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Agenda - Hommage

C’est pour toi que j’écris, mon père, c’est pour toi...

C’est pour toi que j’écris, mon père, c’est pour toi...

Papou, Papa, P.G., Pierre,

Nous voilà tous rassemblés une dernière fois autour de toi, nous qui t’avons connu et aimé.

Tes amis surtout, qui ont toujours occupé une place prépondérante dans ta vie. Les Copains d’abord, c’est la première chanson qui vient à l’esprit quand on pense à toi.

Ces copains qui t’ont accompagné sur toutes les routes du Liban, de Syrie, de Turquie et de Jordanie, à la recherche d’un énième vestige de l’histoire.

L’histoire, ton autre passion. Tu t’es forgé seul une culture impressionnante. Tout ce qui concerne l’histoire t’intéressait. Mais surtout la Grèce et Byzance. Tu nous avais fait retenir la date de la chute de Constantinople, jour maudit entre tous, un mardi 29, comme le jour où, ironie du sort, tu es parti…

Cette curiosité qui était la tienne, tu l’as transmise à nous, tes enfants, mais aussi à tes petites-filles.

Nous, ta famille… Tu as toujours été présent pour nous, toujours fier de nous. Tu nous as poussés à réaliser nos rêves et tu as tout mis en œuvre pour qu’on puisse le faire.

La vie n’a pas toujours été tendre avec toi.

Le décès prématuré de ta maman Henriette que tu aimais tant, puis la guerre qui a détruit tout ce que tu avais construit sur le plan professionnel, t’ont durement touché. Mais tu as toujours été un battant, et tu as sans cesse reconstruit.

Ces événements t’ont beaucoup marqué, mais tu es malgré tout resté très attaché au Liban que tu aimais par-dessus tout, plus même que la Grèce, ton autre patrie de cœur, que tu nous as appris à aimer aussi.

Et puis Beyrouth... ta ville de naissance, que tu as gardée dans ta mémoire intacte, comme elle était au bon vieux temps, belle, cosmopolite, ouverte, symbole du vivre-ensemble et dont tu parlais toujours avec nostalgie.

Ces dernières années, marcher était devenu difficile. Mais tu as continué tes explorations via Facebook, qui te permettait de rester en contact avec tes amis et de partager tes découvertes.

« Je n’existe que dans la mesure où j’existe pour autrui. À la limite, être, c’est aimer. »

Cette phrase d’Emmanuel Mounier, tu l’as récemment partagée sur Facebook. Elle te résume bien, je trouve.

Mounier, le scoutisme, la route, Brassens, l’histoire, la nature, les amis, la famille… tu étais éclectique dans tes amours, mais toujours fidèle.

Fidèle surtout au Clan Christ-Roi, et à tes compagnons de route et fidèles amis que tu ramassais partout avec à la bouche une chanson : Jacques Triolet, Théodore Raskatoff, Jean Hatem, Roland Abou-Jaoudé, Nadi Tyan, Sami Richa, Charles Azar, Élie et Toni Ouaiss, Marcel Aboussouan, parmi tant et tant d’autres...

Ton travail a aussi occupé une grande place dans ta vie. Tu as réussi à reconstruire « Electra », et on ne t’a jamais vu te plaindre d’aller ouvrir le magasin, comme tu disais, quelle que soit la saison ou la situation. « Electra » qui était devenu la référence en matière de mécanique, au point que le grand Georges Naccache comptait parmi tes clients les plus fidèles, et que certains de tes transformateurs, que tu calculais avec précision, sont toujours, un demi-siècle plus tard, en excellent état…

« L’amour est plus fort que la vie et que la mort… » On l’a souvent chantée ensemble cette chanson. Tu grattais ta guitare avec un sourire d’enfant, et on chantait ensemble Brassens, Moustaki, Béart, Red River Valley, My Bonnie, Nikos Gounaris, mais aussi toutes les chansons douces que te chantait ta maman... et surtout tous les chants et hymnes scouts. Cette passion pour la musique, tu nous l’as transmise, et nous l’avons transmise à nos amis et enfants. Grâce à toi, nous avons cette immense culture musicale, composée de chansons françaises et grecques. Ces dernières années, tu pleurais en écoutant les vieilles complaintes tristes de rembetiko smyrniote que ton grand-père Philippe devait lui-même écouter dans les villes tavernes de Smyrne puis du Pirée...

« S’il faut aller au cimetière je prendrai le chemin le plus long… » chantait Tonton Georges... Nous aurions tant aimé qu’il soit un peu plus long…

Papa, comme tu le disais à propos de ta maman : « Tu n’es plus, mais tu es et tu seras toujours en nous. »

À présent, je suis sûre que, comme l’ami Brassens, dont tu avais pleuré la mort de toutes les larmes de ton corps, « tu fais du pédalo sur la vague en rêvant, tu passes ta mort en vacances »… « Et si de temps en temps une dame d’antan se laisse embrasser, sûrement papa, que tu ne regrettes pas, d’être passé... »

À bientôt Papa…. Moustaki le dit si bien : « Quand il faudra mourir, on se retrouvera. »

Chryssoula GEORGIOU FAYAD

Papou, Papa, P.G., Pierre,Nous voilà tous rassemblés une dernière fois autour de toi, nous qui t’avons connu et aimé.Tes amis surtout, qui ont toujours occupé une place prépondérante dans ta vie. Les Copains d’abord, c’est la première chanson qui vient à l’esprit quand on pense à toi.Ces copains qui t’ont accompagné sur toutes les routes du Liban, de Syrie, de Turquie et de Jordanie, à la recherche d’un énième vestige de l’histoire.L’histoire, ton autre passion. Tu t’es forgé seul une culture impressionnante. Tout ce qui concerne l’histoire t’intéressait. Mais surtout la Grèce et Byzance. Tu nous avais fait retenir la date de la chute de Constantinople, jour maudit entre tous, un mardi 29, comme le jour où, ironie du sort, tu es parti…Cette curiosité qui était la tienne, tu l’as transmise à...