Le directeur de l'hôpital gouvernemental Rafic Hariri de Beyrouth, Firas Abiad, dans un dépôt de l'établissement, le 28 juillet 2020. Photo AFP / ANWAR AMRO
Le directeur de l'hôpital gouvernemental Rafic Hariri de Beyrouth, Firas Abiad, a appelé mercredi les Libanais à être "responsables" dans le cadre du confinement de deux semaines réimposé à partir de vendredi par les autorités pour faire face à une avancée rapide de la pandémie au Liban. Cette mise en garde intervient alors qu'au cours des derniers jours, plus de 400 contaminations quotidiennes ont été officiellement déclarées, portant à 9.758 le nombre cumulé des cas depuis l’apparition de la pandémie au Liban en février.
Dans une série de tweets, le médecin a souligné que toute violation des règles du confinement, telles qu'elles avaient déjà été enregistrées lors des périodes précédentes de fermeture du pays avec notamment l'organisation de fêtes ou de mariages, "entravent toute politique publique" en vigueur. "Les autorités ne peuvent pas être partout et c'est au public d'être responsable", a-t-il écrit.
Le Dr Abiad a aussi mis en garde contre les risques que pose l'augmentation du nombre de contaminations de ces dernières semaines sur les hôpitaux privés. "Cette charge supplémentaire peut précipiter leur ruine financière", a-t-il mis en garde, appelant pour que des compensations leur soient versées par des "autorités garantes".
Il a en outre demandé que l'augmentation du nombre de tests réalisés au Liban, qui a atteint un nombre record mardi, entre dans le cadre d'une "stratégie de surveillance claire". "Une augmentation des tests permet une meilleure surveillance et donc un meilleur contrôle. Mais sans coordination et direction, les efforts déployés par les laboratoires seront moins efficaces", a-t-il estimé.
Enfin, malgré les "coûts financiers et psychologiques" que posent selon lui les deux semaines de confinement décrétées par l'exécutif, "le but est d'éviter qu'un nombre toujours plus élevé de patients aient besoin de lits dans les hôpitaux mais n'en trouvent pas", a souligné Firas Abiad. "Nous avons perdu assez de vies récemment", a-t-il conclu, en allusion aux explosions meurtrières du 4 août à Beyrouth, qui ont fait au moins 177 morts, selon un dernier bilan toujours provisoire, et plusieurs dizaines de disparus.
La double explosion a ravagé un secteur hospitalier qui peinait déjà depuis plusieurs mois à faire face à la pire crise économique et financière de l'histoire moderne du Liban.


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