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Rapport

Le PIB libanais se contractera de 24 % en 2020, selon l’IFI

Le PIB libanais se contractera de 24 % en 2020, selon l’IFI

L’une des extrémités de la rue des banques dans le centre-ville de Beyrouth prise d’assaut par des manifestants dimanche. Photo P.H.B.

La double explosion qui a frappé le pays du Cèdre la semaine dernière va encore plus affecter l’économie libanaise, déjà à terre après presque d’un an de crise, a estimé hier l’économiste en chef pour la zone MENA au sein de l’Institut de la finance internationale (IFI), Garbis Iradian, dans son dernier rapport sur le pays. Selon lui, le PIB libanais devrait se contracter de 9 points de pourcentage supplémentaires à la suite des conséquences économiques et financières de la catastrophe, passant ainsi de -15 % à -24 % à fin 2020. Le gouvernement libanais – qui a démissionné hier – n’avait pas encore mis à jour ses estimations pour 2020, tablant jusqu’à présent sur une contraction de 13,8 %.

« Compte tenu de la large contraction dans la production et la dépréciation massive du taux de change sur le marché parallèle (7 000 livres pour un dollar à l’achat et 7 500 à la vente selon le site Lebaneselira.org hier, soit 5 fois la parité officielle, NDLR), le PIB pourrait se contracter de 52 milliards de dollars en 2019 à 33 milliards de dollars en 2020 », a constaté l’expert. Ce dernier a également retenu la forte baisse des rémunérations en valeur – liée notamment à la dépréciation de la livre par rapport au dollar –, l’inflation galopante (+ 110 % en rythme annuel le mois dernier selon l’IFI), la hausse du nombre de chômeurs (plus de 35 %) et de personnes vivant dans la pauvreté (plus de 50 %) parmi les conséquences les plus visibles et immédiates de cette dégradation supplémentaire de la situation.

S’agissant des discussions entre le Liban et le Fonds monétaire international devant déboucher sur le déblocage d’une assistance financière, Garbis Iradian a estimé que la dynamique créée par la catastrophe et les pressions du président français Emmanuel Macron lors de sa visite éclair à Beyrouth la semaine dernière pourraient contribuer à débloquer le processus de réformes réclamées par l’organisation internationale ainsi que par les soutiens du pays.

Il estime enfin, dans un scénario idéal, dans lequel le pays lancerait les chantiers nécessaires tant au niveau de sa gouvernance que de son économie, que le taux d’inflation passerait alors de 95,4 % cette année à 14,5 % en 2024, contre 59,5 % à la même période dans le cas où seule une partie des réformes serait mise en œuvre.

L’IFI est une organisation internationale qui regroupe près de 500 grandes banques et institutions financières dans le monde.


La double explosion qui a frappé le pays du Cèdre la semaine dernière va encore plus affecter l’économie libanaise, déjà à terre après presque d’un an de crise, a estimé hier l’économiste en chef pour la zone MENA au sein de l’Institut de la finance internationale (IFI), Garbis Iradian, dans son dernier rapport sur le pays. Selon lui, le PIB libanais devrait se contracter de...

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