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Économie - Inflation

L’Association des consommateurs tire sur les subventions aux importations

Le ministère de l’Économie assure avoir pris toutes les mesures pour prévenir les fraudes.

L’Association des consommateurs tire sur les subventions aux importations

Dans un supermarché en périphérie de la capitale. Photo P.H.B.

L’Association des consommateurs libanais a vivement critiqué dans un communiqué publié hier les effets secondaires des différents mécanismes mis en place par l’exécutif et la Banque du Liban (BDL) pour permettre aux importateurs de plusieurs catégories de produits jugés stratégiques, voire simplement essentiels, de débloquer des dollars à un taux moins élevé que celui du marché noir. L’organisation a notamment ciblé les mécanismes mis en place par les circulaires n° 530 et n° 535 adoptées à l’automne dernier et à travers lesquelles les importateurs de blé, carburant, médicaments, équipements médicaux et matières premières destinées à l’industrie pharmaceutique peuvent débloquer la quasi-totalité des devises nécessaires pour payer leurs fournisseurs contre des livres à la parité officielle (1 507,5 livres pour un dollar). La circulaire n° 564 publiée courant juillet (et modifiant la n° 557 dévoilée fin mai) autorise, elle, les commerçants concernés à débloquer des dollars au taux imposé par la BDL aux agents de change (3 900 livres pour un dollar, contre 3 200 livres pour la précédente version) pour financer les importations de 300 produits, essentiellement alimentaires (le « panier alimentaire élargi » ). À chaque fois, l’argent provient des réserves de devises que la BDL considère comme utilisables, soit environ 20 milliards de dollars en comptant les réserves obligatoires des banques.

Fabricants de réservoirs

Si ces dispositifs ont été présentés par leurs promoteurs comme des moyens de limiter l’inflation sur les produits concernés, alors que le pays s’enfonce dans une crise majeure depuis près d’un an, marquée notamment par un effondrement de sa monnaie, l’Association des consommateurs considère que ces mécanismes ont « renforcé les monopoles » de certains importateurs de denrées alimentaires. Un argument déjà évoqué par certains grossistes s’exprimant sous couvert d’anonymat et qui avaient évoqué un « processus qui encourage le clientélisme » et permet à la classe politique de contrôler le flux des importations.

L’association accuse en outre une partie des commerçants qui ont bénéficié de ces mécanismes de soutien de « stocker les marchandises importées afin de pouvoir les revendre plus tard lorsque les prix auront augmenté », comme l’a réitéré son président, Zouhair Berro, contacté par L’Orient-Le Jour. S’il n’a pas fourni d’élément concret permettant d’appuyer ces allégations, Zouhair Berro affirme que l’association a rassemblé suffisamment de témoignages corroborant ces critiques de commerçants s’estimant lésés. « Nous avons également consulté des fabricants locaux de réservoirs en métal qui nous ont assuré que leurs commandes ont explosé suite à une demande venue de particuliers ou d’entreprises qui stockent du carburant en attendant que les prix grimpent », a encore assuré Zouhair Berro. Il évoque également une contrebande « toujours existante » de marchandises et de carburant à destination de la Syrie et appelle l’exécutif à revenir sur ces dispositifs « qui ne bénéficient pas aux plus démunis », au profit « d’une politique de soutien direct », comme par exemple via un système de bons d’achat ou de tickets de rationnement.

Contactée par L’OLJ, une source au ministère de l’Économie et du Commerce – qui, avec ceux de l’Industrie et de l’Agriculture, joue un rôle dans le processus de validation des demandes des importateurs souhaitant bénéficier des mécanismes de la circulaire n° 564 – a catégoriquement rejeté les critiques de l’association. « Nous nous efforçons d’effectuer un suivi précis de chaque commerçant qui vient pour valider son dossier chez nous, et ce via la Direction de la protection du consommateur qui effectue des tournées d’inspection avec l’appui des forces de sécurité », assure-t-elle. « Les commerçants qui sont surpris en train de frauder sont listés et ne peuvent plus prétendre à bénéficier de l’un ou l’autre mécanisme », ajoute-t-elle.

Les dossiers sont généralement adressés aux ministères concernés avant d’être transmis à la BDL via la banque du demandeur. Le processus de validation dans les ministères ne met qu’une poignée de jours (2 à 3 pour celui de l’Économie, selon la source précitée). La procédure globale, en incluant le passage via les banque et la BDL, peut durer plus ou moins dix jours, selon plusieurs sources concordantes et pour les mécanismes antérieurs à celui de la n° 564.

L’Association des consommateurs libanais a vivement critiqué dans un communiqué publié hier les effets secondaires des différents mécanismes mis en place par l’exécutif et la Banque du Liban (BDL) pour permettre aux importateurs de plusieurs catégories de produits jugés stratégiques, voire simplement essentiels, de débloquer des dollars à un taux moins élevé que celui du marché noir. L’organisation a notamment ciblé les mécanismes mis en place par les circulaires n° 530 et n° 535 adoptées à l’automne dernier et à travers lesquelles les importateurs de blé, carburant, médicaments, équipements médicaux et matières premières destinées à l’industrie pharmaceutique peuvent débloquer la quasi-totalité des devises nécessaires pour payer leurs fournisseurs contre des livres à la parité officielle...
commentaires (3)

En fait ce n'est pas seulement du ressort de l'Etat. C'est aussi lié au civisme de chacun des protagonistes. Il y a ceux qui chercheront à tirer profit coûte que coûte. Et qui détourneront en leur seule faveur ce qui est destiné à la collectivité. Et qui donc pénalisent tout le monde et bien évidemment les plus fragiles. Tous oui tous corrompus ne s'applique pas seulement à la classe politique. Mais également au citoyen qui stocke et ne revend pas par exemple... attendant une hausse des prix. Peu importe que ses concitoyens soient déjà à l'agonie. Chaque fraude même minime même "justifiée" par celui qui la fait participe à la précipitation du peuple. Nous sommes tous concernés.

Sybille S. Hneine

08 h 48, le 20 juillet 2020

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Commentaires (3)

  • En fait ce n'est pas seulement du ressort de l'Etat. C'est aussi lié au civisme de chacun des protagonistes. Il y a ceux qui chercheront à tirer profit coûte que coûte. Et qui détourneront en leur seule faveur ce qui est destiné à la collectivité. Et qui donc pénalisent tout le monde et bien évidemment les plus fragiles. Tous oui tous corrompus ne s'applique pas seulement à la classe politique. Mais également au citoyen qui stocke et ne revend pas par exemple... attendant une hausse des prix. Peu importe que ses concitoyens soient déjà à l'agonie. Chaque fraude même minime même "justifiée" par celui qui la fait participe à la précipitation du peuple. Nous sommes tous concernés.

    Sybille S. Hneine

    08 h 48, le 20 juillet 2020

  • Leur est de contenir les marchandises et les contrôler comme en Syrie pour pouvoir se faire de l’argent avec. Chaque décision prise par ces pseudos gouvernants est pensée selon leurs propres profits. Ils promettent de contrôler mais ne font que serrer la corde autour du cou des libanais qui continuent à ne pas se révolter par masse, par marée humaine pour leur dire STOP. ON N’EN VEUT PLUS

    Sissi zayyat

    19 h 16, le 19 juillet 2020

  • Et quand les réserves de la BDL et des banques seront épuisées...? (C'est à dire notre propre épargne). On fait quoi??

    Sybille S. Hneine

    12 h 10, le 18 juillet 2020

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