La chancelière allemande, Angela Merkel, et le président français, Emmanuel Macron, lors du quatrième jour du sommet de l’Union européenne, tenu hier à Bruxelles, consacré à la relance économique des 27. Photo AFP
Après quelques heures de pause, les dirigeants européens devaient reprendre lundi soir de longues négociations, dans l’espoir de trouver un accord sur un plan de relance post-coronavirus, au quatrième jour d’un sommet laborieux, sur fond de profondes dissensions. Lors de ce sommet de Bruxelles, Angela Merkel et Emmanuel Macron ont affiché un front commun mais le couple franco-allemand a vu son autorité contestée par les dirigeants de petits pays. L’enjeu est un plan de 750 milliards d’euros (857,9 milliards de dollars) préparé par Berlin et Paris durant tout le printemps et endossé par la Commission européenne. Pour le défendre, Angela Merkel et Emmanuel Macron bataillent ensemble depuis vendredi et « leur coordination est probablement plus étroite qu’elle ne l’a été depuis longtemps », constate un diplomate, alors que tous deux ont choisi de quitter ensemble samedi soir une réunion au cours de laquelle les dirigeants des pays dits « frugaux » (Pays-Bas, Danemark, Autriche et Suède) « ne montraient aucun signe de bonne volonté », selon la même source. Dimanche, Emmanuel Macron a « tapé du poing sur la table, soutenu par Angela Merkel », pour dénoncer l’attitude de blocage de ces pays.
Depuis vendredi, ils font face à une opposition plus coriace que prévue des « frugaux », au premier rang desquels les Pays-Bas, « qui ont réussi à ne pas être isolés », souligne Fabian Zuleeg, de l’European Policy Center (EPC). « Le temps est révolu où l’Allemagne et la France proposaient quelque chose » et où « tout le monde » devait ensuite « se mettre à la queue », a commenté de son côté l’expérimenté ministre des Affaires étrangères du Luxembourg, Jean Asselborn.
L’optimisme était pourtant de mise, surtout à Paris, depuis la décision de Berlin d’accepter le 18 mai le principe d’une mutualisation de dettes européennes pour faire face au choc économique de la crise du Covid-19. Les deux dirigeants ont ensuite accordé leur stratégie alors que l’Allemagne prenait la présidence de l’UE pour le second semestre 2020.
Hier soir, le président du Conseil européen, Charles Michel, médiateur du sommet, devait présenter un nouveau projet de compromis aux capitales, moins ambitieux que la proposition initiale.
Source : AFP

