Syrie et se présentant comme une repentie, a appelé vendredi le journal satirique Charlie Hebdo à "ne pas lâcher" et à continuer à publier des caricatures, lors de son audition en tant que témoin au procès des attentats de janvier 2015. "Je veux juste dire par rapport à Charlie Hebdo, c'est important que vous continuiez, car c'est tout ce qu'ils détestent", a déclaré Sonia M., en référence à l'Etat islamique, qu'elle avait rejoint après avoir quitté la France en septembre 2014. "Ne lâchez pas. Vous représentez la liberté et c'est ce qu'ils détestent le plus", a encore lancé la jeune femme, que la cour d'assises spéciale de Paris entendait en visio-conférence depuis la prison où elle est incarcérée dans une affaire de terrorisme. Début septembre, juste avant l'ouverture du...