Rechercher
Rechercher

Carburant

Les importateurs d’essence de plus en plus frileux vis-à-vis de la BDL

Les importateurs d’essence de plus en plus frileux vis-à-vis de la BDL

Les importateurs se plaignent des lenteurs occasionnées dans le processus de déblocage de crédits par la BDL. (crédit P.H.B.)

Les semaines passent et les conditions d’approvisionnement en carburant des stations-service ne s’améliorent pas, au fur et à mesure que le Liban s’enfonce dans la crise. Plusieurs d’entre elles avaient en effet fermé leurs portes ce week-end, notamment dans la Békaa (dans l’ouest du pays) ainsi qu’en périphérie de Beyrouth, à la suite de la suspension temporaire des livraisons par les sociétés importatrices de pétrole. Des situations qui se sont également produites hier matin dans le Akkar (Liban-Nord) et à Nabatiyé (dans le sud du pays), selon l’Agence nationale d’information.

Selon cette dernière, le syndicat des propriétaires de camions-citernes a indiqué en cours de journée que la « pénurie » de carburant était liée à un nouveau retard – le second depuis le début du mois — dans le processus du déblocage par la Banque du Liban des lignes de crédit nécessaires pour payer, pour le compte des sociétés importatrices, les cargaisons arrivées au port avant qu’elles ne soient déchargées. La situation était à peine meilleure lundi soir, malgré la reprise des livraisons, certains points de vente ayant été assiégés par des automobilistes venus faire le plein. Toutes les enseignes ne semblaient cependant pas être affectées de la même manière, y compris au sein d’une même région.

Délais prolongés

Les problèmes d’approvisionnement de carburant des stations-service en essence et en diesel se sont multipliés depuis le début de la crise économique et financière que traverse le pays depuis plus d’un an et notamment marquée par une brutale dépréciation de la livre – dont le taux était stabilisé à 1507,5 livres pour un dollar depuis 1997 – et une crise de liquidités en dollars. Une combinaison de facteurs qui a poussé la BDL à mettre en place un mécanisme de subvention du taux dollar/livre pour les importations de certains produits stratégiques, dont le carburant. Cette mesure devait garantir les besoins de devises de la filière et limiter la hausse des prix des produits concernés – ceux du carburant sont plafonnés par le ministère de l’Énergie et de l’Eau.

Adoptée en octobre dernier, la circulaire n° 530 a ainsi permis aux importateurs d’essence et de diesel (une dizaine de sociétés dans le pays) d’obtenir auprès de la BDL 90 % de leurs besoins en dollars pour payer leurs fournisseurs. Le procédé pose cependant plusieurs problèmes. Il amenuise les réserves de devises de la BDL qui ont atteint un niveau critique (autour de 19 milliards de dollars dont 17,5 milliards sont constitués par les réserves obligatoires des banques selon les déclarations récentes du gouverneur Riad Salamé). La mise en œuvre du procédé a ensuite prolongé les délais de livraison, en raison de la procédure de validation mise en place par la BDL.

Selon plusieurs importateurs, la Banque centrale doit d’abord donner un « préaccord » pour chaque livraison puis effectue le paiement. « Mais non seulement ce système est incompatible avec les rouages de la filière, où les validations sont faites longtemps à l’avance, mais en plus, la BDL prend beaucoup plus de temps à effectuer ses virements », raconte un des acteurs du secteur sous couvert d’anonymat. « Compte tenu de la précarité de la situation, nous ne prenons plus aucun risque : le carburant n’est livré qu’une fois que l’argent est crédité sur le compte du fournisseur », ajoute-t-il. Sa société prévoit ainsi de poursuivre les livraisons jusqu’à mercredi avant de les arrêter jusqu’à ce que la prochaine procédure de validation soit terminée. Une démarche qui n’est cependant pas commune à tous les acteurs de la filière. « Nous continuerons les livraisons au-delà de mercredi », assure ainsi un autre importateur.

Début septembre, un premier retard dans le déblocage des crédits par la BDL pour le mois en cours avait été expliqué par un délai dans la transmission par le ministère de l’Énergie des données mesurant la consommation d’essence et de diesel sur le marché pour optimiser le fonctionnement du mécanisme de subventions en fonction des besoins réels. Outre les comportements de certains distributeurs qui sont soupçonnés de stocker du carburant pour le revendre lorsque les prix auront augmenté, plusieurs sources, dont le syndicat des propriétaires de stations-service, ont dénoncé à plusieurs reprises le fait qu’une partie des quantités de carburant importées au Liban finissaient par être revendues en Syrie par les contrebandiers. Ce nouveau problème d’approvisionnement en carburant au Liban coïncide avec l’aggravation récente des pénuries en Syrie (voir par ailleurs).

P.H.B.


Les semaines passent et les conditions d’approvisionnement en carburant des stations-service ne s’améliorent pas, au fur et à mesure que le Liban s’enfonce dans la crise. Plusieurs d’entre elles avaient en effet fermé leurs portes ce week-end, notamment dans la Békaa (dans l’ouest du pays) ainsi qu’en périphérie de Beyrouth, à la suite de la suspension temporaire des...

commentaires (1)

Subventionner le carburant n'est honnêtement pas très logique. Ce devrait au contraire être un moyen de faire rentrer des taxes dans les caisses du pays. En France le budget carburant des familles est conséquent. Ce n'est pas bon marché du tout. Les deplacements les trajets pro ou privés se calculent.

Sybille S. Hneine

08 h 19, le 22 septembre 2020

Tous les commentaires

Commentaires (1)

  • Subventionner le carburant n'est honnêtement pas très logique. Ce devrait au contraire être un moyen de faire rentrer des taxes dans les caisses du pays. En France le budget carburant des familles est conséquent. Ce n'est pas bon marché du tout. Les deplacements les trajets pro ou privés se calculent.

    Sybille S. Hneine

    08 h 19, le 22 septembre 2020