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Beyrouth mille fois morte, mille fois revécue

Beyrouth mille fois morte, mille fois revécue

Photo Bigstock

Ils ont construit ce mur. Ils l’ont construit pour nous empêcher d’accéder au Parlement, aux banques, aux institutions publiques, à EDL, autour de chez eux… Ils l’ont construit pour mieux nous prendre en otages. Ils se sont barricadés, pensant que c’est ainsi qu’ils nous tiendraient en laisse. Mais ils ont beau ériger des barrières, des barricades ; accrocher des barbelés, mettre les forces de l’ordre en rang face aux derniers résistants, ils ne pourront pas arrêter un processus en marche. Celui de leur destitution. Et ils le savent. Ils savent que ce n’est qu’une question de temps. Qu’une révolution lorsqu’elle se met en marche ne s’arrête pas. Et que même si de nombreux Libanais ont quitté les rues, délaissé leur engagement, dans les coulisses, il se passe quelque chose. Les scissions se font à l’intérieur même de leurs partis et dans le cerveau de leurs troupes, de leurs partisans, de leur entourage et même de leur famille. Le Libanais n’est pas dupe. Il a bien vu que le régime l’a roulé, arnaqué, trahi. Il sait très bien que cette tragédie que nous vivons aujourd’hui est le résultat de leurs crimes.

La thaoura n’est plus ce qu’elle était en octobre dernier. Finis la liesse, les chants, les retrouvailles, les talks dans les tentes et les drapeaux qui se dressent au-dessus de la foule. Terminés ces moments de joie où l’on pensait que la fin était proche. Leur fin. Une révolution ne se fait pas en trois mois. Une révolution prend du temps. Son temps. Elle s’organise, prépare la fusion des mouvements, devient l’opposition, la vraie. Elle travaille dans l’ombre, discrètement. Parce qu’une révolution, ce sont différentes doléances. La demande de dignité, de liberté, de souveraineté, de nos droits les plus basiques. La fin des milices, des vieux partis croulants et de leurs zaïms. Une nouvelle loi électorale, un changement de régime, l’instauration d’une nouvelle République, un nouveau doustour, une justice indépendante, un État laïc. Une administration claire, la disparition du clientélisme et des emplois fictifs, des wassayet. Les droits des femmes, de la communauté LGBT, des travailleurs étrangers et l’annulation de la kafala. Et surtout la fin de la corruption. La fin de cette putain de corruption.

Nous ne sommes pas un pays endetté. Nous sommes un pays volé. Et aa aaynak ya téjer. Ce temps-là sera bientôt révolu. Ils sont dos au mur. Et leur fin est proche. Rien ne dure éternellement et le peuple, si on peut en vouloir à beaucoup de gens qui n’arrivent pas à se dégager de leurs allégeances, n’en peut plus. Le peuple n’en peut plus de vivre dans la misère, même si elle est plus douce au soleil. Les Libanais n’en peuvent plus de vivre sans nourriture, sans travail, sans aide, avec un système de santé pourri, sans électricité, sans eau. Ils n’en peuvent plus de vivre à la merci des banques, des changeurs, des moteurs, des arnaqueurs qui flambent leurs prix et des menaces. Les Libanais n’ont plus envie d’être des pions sur l’échiquier mondial. Ils ne veulent plus être les esclaves des pays avoisinants et de la région ; ni des grandes puissances qui se font la guerre sur notre territoire. Et ils ne veulent plus, absolument plus, être obligés de s’exiler.

Nous sommes à bout. Au bout de tout. Coincés dans cette gangrène qui nous empoisonne depuis des décennies. Et non, nous ne voulons et surtout ne pouvons plus être les rois du système D. Nous voulons juste vivre dignement. Normalement. Comme n’importe quel être humain sur terre. Ce n’est pas beaucoup demander. Et même si cela peut paraître redondant, notre destin est entre nos mains. Un peuple est plus fort que ses dirigeants et nous n’avons pas le droit de dire « nous ne pouvons rien y faire ». Si, nous le pouvons. Parce que nous sommes un pays âgé de 6 000 ans. Parce que nous avons vécu des occupations, des ingérences, des guerres, des invasions et des séismes.

Le concert de Baalbeck il y a une semaine nous a pratiquement tous fait pleurer parce qu’il a créé en nous des sentiments ambivalents. Il nous a donné deux impressions : c’est ça le Liban, et c’est ce Liban-là qui est en train de mourir. Ce ne doit pas être le chant du cygne. Il doit symboliser le réveil du phénix. Parce qu’il ne faut pas l’oublier, « Beyrouth est mille fois morte, mille fois revécue ».


Ils ont construit ce mur. Ils l’ont construit pour nous empêcher d’accéder au Parlement, aux banques, aux institutions publiques, à EDL, autour de chez eux… Ils l’ont construit pour mieux nous prendre en otages. Ils se sont barricadés, pensant que c’est ainsi qu’ils nous tiendraient en laisse. Mais ils ont beau ériger des barrières, des barricades ; accrocher des barbelés,...

commentaires (3)

Tous les empires et Tyrans sont tombés incluant Rome , Alexandre le Grand, l USSR. , la grande Porte ,le japonFasciste d avant guerre , le Nazisme auteur de la Shoa. Les Tyrans et voleurs du Liban tomberont et leur fin sera plus odieuse et abjecte que la fin pitoyable de Khadafi et saddam Hussein ;nous irons pisser sur leur fosse commune

Robert Moumdjian

06 h 01, le 12 juillet 2020

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Commentaires (3)

  • Tous les empires et Tyrans sont tombés incluant Rome , Alexandre le Grand, l USSR. , la grande Porte ,le japonFasciste d avant guerre , le Nazisme auteur de la Shoa. Les Tyrans et voleurs du Liban tomberont et leur fin sera plus odieuse et abjecte que la fin pitoyable de Khadafi et saddam Hussein ;nous irons pisser sur leur fosse commune

    Robert Moumdjian

    06 h 01, le 12 juillet 2020

  • l'optimisme de Mme Azouri quant a l'aboutissement de la revolution, quoique utile l'est quand meme trop . Pourquoi ? seulement parce qu'un bon nombre de libanais n'a pas encore touche le fond. le pire reste encore a voir. SEUL le vrai fond/ la lie est atteint par es politiques .

    gaby sioufi

    15 h 11, le 11 juillet 2020

  • Lorsque l’équilibre des forces est rompu il se transforme en jungle ce que le Liban est devenu à cause de la mollesse de tous politiciens qui sont venus regarder faire et courber l’échine alors qu’ils savaient ce qui se tramait. Les libanais ont beau être résiliants, arrive le moment où les forces s’épuisent et les sauvages de cette jungle se bouffent entre eux. Une grève générale et indéterminée doit avoir lieu pour que ses ogres n’aient plus rien à se mettre sous la dent et finissent par s’entretuer. A commencer par une désobéissance civile ouverte jusqu’à la dissolution de tout ce bordel et la condamnation de tous leurs macreaux et maquerelles et les loger là où ils ne peuvent plus nuire. Derrière les barreaux. Pour cela il faut une union sacrée de toute la population qui n’aurait de slogan qu’un mot. LIBAN.

    Sissi zayyat

    11 h 59, le 11 juillet 2020