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Brutalité policière : le n°2 de la police démissionne temporairement

Brutalité policière : le n°2 de la police démissionne temporairement

Un policier belge. Photo d'illustration AFP

Le numéro deux de la police fédérale belge a annoncé jeudi quitter ses fonctions le temps d'une enquête interne sur une intervention policière qui a semé l'émoi en Belgique par sa brutalité et au cours de laquelle un salut nazi a été effectué.

Les faits remontent à la nuit du 23 au 24 février 2018 à l'aéroport de Charleroi (sud), quand un passager au comportement jugé agité avait été brutalisé par la police. Ce Slovaque de 38 ans était décédé quelques jours plus tard. 

André Desenfants est depuis décembre 2017 le patron de la direction générale de la police administrative (DGA) qui coiffe notamment la police des transports en Belgique (rail, navigation, aviation). Lors d'une conférence de presse à Bruxelles, il s'est dit "profondément affecté", "choqué" par les images de l'intervention diffusées mercredi qui ont eu pour effet de relancer l'affaire. "Ce qui m'a choqué c'est d'abord les images que j'ai vues (...) c'est aussi de ne pas avoir été au courant du contenu de ces bandes vidéo", a-t-il affirmé. Il a présenté comme "une décision personnelle" sa mise en retrait temporaire, "acceptée par le commissaire général" de la police fédérale, le numéro un, Marc De Mesmaeker (qui, lui, n'était pas encore titulaire du poste en février 2018).

L'affaire du décès suspect de Jozef Chovanec a refait surface mercredi car sa veuve,dénonçant la lenteur de la justice à en déterminer les causes exactes, a pris l'initiative de livrer à un média belge une séquence vidéo inédite. Sur ces images de vidéosurveillance, visionnées par l'AFP, on peut voir l'homme saignant abondamment du visage après s'être tapé la tête contre un mur, au bout de plusieurs heures de privation de liberté. Il s'ensuit une intervention pour le maîtriser puis le menotter, lors de laquelle l'un des fonctionnaires de la police fédérale (six au total interviennent) s'assoit sur l'homme plaqué à plat ventre sur un matelas.

Certains semblent s'amuser de la situation et une policière, debout légèrement en retrait, effectue brièvement un salut hitlérien, toujours selon ces images d'une caméra placée dans la cellule. Cette policière a été écartée de son poste, "déplacée dans un service où elle ne rentre pas en contact avec le public", selon le ministère belge de l'Intérieur.

Interpellé sur les réseaux sociaux, notamment par le chef du Parti socialiste francophone Paul Magnette, le ministre de l'Intérieur Pieter De Crem a jugé "inacceptable" le comportement des policiers. "On a demandé à la police fédérale de faire la clarté à 100% sur cet incident et de mener une enquête disciplinaire parallèlement à l'enquête judiciaire en cours", a déclaré à l'AFP Erik Eenaerts, porte-parole du ministre. Selon la procureure de Charleroi, Sandrine Vairon, la plainte de la veuve de M. Chovanec, se constituant partie civile dans la procédure, date du 27 février 2018.

Dans la foulée, une enquête a confiée à une juge d'instruction pour "coups et blessures volontaires" car à ce moment-là M. Chovanec n'était pas décédé, a affirmé Mme Vairon à l'AFP. "C'est un fait, monsieur est décédé, il y aura une requalification juridique c'est évident", a ajouté la procureure.

La section belge de l'ONG Amnesty International a fustigé pour sa part la manière "injustifiable" dont la police est intervenue, et "l'atmosphère horrible qui semblait régner lors de l'incident". Elle a exigé "une enquête approfondie sur les faits", selon un communiqué signé de son directeur Philippe Hensmans.


Le numéro deux de la police fédérale belge a annoncé jeudi quitter ses fonctions le temps d'une enquête interne sur une intervention policière qui a semé l'émoi en Belgique par sa brutalité et au cours de laquelle un salut nazi a été effectué.Les faits remontent à la nuit du 23 au 24 février 2018 à l'aéroport de Charleroi (sud), quand un passager au comportement jugé agité...