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Société - Contestation

La "colère du Grand Liban" dans le centre-ville de Beyrouth

Affrontements entre contestataires et forces de l'ordre dans les rues menant au Parlement.


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Des affrontements entre des manifestants et les forces de l'ordre dans les rues menant au siège du Parlement, dans le centre-ville de Beyrouth, mardi 1er septembre 2020. AFP

Une grande manifestation a rassemblé mardi après-midi des centaines de contestataires anti-pouvoir sur la place des Martyrs, dans le centre-ville de Beyrouth, pour une mobilisation placée sous le thème "La colère du Grand Liban", à l'occasion du centenaire de la proclamation de l'Etat du Grand Liban, le 1er septembre 1920, et ambitionnant, selon certains slogans, à lancer un "Nouveau Liban". Ce rassemblement avait débuté dans le calme avant que des affrontements n'aient lieu entre des dizaines de jeunes manifestants et les forces de l'ordre dans les rues menant au siège du Parlement, barricadé depuis des mois.

Balles en caoutchouc et gaz lacrymogène
Pour cette manifestation, les forces de sécurité n'avaient pas fermé les accès à la place des Martyrs. Dans la rue Weygand, située près du siège du Parlement, des affrontements ont eu lieu, impliquant des dizaines de jeunes qui ont lancé des pierres et des pétards en direction d'une barrière métallique installée pour empêcher tout accès à la place de l’Etoile, visant aussi des policiers déployés derrière cette barrière. Ils ont brisé, avec leurs projectiles, les fenêtres de bâtiments environnants. Les contestataires sont parvenus à abattre une des portes en métal, mais se sont fait surprendre par les forces de la brigade anti-émeute qui ont tiré des balles en caoutchouc et du gaz lacrymogène, ainsi que des grenades assourdissantes, forçant les manifestants à reculer. Une voiture de police s'est également retrouvée bloquée entre un groupe de manifestants en colère qui l'ont caillassée, avant que les policiers ne fassent marche arrière.

Des manifestants anti-pouvoir s'en prenant à une voiture de police dans le centre-ville de Beyrouth. Photo REUTERS/Mohamed Azakir

Des actes de vandalismes ont également eu lieu, des manifestants s'étant pris à des feu de signalisation et autres biens dans le périmètre du Parlement. Un incendie s'est en outre déclaré dans le restaurant installé au rez-de-chaussée de l'immeuble an-Nahar, à l'entrée de la rue de la municipalité. Vers 19h, les forces de l'ordre ont dépêché des véhicules blindés munis de lance-grenades lacrymogènes et ont réussi à repousser les manifestants vers le quartier de Saïfi, à proximité du siège du parti Kataëb. La Croix-Rouge libanaise a annoncé vers 20h avoir transporté un blessé et en avoir soigné vingt autres sur place.
Dans la foulée de ces violences, l'armée a installé des barrages routiers sur les routes menant à la place des Martyrs, afin de procéder notamment à des contrôles d'identité.

"Tous les déchets sans exception"
Pourtant, sur la place des Martyrs, la manifestation avait débuté dans le calme. "Nous allons évacuer tous les déchets, sans exception", pouvait-on lire sur une banderole brandie par des contestataires, en référence au slogan "Tous sans exception", qui appelle au départ de tous les dirigeants.

Kamal réclame "que les dirigeants rendent des comptes". "Les responsables célèbrent le centenaire du Grand Liban, mais nous sommes venus rendre hommage aux victimes de l'explosion. Ce centenaire doit marquer le début d'un nouveau système au Liban", a-t-il affirmé à notre journaliste sur place, Suzanne Baaklini. "Si les autorités corrompues ne comprennent pas qu'elles doivent abandonner la décision politique, il y aura de grands problèmes dans le pays", a déclaré le jeune homme venu de Saïda, qui manifeste avec un groupe de jeunes venus de tout le pays. 

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Des images des dégâts résultant des explosions du 4 août, qui ont fait plus de 190 morts et 6.500 blessés, étaient projetées sur un écran disposé au centre de la place, sur fond sonore de chants révolutionnaires diffusés par des haut-parleurs. Sur une scène, plusieurs porte-paroles des différents groupes du soulèvement populaire se sont succédé afin de parler des changements réclamés par la rue, notamment l'instauration d'un État laïc et souverain. 

Photo Suzanne Baaklini

"Nous avons perdu confiance"
Une femme, se revendiquant du groupe "Le Chouf se soulève" a, elle, affirmé que les autorités ont "perdu leur légitimité". "Nous avons perdu confiance en eux", a-t-elle poursuivi, reprochant au président français, Emmanuel Macron, en visite au Liban, de "venir aider ces responsables". 

Photo Suzanne Baaklini

Les appels à manifester ont été lancés alors que la rue rejette la nomination du Premier ministre désigné, Moustapha Adib, suite aux consultations parlementaires de lundi. Les contestataires antipouvoir réclament une refonte totale de la classe politique libanaise, accusée d'avoir provoqué par son incurie la double explosion meurtrière du 4 août, qui a dévasté Beyrouth. Selon les explications officielle, la déflagration a été provoquée par la présence sans mesures de précautions de 2.750 tonnes de nitrate d'ammonium dans un entrepôt du port.

Une grande manifestation a rassemblé mardi après-midi des centaines de contestataires anti-pouvoir sur la place des Martyrs, dans le centre-ville de Beyrouth, pour une mobilisation placée sous le thème "La colère du Grand Liban", à l'occasion du centenaire de la proclamation de l'Etat du Grand Liban, le 1er septembre 1920, et ambitionnant, selon certains slogans, à lancer un "Nouveau...
commentaires (3)

Des malotrus et des casseurs ,rien que ca

Hitti arlette

22 h 03, le 01 septembre 2020

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Commentaires (3)

  • Des malotrus et des casseurs ,rien que ca

    Hitti arlette

    22 h 03, le 01 septembre 2020

  • La "colère du Grand Liban" dans le centre-ville de Beyrouth ne portera jamais ses fruits tant que nos cinq ou six chefs de tribus sont en vie et martyrisent le pays .

    Antoine Sabbagha

    18 h 49, le 01 septembre 2020

  • NOUVEAU SYSTEME SANS CORROMPUS, VOLEURS ET INCOMPETENTS ET SANS ZAIMS DE GRAND PERE ET DE PERE A FILS ET PETITS FILS ET OU A GENDRE ET PARENTS. ET SURTOUT SANS DES ARMES ET DES MILICES ILLEGALES. TEL SERAIT UN NOUVEAU LIBAN AVEC UNE NOUVELLE CLASSE DE GOUVERNANTS ELUS L,IBREMENT ET DEMOCRATIQUEMENT CAPABLES, JUSTES, INDEPENDANTS ET INTEGRES.

    LA LIBRE EXPRESSION

    18 h 02, le 01 septembre 2020

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