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Yémen

Une route périlleuse pour maintenir Taëz en vie

Une route périlleuse pour maintenir Taëz en vie

La route de Hayjat al-Abd est l’unique ligne de vie reliant Taëz, dans le sud-ouest du Yémen, aux régions du pays échappant aux rebelles houthis qui encerclent depuis 2015. Ahmad al-Basha/AFP

Des camions lourdement chargés font l’ascension difficile d’une montagne rocailleuse. Emprunter la route de Hayjat al-Abd, qui serpente au sud-ouest de Taëz, est une aventure périlleuse, mais nécessaire pour maintenir la troisième ville du Yémen en vie.

La route, non contrôlée par les rebelles houthis, est l’unique ligne de vie reliant Taëz, dans le sud-ouest du Yémen, aux régions du pays échappant aux rebelles houthis qui encerclent depuis 2015 la ville du nord, de l’est et de l’ouest. Excepté Hayjat al-Abd, toutes les voies reliant Taëz, avec ses 500 000 habitants, au reste du pays sont aux mains des houthis : celle du nord en direction de Sanaa, de l’ouest donnant sur Hodeida, ville portuaire de la mer Rouge, et celle de l’est menant à Moukalla.

Les convois de camions avancent au pas dans des tempêtes de poussière sur cette portion difficile de sept kilomètres. Ils s’arrêtent pour laisser passer les véhicules venant en sens inverse. « Comme vous pouvez le constater, la route est pleine de trous et on affronte des pentes dangereuses. Parfois les camions ne peuvent pas avancer et on risque de tomber dans le ravin », se lamente Marwan al-Makhtary, un jeune routier.

Selon lui, l’état de la route, utilisée pour le transport des différents produits dont ont besoin les habitants de la ville perchée à 1 400 m d’altitude, ne cesse de se dégrader et rien n’est fait pour y remédier. La question préoccupe les habitants de la ville au point de susciter une mobilisation de représentants de la société civile, favorable au gouvernement, qui ont organisé une chaîne humaine mardi pour demander de réparer la route. « Nous demandons au gouvernement légitime et à l’administration locale d’accélérer le processus d’entretien et de réhabilitation de la route », déclare Abdel Jabbar Noumane, l’un des militants de la société. « L’importance de cette route est qu’elle relie Taëz au monde extérieur et sa fermeture menacerait la ville », tient-il à rappeler.

Un gouvernement absent

Des dizaines d’habitants, dont des écolières vêtues de noir et portant des casques blancs, ont formé cette semaine une chaîne humaine sur une portion de la route, endommagée par de fortes pluies, pour demander qu’elle soit entretenue. La route de « Hayjat al-Abd est notre seule ligne de vie », pouvait-on lire sur l’une des banderoles brandies par les manifestants. Si la route est fermée, « il y aura une catastrophe humanitaire » à Taëz, et dans l’ensemble de la province qui compte quelque 5 millions d’habitants, avertit Sultan al-Dahbaly, responsable de l’entretien de cette voie au sein de l’administration locale.

Mais le problème à Taëz est que le gouvernement est pratiquement absent et que la ville est livrée à des groupes rivaux, certains affiliés au parti islamiste al-Islah lié aux Frères musulmans et d’autres aux salafistes, autre mouvance islamiste.

Dans le reste de la province qui échappe aux houthis, le camp gouvernemental est miné de divisions internes et le gouverneur de Taëz Nabil Chamsane, nommé par le gouvernement, ne dispose que de peu de pouvoir, selon des sources politiques locales.

Taëz est le reflet du conflit armé au Yémen qui oppose depuis plus de cinq ans les rebelles houthis soutenus par l’Iran aux forces loyales au gouvernement reconnu par la communauté internationale et appuyées par une coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite. Ce conflit a fait des dizaines de milliers de morts, essentiellement des civils, d’après diverses ONG et environ 24 millions de Yéménites, soit plus des deux tiers de la population, ont besoin d’aide humanitaire, selon l’ONU.

Source : AFP


Des camions lourdement chargés font l’ascension difficile d’une montagne rocailleuse. Emprunter la route de Hayjat al-Abd, qui serpente au sud-ouest de Taëz, est une aventure périlleuse, mais nécessaire pour maintenir la troisième ville du Yémen en vie.

La route, non contrôlée par les rebelles houthis, est l’unique ligne de vie reliant Taëz, dans le sud-ouest du Yémen,...

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