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Culture - Nobel De Littérature

Louise Glück, peintre de la beauté simple de la nature

Un recueil magistral, « Averno », et son plus récent « Nuit fidèle et vertueuse » ont marqué le parcours de la poétesse, également professeure à l’Université de Yale, lauréate de la prestigieuse récompense.

Louise Glück, peintre de la beauté simple de la nature

Louise Gluck, prix Nobel de littérature 2020, dans un portrait datant de 2014, lors de la cérémonie de remise du National Book Awards à New York City. Photo AFP

Lauréate 2020 du prix Nobel de littérature, Louise Glück, considérée comme l’une des plus grandes voix de la poésie américaine, puise la matière de son œuvre dans la beauté simple de la nature et dans son enfance. À 77 ans, elle est récompensée « pour sa voix poétique caractéristique, qui avec sa beauté austère rend l’existence individuelle universelle », a – poétiquement – annoncé l’Académie suédoise en lui décernant, hier, le Nobel de littérature. Louise Glück est « une poétesse du changement radical et de la renaissance », a salué le président du comité, Anders Olsson. « Elle cherche l’universel, en s’inspirant des mythes et des personnages antiques » comme Didon, Eurydice et Perséphone, « présents dans la plupart de ses œuvres », a-t-il encore expliqué.Averno (2006) est considéré comme le recueil magistral de la poétesse américaine, une interprétation visionnaire du mythe de la descente aux enfers de Perséphone, captive de Hadès, le dieu de la mort. Une autre réalisation spectaculaire est son dernier recueil, Nuit fidèle et vertueuse (2014).

L’un de ses poèmes, Japonica (un groupe de papillons), rappelle l’art raffiné des peintres japonais, commençant par « Les arbres fleurissent/sur la colline./Ils portent/de grosses fleurs solitaires,/des japonicas ». Dans un entretien avec une revue de poésie américaine en 2006, elle se défendait d’être une spécialiste des motifs floraux : « J’ai eu beaucoup de demandes sur l’horticulture, or je ne suis pas horticultrice. » Elle avait publié en 1992 The Wild Iris (L’Iris sauvage, non traduit en français comme tous ses volumes), recueil qui déploie tout un jardin et lui vaut le prix Pulitzer, l’un des prix les plus prestigieux au monde.

Même vouée à la confidentialité que réserve notre époque aux vers libres, sa poésie est très accessible. Elle se passe d’appareil critique explicatif, et l’anglais de Louise Glück se lit sans trop de peine pourvu que l’on ait quelques notions de cette langue.

Adepte du dépouillement, elle cite pour premières influences de jeunesse des poètes connus pour leur clarté d’expression, William Butler Yeats (prix Nobel 1923) et T.S. Eliot (prix Nobel 1948).

La perte d’une sœur

Outre la nature, la grande source d’inspiration est son enfance. « J’étais une enfant solitaire. Mes interactions avec le monde en tant qu’être sociale étaient peu naturelles, forcées, des représentations, et j’étais la plus heureuse quand je lisais. Bon, ce n’était pas entièrement aussi sublime que ça, je regardais beaucoup la télévision et mangeais beaucoup aussi », raconte-t-elle.

Son patronyme germanique lui vient de grands-parents juifs de Hongrie qui ont émigré vers les États-Unis au début du XXe siècle. Elle-même naît en 1943 à New York, dans une famille qui l’encourage à exprimer sa créativité. L’une de ses héroïnes d’enfance était Jeanne d’Arc, à laquelle elle consacre un court poème en 1975. « Et maintenant les voix répondent que je dois/me transformer en feu, selon le dessein de Dieu ».

Son adolescence est difficile, elle souffre d’anorexie. L’un de ses traumatismes est la perte d’une sœur aînée, morte peu après la naissance. « Ma sœur a passé toute une vie dans la terre./Elle est née, elle est morte./Entre-temps,/pas un regard éveillé, pas une phrase », dit-elle dans Lost Love (Amour perdu, 1990).

Louise Glück a abandonné ses études, s’est mariée puis a rapidement divorcé. Elle commence à se révéler en 1968, par son premier recueil Firstborn (Aînée). Un second mariage lui apporte plus de stabilité ; elle reprend alors ses études et devient universitaire.

« À travers toute l’œuvre poétique de Glück, nombre des figures centrales de ses poèmes sont féminines (...) soit une jeune femme, que l’on distingue souvent comme la fille de quelqu’un, soit une mère », écrit Allison Cooke, chercheuse en littérature. Louise Glück est la mère d’un enfant. « La jeune femme dans la poésie de Glück s’intègre dans le discours féministe de plusieurs décennies sur “ce que cela signifie d’être une femme” », ajoute Mme Cooke. Depuis ces plus de 50 ans, celle qui est également enseignante à l’université de Yale a publié treize recueils.

Deux ans après la Polonaise Olga Tokarczuk, Louise Glück est la 16e femme à se voir décerner le prix de littérature, dans un millésime 2020 des Nobel très féminin.

Source : AFP

Lauréate 2020 du prix Nobel de littérature, Louise Glück, considérée comme l’une des plus grandes voix de la poésie américaine, puise la matière de son œuvre dans la beauté simple de la nature et dans son enfance. À 77 ans, elle est récompensée « pour sa voix poétique caractéristique, qui avec sa beauté austère rend l’existence individuelle universelle », a – poétiquement – annoncé l’Académie suédoise en lui décernant, hier, le Nobel de littérature. Louise Glück est « une poétesse du changement radical et de la renaissance », a salué le président du comité, Anders Olsson. « Elle cherche l’universel, en s’inspirant des mythes et des personnages antiques » comme Didon, Eurydice et Perséphone, « présents dans la plupart de ses œuvres », a-t-il...
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