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Gouvernement

Le processus se complique davantage, Adib se dirigerait vers une récusation

Nouvelle réunion entre le Premier ministre désigné et les deux représentants du tandem chiite, sans percée en vue.


Le processus se complique davantage, Adib se dirigerait vers une récusation

Le Premier ministre désigné, Moustapha Adib, lors d’un point de presse à l’issue des consultations parlementaires non contraignantes, mercredi 2 septembre 2020, à Aïn el-Tiné. Hassan Ibrahim/Parlement libanais

C’est avec un dossier noir en main que s’est présenté hier le Premier ministre désigné, Moustapha Adib, à Baabda. Cela ne signifie pas, pour autant, que la laborieuse tâche de la formation du gouvernement ait effectivement mûri. Loin de là même, puisque les obstacles, principalement celui concernant la partie chargée de désigner et de répartir les candidats aux différents portefeuilles, n’ont pas encore été levés. En conséquence, la visite du Premier ministre désigné au chef de l’État, Michel Aoun, s’est limitée à informer ce dernier de la teneur des entretiens et des résultats de ses contacts avec le tandem chiite afin d’évaluer les perspectives des tractations. Sur ce plan, le Premier ministre désigné a été clair : le problème persiste, puisque le Hezbollah et Amal veulent à tout prix nommer tous leurs ministrables, une exigence qu’il a affirmé ne pouvoir en aucun cas accepter. M. Adib n’a donc présenté aucune mouture de cabinet mais des CV de candidats spécialistes ainsi que sa vision de la répartition des 22 portefeuilles sur 14 ministres. De son côté, le président Aoun a réclamé que des critères unifiés soient adoptés avec les blocs parlementaires. Comprendre donc que si une partie veut nommer ses ministres, les autres doivent bénéficier du même droit. M. Aoun a également demandé que le cabinet soit élargi à au moins 20 portefeuilles afin que chaque ministre puisse s’atteler à sa tâche et mener à bien les réformes requises dans son ministère.

L'édito de Issa GORAIEB

Les faux guides

Après l’étape Baabda, Moustapha Adib s’est de nouveau réuni en soirée avec les « deux Khalil » (le conseiller politique du secrétaire général du Hezbollah, Hussein Khalil, et Ali Hassan Khalil, bras droit du président de la Chambre, Nabih Berry) pour examiner le mécanisme de désignation des ministres. Selon des informations relayées par notre correspondant politique Mounir Rabih, les deux parties ne sont parvenues à aucun accord : le tandem chiite n’a présenté aucune liste de ministrables, Moustapha Adib refusant ce principe, et a une nouvelle fois rejeté que le Premier ministre désigné nomme lui-même les candidats chiites. Face à ce regain de toutes les crispations, les responsables français mènent toujours, selon Mounir Rabih, des contacts afin de sauver l’initiative d’Emmanuel Macron mais tout porte à croire que l’on revient à la case départ. Dans ce contexte, Moustapha Adib, qui doit de nouveau rencontrer le président ce matin à onze heures, se dirigerait donc vers une récusation, sauf percée miraculeuse de dernière minute.

Valse d’informations contradictoires

La journée d’hier a en tout cas été marquée par une valse d’informations contradictoires et de démentis. Alors que du côté du tandem chiite ont continuait de distiller un climat positif que justifierait la certitude à ses yeux que l’attribution des Finances lui était désormais acquise ainsi que la désignation de tous les candidats chiites, dans les milieux haririens, les informations n’étaient pas du tout sur la même longueur d’onde. Selon une source proche du courant du Futur, aucun progrès n’a été enregistré à ce niveau et le blocage persiste pour les mêmes raisons.

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Un antagonisme qui en dit long sur le bras de fer, par médias interposés, que se livraient hier les deux parties. Si Amal et le Hezbollah étaient soucieux de ne pas paraître comme étant responsables du blocage, le courant haririen et, par ricochet, le Premier ministre désigné ne voulaient pas non plus montrer qu’ils lâchaient du lest facilement face à l’obstination du tandem. Toute nouvelle concession serait à même d’embarrasser un peu plus M. Hariri, notamment après le discours prononcé devant l’Assemblée générale de l’ONU par le roi Salmane d’Arabie saoudite, lors duquel il a dénoncé, dans des termes virulents, l’hégémonie du Hezbollah sur la décision politique au Liban par la force des armes. Ayant déjà consenti un sacrifice en acceptant que soit octroyé le portefeuille des Finances à la communauté chiite, Saad Hariri ne pourra plus désormais aller au-delà de cet accommodement, comme le note une source haririenne.

Cette ligne rouge tracée par Riyad que M. Hariri souhaite ménager au plus haut point lui a été également rappelée par ses anciens alliés libanais qui se placent aujourd’hui aux antipodes de la politique de compromis inaugurée il y a quatre ans par le chef du courant du Futur avec l’élection du président de la République. Ouvertement critiques à son égard, plusieurs personnalités sunnites sorties des rangs du courant du Futur, telles que Radwan Sayed, ancien conseiller de M. Hariri, ne mâchent plus leurs mots pour désigner ce qu’ils estiment être une mollesse de la part de l’ancien chef du gouvernement à l’égard du tandem chiite et un grand écart dont il ne sortirait plus indemne. Hier, le rédacteur en chef du média libanais en ligne Asass, Ziad Itani, a écrit un éditorial virulent intitulé « Le poison pour toi et pour nous la dignité », allusion faite à la proposition d’accorder les Finances aux chiites pour débloquer le gouvernement, M. Hariri ayant qualifié ce compromis de coupe empoisonnée qu’il était prêt à boire pour sauver le pays. Le chef du courant du Futur se serait également mis à dos les anciens Premiers ministres qui n’auraient vraisemblablement pas été consultés avant que M. Hariri ne fasse son annonce-surprise accordant une concession à Amal et au Hezbollah.

Du côté chiite, c’est en rangs serrés qu’on avance, le tandem étant plus que jamais soudé pour mener les négociations selon ses propres termes et conditions. Dans les milieux du tandem Hezbollah-Amal, on a sciemment multiplié les signes en direction d’un prochain déblocage, comme pour forcer la main au Premier ministre. Des sources proches du Hezbollah mais également du mouvement Amal continuaient d’évoquer hier l’idée que la désignation du ministre des Finances par le tandem chiite était désormais acquise, tout comme celle d’une liste de dix candidats qu’il soumettrait à M. Adib pour qu’il en choisisse un. Une information qui a toutefois été démentie hier par les milieux du Premier ministre désigné qui ont affirmé à la LBCI qu’il n’en était rien et que, s’il devait choisir un candidat, M. Adib le ferait au sein d’une liste qui ne dépasserait pas les trois à quatre noms.

Interrogé par L’Orient-Le Jour, le député berriste Kassem Hachem a reconnu que l’épineuse question concernant la partie habilitée à nommer le ministre des Finances n’a toujours pas été élucidée à ce jour et rappelé que le mécanisme d’une liste de dix établie par le tandem n’était à ce stade encore qu’une proposition.


C’est avec un dossier noir en main que s’est présenté hier le Premier ministre désigné, Moustapha Adib, à Baabda. Cela ne signifie pas, pour autant, que la laborieuse tâche de la formation du gouvernement ait effectivement mûri. Loin de là même, puisque les obstacles, principalement celui concernant la partie chargée de désigner et de répartir les candidats aux différents...

commentaires (10)

C'est la plongée dans la guerre civile devastarice a présent à moins que le président ne suspende la constitution et forme un gouvernement militaire mais il n'est pas enclin aux coups d'etat

Chucri Abboud

14 h 23, le 26 septembre 2020

Tous les commentaires

Commentaires (10)

  • C'est la plongée dans la guerre civile devastarice a présent à moins que le président ne suspende la constitution et forme un gouvernement militaire mais il n'est pas enclin aux coups d'etat

    Chucri Abboud

    14 h 23, le 26 septembre 2020

  • M. Adib, ne vous récusez pas vous leur donnez ce qu’ils ont toujours cherché à faire. Du temps, ce temps pour mener le Liban au naufrage total pour nous imposer l’Iran et ses alliés comme seuls sauveurs chose que les américains n’accepteront jamais et la suite vous la connaissez le cahot et la destruction. Présentez donc votre gouvernement au président avec une notion bien lisible pour le vieux. Aucune négociation n’est envisagée à vous de signer. Si par malheur il ne le fait pas, les pays aidants sauraient de qui vient le blocage et le sabotage de la constitution. Il aura à faire à plus malin que lui et sera puni ainsi que ses alliés en conséquences. Ils vous poussent à prendre la décision qu’ils ont trouvé facile pour eux qui est votre récusions. Ainsi ils auraient eu ce qu’ils veulent et prendront à nouveau tout leur temps pour choisir et nommer eux mêmes un PM comme ils ont toujours fait, chose que les libanais refuseront en bloc et on retournera au point de départ jusqu’à ce qu’ils décident du moment de mettre en application leurs plans néfastes et morbides en fonction du président américain élu. That’s it. Ne les laissez pas arriver à leur but. Tenez bon et appliquez le votre. Vous avez l’appui des pays aidant et de la majorité des libanais, ils sont isolés et jouent leur dernière carte, pourquoi tremblez vous?

    Sissi zayyat

    10 h 52, le 26 septembre 2020

  • Le Liban est devenu un pays du quart monde, avant le printemps il ressemblera à la Somalie ou à la Syrie ou un mélange des deux, peut-être en pire !... Merci qui ? Merci les barbus et autres CPL, entre autres.

    TrucMuche

    09 h 53, le 26 septembre 2020

  • Franchement je ne comprends pas Monsieur Adib. Il était ambassadeur du Liban dans un pays civilisé et moderne faisant partie des pays amis du Liban. Il avait tous les honneurs dus à son poste sans problèmes majeurs à régler. Et il accepte de revenir dans un pays du quart monde au milieu d’un panier de crabes qui est en état de faillite dans tous les domaines et dont la décision politique est dictée par l’arsenal militaire de certains. Pourquoi ? Juste pour être appelé Dawlat Al Rais ou est ce par ambition politique personnelle. La quête du pouvoir est elle tellement enivrante ?

    Liberté de Penser

    09 h 16, le 26 septembre 2020

  • PAS DE RECUSATION. PRESENTEZ VOTRE CABINET D,EXPERTS INDEPENDANTS AU CHEF DE L,ETAT ET LAISSEZ-LE LUI ET LE PARLEMENT SE REVELER AUX LIBANAIS. LA RECUSATION EST UNE ERREUR.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    09 h 07, le 26 septembre 2020

  • Les criminels vont obtenir ce qu'ils ont toujours obtenus : blocage, imposer une vision Iranienne au gouvernement et finir par anéantir le Liban.

    Zeidan

    08 h 35, le 26 septembre 2020

  • Mais qu'il se récuse donc rapidement, Moustapha Adib, et laisse tous ces ratés et compléxés macérer dans leur jus nauséabond, à commencer par le premier de cette hiérarchie "régnante", ainsi que toute la clique de ses copains enturbannés ! Ils sont d'un autre monde et n'ont jamais su s'adapter ! - Irène Saïd

    Irene Said

    08 h 17, le 26 septembre 2020

  • "l’épineuse question concernant la partie habilitée à nommer le ministre des Finances n’a toujours pas été élucidée à ce jour". Comment cela? La Constitution est parfaitement claire: c'est e premier ministre désigné qui forme le cabinet. Point final. Cela ne prête à aucune discussion ni interprétation. Toutes les "concertations" actuelles sont anticonstitutionnelles. Que Adib ne démissionne pas avant d'avoir, au moins présenté une mouture au président. Si celui-ci la refuse, il sera alors dégagé de toute responsabilité dans l'écroulement du pays.

    Yves Prevost

    07 h 44, le 26 septembre 2020

  • J'AI VU UNE VIDEO MTV D'UNE JOURNALISTE QUI INTERROGEAIT SLEIMAN FRANGIÉ 2. C'ÉTAIT LA PREMIÈRE FOIS POUR MOI QUE JE VOIS LE CHEF DES MARADA. J'AI EU UN CHOC. D'ABORD LA FAÇON COMMENT QU'IL EST ASSI, ET LE NIVEAU DE SON LANGAGE. L'HORREUR, EN PLUS, IL DISAIT À LA JOURNALISTE, DEPUIS QUATRE ANS LE TANDEM CHÏTE A LE MINISTÈRE DES FINANCE, POURQUOI IL N'A PAS LE DROIT DE L'AVOIR CETTE FOIS CI ? COMME S'IL DISAIT, DEPUIS QUATRE ANS QUE LE TANDEM SACCAGE LE MINISTÈRE DES FINANCES, POURQUOI IL N'A PLUS LE DROIT DE LE FAIRE MAINTENANT ? SACRÉ ZAÏM...SUR QUELLE PLANÈTE IL VIT ?

    Gebran Eid

    04 h 06, le 26 septembre 2020

  • Bon ben les sanctions vont donc tomber... Ou cela va-t-il nous mener?

    Gros Gnon

    01 h 58, le 26 septembre 2020