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Initiatives

Tyr se dote d’un projet de gestion des crises et catastrophes

La Fédération des municipalités du caza a adopté un plan qui a prouvé son efficacité dans la réponse à la crise sanitaire que représente le Covid-19.

Tyr se dote d’un projet de gestion des crises et catastrophes

Réunion de coordination entre les parties prenantes du projet. Photo DR

Un projet pilote pour la gestion des crises et des catastrophes a vu le jour à Tyr. Ce projet est basé sur une étude de vulnérabilité du caza, menée de 2008 à 2010 par un groupe de professeurs et d’étudiants de l’Université américaine de Beyrouth, grâce à un financement de l’ambassade de Suisse, de l’Agence suisse pour le développement et la coopération (SDC) et de Cités Unies Liban/ Bureau technique des villes libanaises. Ce travail a souligné la présence de plusieurs risques naturels pour la région, notamment les séismes d’autant qu’elle se trouve sur une faille sismique, ainsi que les inondations et les incendies.

Visite de contrôle dans un supermarché d’une équipe de la commission de sécurité alimentaire. Photo DR

En se basant sur ces résultats, les élus municipaux de Tyr, sous la houlette du président de la Fédération des municipalités, ont œuvré dès 2010 à la création d’une unité de gestion des crises et des catastrophes. Un comité de pilotage a été créé à cet effet réunissant les différentes parties impliquées dans ce projet au nombre desquelles notamment les municipalités du caza, la Croix-Rouge libanaise, les ONG Association médicale islamique et Mission du secours médical, les représentants du gouvernement dans le caza pour les secteurs de l’eau, l’électricité, la communication, la santé et les affaires sociales, les directeurs de trois hôpitaux, ainsi que des représentants des Forces de sécurité intérieure (FSI) et de la Finul.

De 2010 à 2012, les membres de ce comité ont travaillé à l’élaboration d’un protocole définissant les rôles de chacune des parties en cas de crise ou de catastrophe. Une fois les rôles définis et les compétences établies, les parties prenantes ont été formées. Cette unité « mère » de gestion de crises et de catastrophes a pu être répliquée dans 24 municipalités du caza, celles qui comptent le plus grand nombre d’habitants où des équipes de réponse d’urgence aux crises et aux catastrophes ont été formées. Chacune d’elles compte douze bénévoles qui ont bénéficié d’une formation de 172 heures sur les premiers secours et les secours avancés, dispensée par la Croix-Rouge libanaise. À ce jour, 28 équipes ont été formées et l’objectif est d’arriver à 35.

Parallèlement, des équipes de lutte contre les incendies ont été mises en place dans l’ensemble des municipalités. Elles ont été entraînées par la Défense civile. Les équipements des unités de lutte contre les incendies et ceux des équipes de gestion de crise ont été financés par l’ambassade de Suisse.


Formation à la lutte contre les incendies. Photo DR


La réponse au Covid-19

La force de ces équipes de gestion de crises et de catastrophes réside dans leur capacité de s’adapter rapidement aux crises qui surviennent. Dans le cadre de l’épidémie du Covid-19, elles ont ainsi adapté leur action afin de lutter contre la propagation du virus. Cette initiative, soutenue par l’ambassade de Suisse et la Croix-Rouge allemande, a pu être mise en œuvre grâce à la mobilisation des élus locaux et de la Fédération des municipalités de Tyr. L’unité « mère » s’est, elle aussi, momentanément adaptée pour répondre aux besoins propres à cette crise sanitaire.

Les mesures de mobilisation générale décrétées par le gouvernement ont également été adoptées. Ainsi, cinq commissions ont été créées : sécurité médicale, sécurité alimentaire, orientation sociale, sécurité préventive et gestion des camps de réfugiés. Cette dernière commission est dirigée par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

Ces commissions partagent au quotidien les données qu’elles recensent sur le territoire concernant les personnes contaminées, celles à surveiller, celles qui ont besoin d’une aide alimentaire, le nombre de lits disponibles dans les hôpitaux, etc. Toutes ces informations sont relayées à la Fédération des municipalités de Tyr, qui les communique à son tour aux différentes municipalités, comme aux ministères concernés afin de coordonner les actions et d’adapter les directives nationales.

Chacune des commissions œuvre dans le domaine qui la concerne. Ses actions sont concrètes, comme le fait de visiter les supermarchés afin d’assurer le respect des consignes d’hygiène, ou les pharmacies pour garantir un stock suffisant de masques et de gants, de distribuer les aliments aux personnes contaminées et à celles qui sont dans le besoin, d’identifier des locaux qui peuvent servir de centres d’isolement, etc. Toutes ces actions sont renforcées par des campagnes de sensibilisation à l’intention de la population locale et des réfugiés.

Une plus grande résilience

Cette initiative montre que les collectivités locales sont capables de gérer de tels projets, s’ils en ont la volonté, sachant que ce mouvement de décentralisation permet une plus grande résilience du territoire. Le renforcement des capacités à l’échelle municipale est donc primordial et le développement des formations par et pour les acteurs locaux, notamment en période de crise, est incontournable.

De plus, la mutualisation des moyens au sein de la fédération permet une redistribution efficace et moins coûteuse des ressources humaines, techniques et financières. En plus du soutien logistique et de la formation, la fédération verse à chacune des municipalités membres un fonds dont le montant est calculé en fonction du nombre d’habitants, sous la seule condition que cet argent soit utilisé directement pour la lutte contre le Covid-19.

Si cette action prouve le succès et la pérennité de ce projet, la question du financement se pose néanmoins sur le long terme. C’est la raison pour laquelle il est important de fournir des efforts pour sensibiliser les populations aux risques auxquels elles s’exposent et de travailler à la résilience des territoires. La coordination des moyens et donc la bonne gouvernance à l’échelle locale sont donc primordiales.

La Fédération des municipalités de Tyr a fait montre de cette bonne gouvernance, possible même en situation de crise. Elle encourage les collectivités locales à reproduire ce modèle. Par ailleurs, depuis 2013, l’État a décidé de s’inspirer de cette réussite locale afin de mettre en place une unité de gestion de crises et de catastrophes à l’échelle nationale. C’est un modèle conçu pour être étendu à moyen terme à l’ensemble du mohafazat du Liban-Sud.


Un projet pilote pour la gestion des crises et des catastrophes a vu le jour à Tyr. Ce projet est basé sur une étude de vulnérabilité du caza, menée de 2008 à 2010 par un groupe de professeurs et d’étudiants de l’Université américaine de Beyrouth, grâce à un financement de l’ambassade de Suisse, de l’Agence suisse pour le développement et la coopération (SDC) et de...

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