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Iran/Etats-Unis

Assassinat de Kassem Soleimani : illégal et arbitraire, selon une experte de l'ONU

Dans un rapport envoyé par l'ONU, Agnès Callamard conclut que Washington n'a pas réussi à démontrer que cette opération était "nécessaire".

Assassinat de Kassem Soleimani : illégal et arbitraire, selon une experte de l'ONU

Un partisan du Hezbollah tient deux portraits du général iranien Kassem Soleimani, le 16 février 2020, lors d'un rassemblement dans la banlieue-sud de Beyrouth. Photo REUTERS/Aziz Taher

Le général iranien Kassem Soleimani a été tué de façon arbitraire et illégale lors d'un raid américain en janvier en Irak car Washington n'a pas démontré qu'il représentait un danger immédiat, estime une experte de l'ONU en droits humains.


Dans un rapport envoyé mardi aux médias par l'ONU, Agnès Callamard, rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, conclut qu'en "l'absence d'une menace imminente mettant en danger la vie, la manière d'agir des Etats-Unis était illégale" et viole la Charte des Nations unies. L'experte, qui est mandatée par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU mais ne s'exprime pas au nom des Nations unies, doit présenter jeudi son rapport devant cette instance onusienne, dont les Etats-Unis se sont retirés en 2018. Le document porte plus généralement sur l'usage des drones dans les assassinats ciblés, mais près de la moitié du rapport concerne Soleimani.

Architecte de la stratégie iranienne au Moyen-Orient, le puissant général Soleimani, commandant de la branche des gardiens de la révolution iraniens chargée des opérations extérieures de la République islamique, a été tué le 3 janvier par une frappe aérienne américaine devant l'aéroport international de Bagdad, avec son lieutenant, l'Irakien Abou Mehdi al-Mouhandis, leader des paramilitaires pro-Iran dans ce pays.

"A la lumière des preuves fournies jusqu'à présent par les Etats-Unis, le ciblage du général Soleimani, et la mort de ceux qui l'accompagnaient, constituent un assassinat arbitraire dont les Etats-Unis sont responsables en vertu du droit international humanitaire", affirme Mme Callamard dans son rapport.

Après la mort de Soleimani, Téhéran a baissé le ton

Après la mort de Soleimani, Téhéran a baissé le ton

Justifiant l'ordre de le tuer, le président américain Donald Trump avait assuré après son décès que Soleimani, qu'il a qualifié de "terroriste numéro un" dans le monde, préparait des attaques "imminentes" contre des diplomates et militaires américains. En représailles de l'élimination de Soleimani, l'Iran a lancé le 8 janvier des missiles contre des bases militaires irakiennes abritant des Américains, faisant d'important dégâts matériels mais sans causer de mort dans les rangs de l'armée américaine, selon Washington.

"Aucune preuve"
Dans son rapport, Mme Callamard rejette l'argument avancé par Donald Trump, en soulignant que les Etats-Unis n'ont pas démontré que le général "représentait une menace imminente", qu'ils ne pouvaient pas attendre pour le frapper, et qu'ils n'étaient pas en mesure de demander "la permission" de le tuer au gouvernement irakien.

Selon l'experte française, Washington n'a pas réussi à démontrer que son assassinat était "nécessaire". "Aucune preuve n'a été fournie que le général Soleimani planifiait spécifiquement une attaque imminente contre des intérêts américains, en particulier en Irak, pour laquelle une action immédiate était nécessaire et aurait été justifiée", insiste le rapport. Et, poursuit-il, "aucune preuve n'a été apportée pour montrer que les Etats-Unis n'ont pas eu le temps de demander l'aide de la communauté internationale, y compris du Conseil de sécurité des Nations unies, pour faire face à des menaces imminentes présumées".

Mme Callamard considère par ailleurs que, même en cas de danger imminent à l'encontre des Etats-Unis sur le sol irakien, "rien ne prouve que l'Irak n'était pas en mesure ou ne voulait pas défendre les forces américaines sur son territoire".


Le général iranien Kassem Soleimani a été tué de façon arbitraire et illégale lors d'un raid américain en janvier en Irak car Washington n'a pas démontré qu'il représentait un danger immédiat, estime une experte de l'ONU en droits humains.


Dans un rapport envoyé mardi aux médias par l'ONU, Agnès Callamard, rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires...

commentaires (7)

Un criminel en moins . Pour une fois les Americains ont fait quelque chose de juste

Eleni Caridopoulou

21 h 18, le 07 juillet 2020

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Commentaires (7)

  • Un criminel en moins . Pour une fois les Americains ont fait quelque chose de juste

    Eleni Caridopoulou

    21 h 18, le 07 juillet 2020

  • Agnès Callamard experte française des droits de l'homme, détruit la crédibilité de l’action des droits de l’homme en argumentant l’inexistence du crime de guerre commis par ce général sanguinaire. Tout est politique et point juridique.

    DAMMOUS Hanna

    17 h 30, le 07 juillet 2020

  • au secours ! revoilà la gauche-caviar vissée sur les strapontins du "machin". Il ferait mieux de leur couper les vivres le père Trump comme il l'a fait au WHO, officine avérée des chinois. mais Beurk !!!

    Lebinlon

    11 h 53, le 07 juillet 2020

  • Et les assassinats politiques au Liban, de Hariri pere et tous ceux qui suivent... c'était bien lui le commanditaire !

    Aboumatta

    11 h 29, le 07 juillet 2020

  • D,UN COTE SULEIMANI FAISAIT L,INTERET DE SON PAYS... QUE CA PLAISE OU NOM... DE L,AUTRE LES AMERICAINS ONT FAIT CELUI DU LEUR.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    10 h 49, le 07 juillet 2020

  • Et la presence sur le sol irakien de ce sinistre personnage faisant tirer sur les jeunes manifestants dans les rues ....n est ce pas illegal ?et le genocide syrien ?

    HABIBI FRANCAIS

    10 h 35, le 07 juillet 2020

  • Et l'assassinat de 700, 000 Syrien par le regime avec des armes, des hommes et un plein appui Iranien il est legal?

    Liban Libre

    09 h 25, le 07 juillet 2020