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Société - Explosions Du 4 Août

Sawan recueille les résultats d’une enquête jordanienne

Sawan recueille les résultats d’une enquête jordanienne

La double explosion meurtrière au port de Beyrouth. Photo d’archives

Le procureur général près la Cour de cassation, Ghassan Oueidate, a transmis au juge d’instruction près la cour de justice, Fadi Sawan, en charge de l’enquête sur la double déflagration meurtrière du 4 août au port de Beyrouth, les résultats des investigations menées par la justice jordanienne sur le navire Rhosus. C’est à bord de ce bateau qu’étaient transportées les 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium qui ont explosé dans le port après avoir été entreposées sans précaution dans le hangar numéro 12, dévastant des quartiers entiers de la capitale.

M. Oueidate avait adressé une commission rogatoire aux autorités judiciaires jordaniennes, leur demandant d’interroger les personnes qui avaient pu contribuer à endommager le navire, l’empêchant de quitter le port de Beyrouth.

En parallèle, le parquet de cassation attend une réponse à la commission rogatoire qu’il avait envoyée aux autorités concernées du Mozambique, pays auquel était destiné à l’origine le nitrate d’ammonium.

Le juge Sawan a par ailleurs auditionné hier en tant que témoins deux responsables de la direction de la poudre et des explosifs au sein du ministère de l’Intérieur. Il devrait entendre aujourd’hui et demain deux experts chimistes, deux experts en explosifs ainsi qu’un expert en feux d’artifice, également en tant que témoins. M. Sawan avait lancé jeudi deux mandats d’arrêt par l’intermédiaire d’Interpol contre le propriétaire et le capitaine (russe) du Rhosus. La ministre sortante de la Justice, Marie-Claude Najm, a reçu hier les proches des pompiers tués dans l’explosion du port de Beyrouth (4 août), impatients de connaître l’issue de l’enquête y relative. « Nous ne permettrons plus de retard dans les résultats des investigations », a martelé à l’issue de la visite William Noun, s’exprimant au nom des familles, avant d’ajouter : « Nous avons présenté à la ministre de la Justice une liste de revendications, tout en lui faisant part de notre méfiance à l’égard de la justice. » « La ministre nous a affirmé qu’elle ne peut s’ingérer dans les affaires judiciaires », a indiqué M. Noun.

L’introduction du nitrate au Liban, un délit pénal

Au sujet de l’enquête, une source juridique déplore qu’elle semble uniquement concentrée sur les causes de l’explosion (sabotage, accident), plutôt que de se pencher également sur le délit pénal que constitue en lui-même l’introduction sur le territoire libanais du nitrate d’ammonium renfermant plus de 33,5 % d’azote. La source, interrogée par L’Orient-Le Jour, affirme que la loi sur les explosifs (1959) subordonne spécifiquement l’entrée au Liban de cette matière à une décision du Conseil des ministres, à l’exclusion de toute autre autorité ou partie. Il faudrait que les investigations du juge d’instruction près la cour de justice portent sur les auteurs de cette infraction pénale, insiste la source, ajoutant qu’il est primordial de savoir par quel circuit la marchandise a été financée et acheminée jusqu’au port de Beyrouth.

Le procureur général près la Cour de cassation, Ghassan Oueidate, a transmis au juge d’instruction près la cour de justice, Fadi Sawan, en charge de l’enquête sur la double déflagration meurtrière du 4 août au port de Beyrouth, les résultats des investigations menées par la justice jordanienne sur le navire Rhosus. C’est à bord de ce bateau qu’étaient transportées les 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium qui ont explosé dans le port après avoir été entreposées sans précaution dans le hangar numéro 12, dévastant des quartiers entiers de la capitale. M. Oueidate avait adressé une commission rogatoire aux autorités judiciaires jordaniennes, leur demandant d’interroger les personnes qui avaient pu contribuer à endommager le navire, l’empêchant de quitter le port de Beyrouth.En parallèle, le parquet...
commentaires (2)

"La source, interrogée par L’Orient-Le Jour, affirme que la loi sur les explosifs (1959) subordonne spécifiquement l’entrée au Liban de cette matière à une décision du Conseil des ministres, à l’exclusion de toute autre autorité ou partie." Effectivement, et j'ai les documents pour le prouver! Au risque de me répéter, la Société Libanaise des Explosifs a attendu 5 mois, du 13 mai au 2 octobre 2014 pour obtenir un permis d'importation de NA à plus de 30% d'azote, issu par le Conseil des ministres de l'époque. L'extrême gravité de cette décision a jusque là échappé(ou non?) au juge Sawan: comment permet-on d'importer 1200 tonnes de NA alors qu'il y a déjà 2750 tonnes au port? Le pire c'est que ladite société a demandé de nouveau, en 2015, un permis pour importer 450 tonnes de NA: le Conseil des Ministres a mis DEUX ANS pour se décider à l'approuver! Et les 2750 tonnes étaient toujours sous le hangar No. 12....Quelle honte, quel inacceptable crime de négligence, surtout de la part de l'armée...

Georges MELKI

14 h 22, le 07 octobre 2020

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Commentaires (2)

  • "La source, interrogée par L’Orient-Le Jour, affirme que la loi sur les explosifs (1959) subordonne spécifiquement l’entrée au Liban de cette matière à une décision du Conseil des ministres, à l’exclusion de toute autre autorité ou partie." Effectivement, et j'ai les documents pour le prouver! Au risque de me répéter, la Société Libanaise des Explosifs a attendu 5 mois, du 13 mai au 2 octobre 2014 pour obtenir un permis d'importation de NA à plus de 30% d'azote, issu par le Conseil des ministres de l'époque. L'extrême gravité de cette décision a jusque là échappé(ou non?) au juge Sawan: comment permet-on d'importer 1200 tonnes de NA alors qu'il y a déjà 2750 tonnes au port? Le pire c'est que ladite société a demandé de nouveau, en 2015, un permis pour importer 450 tonnes de NA: le Conseil des Ministres a mis DEUX ANS pour se décider à l'approuver! Et les 2750 tonnes étaient toujours sous le hangar No. 12....Quelle honte, quel inacceptable crime de négligence, surtout de la part de l'armée...

    Georges MELKI

    14 h 22, le 07 octobre 2020

  • "....l’empêchant de quitter le port de Beyrouth." Oui, d'accord, mais fallait-il absolument décharger la cargaison de nitrate d'ammonium, alors que le pauvre Colonel Joseph Skaff avait strictement demandé d'éloigner le navire avec sa cargaison HAUTEMENT DANGEREUSE AU-DELA DU BRISE-LAMES??? ET QUI A PERMIS DE STOCKER LE NITRATE D'AMMONIUM DANS LE HANGAR 12 SANS AUCUNE FORME DE SECURITE? En général, n'importe quelle cargaison de ce genre est réceptionnée en présence de représentants de l'armée.

    Georges MELKI

    13 h 42, le 07 octobre 2020

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