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Nos Lecteurs ont la Parole

Pour cesser de danser sur des volcans de braise

Depuis ce 4 août, nous sommes infiniment tristes, dévastés.

Un grand trou à la place du cœur, un vide immense.

Malgré les efforts, il est difficile de recoller les morceaux.

Le phénomène est individuel, mais aussi collectif, il touche une grande partie de la population libanaise.

On veut, mais on ne peut pas oublier, oublier ce 4 août qui a fauché les vies de tant d’innocents, tués dans leurs maisons, sur leurs lieux de travail ou en allant porter secours.Les handicapés se comptent par milliers. La plaie est profonde, béante, à l’image de l’explosion. La mémoire même de Beyrouth a été atteinte de plein fouet, mémoire culturelle, historique. Mar Mikhaël, Gemmayzé, un des plus vieux quartiers de Beyrouth, les demeures historiques et leurs habitants en ont payé le prix fort.

Hopitaux, écoles, banques, institutions, tout ou presque a été detruit, ce qui ne l’a pas été est endommagé.

Au-delà de ce traumatisme collectif s’ajoute le constat désespéré d’une impunité irresponsable au niveau national. Ceux qui sont morts ne sont pas des martyrs, mais des victimes... Victimes d’une incurie politique collective, de la prise en otage d’un pays, son système bancaire, ses institutions.

Il est temps de changer, changer en profondeur, cesser de danser sur des volcans de braise, se repasser ce même film terrifiant afin d’instituer ce devoir de mémoire, décréter le 4 août desormais deuil national, graver les noms de nos morts sur les flancs des silos, ériger des monuments avec les verres brisés.

Afin de nous rappeler constamment que si nous avons touché la mort de l’âme de si près, il est tout aussi vital pour nous de nous en rappeler car si nous ne savons pas honorer nos morts, nous ne pourrons continuer nos vies.

Il s’agit de les reconnaître, de les faire vivre dans notre cœur et notre mémoire afin que leur sacrifice (ou leur handicap) ne soit pas vain et qu’ils ne meurent pas une seconde fois.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.


Depuis ce 4 août, nous sommes infiniment tristes, dévastés.

Un grand trou à la place du cœur, un vide immense.

Malgré les efforts, il est difficile de recoller les morceaux.

Le phénomène est individuel, mais aussi collectif, il touche une grande partie de la population libanaise.

On veut, mais on ne peut pas oublier, oublier ce 4 août qui a fauché les vies de...

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