Des Iraniens brandissant des portraits de Kassem Soleimani. Photo d’archives/AFP
Il est plus facile de le dire après coup. Mais force est de constater, six mois après l’élimination du général iranien Kassem Soleimani, que les Américains ont réussi leur pari. L’assassinat du personnage le plus charismatique de la République islamique n’a provoqué ni guerre ni sérieuses représailles. Mieux encore pour Washington, les Iraniens ont baissé d’un ton même s’ils continuent de bomber le torse. Dans l’absolu, la perte de Soleimani n’a pas changé la donne côté iranien, même si elle a bousculé tout l’appareil militaro-sécuritaire. L’homme est irremplaçable, mais la mission de la force al-Qods reste la même : préserver les intérêts iraniens et développer son influence dans la région. Téhéran ne va pas laisser tomber du jour au lendemain des décennies de travail minutieux pour tisser sa toile dans le Moyen-Orient arabe. Mais il semble considérer qu’il est préférable, pour le moment, d’avoir une approche plus diplomatique et moins frontale.
Le « fantôme iranien » éliminé, les voix plus modérées auraient gagné de l’influence auprès du guide suprême. « Un verrou a sauté avec l’assassinat de Soleimani. Tant qu’il était là, son aura faisait que personne n’osait contester ce que disait celui qui a créé la résistance régionale. Mais sa liquidation permet à ceux qui pensent que la République islamique doit baisser d’un ton si elle veut survivre d’exprimer leurs idées auprès de Khamenei », décrypte un diplomate occidental.
Plusieurs événements confortent cette idée d’une approche plus modérée côté iranien. En premier lieu, la nomination d’un Premier ministre qui est loin de leur être acquis dans leur « royaume » irakien. Même s’il a tissé des liens avec les Iraniens, Moustafa al-Kadhimi est avant tout considéré comme proche des Américains. Directement pointé du doigt par les mouvements de contestation en Irak, l’Iran semble avoir intérêt à se mettre en retrait sur cette scène, au moins officiellement, d’autant plus que Bagdad est en proie à une grave crise économique à laquelle les Iraniens n’ont pas les moyens de répondre. Si les institutions américaines sont encore régulièrement la cible de roquettes lancées par des milices chiites, la question de la présence des troupes américaines en Irak est nettement moins source de tensions qu’elle ne l’était en janvier. Autre signe d’apaisement, l’échange de prisonniers entre Washington et Téhéran. Plusieurs scientifiques iraniens qui étaient en détention aux États-Unis ont pu rentrer en Iran au cours de ces dernières semaines, tandis qu’un ex-militaire américain a fait le chemin inverse. Dans la même logique, le Hezbollah, qui était ouvertement hostile il y a quelques mois à l’intervention du FMI au Liban en crise, a, depuis, fait évoluer sa position.
Appel d’air
Téhéran passe par une phase extrêmement difficile où il ne peut pas alimenter constamment la surenchère avec Washington. Son implication régionale est contestée partout, du Liban à l’Irak, son économie est asphyxiée par les sanctions américaines et le pays a été durement touché par la crise du coronavirus et celle des prix du pétrole. La République islamique a besoin d’un appel d’air.
La rhétorique n’a pas changé pour autant. L’ayatollah Ali Khamenei a tenu un discours virulent à l’occasion de la « journée d’al-Qods », célébrée chaque année depuis 1979, dans lequel le guide a accusé les pays arabes d’avoir joué les « marionnettes américaines » et a affirmé que l’Iran allait « soutenir et prêter assistance à toute nation ou tout groupe qui s’oppose et combat le régime sioniste ». Mais le discours est surtout destiné à alimenter l’idéologie révolutionnaire auprès des partisans, sur la scène interne et dans la région. « Avec les Iraniens, vous êtes toujours en train de douter. C’est ce qu’ils veulent, c’est ce qui fait leur force. Ils vous envoient trois signaux positifs et cinq négatifs. Mais le simple fait que ces signaux positifs existent a une valeur en soi », analyse le diplomate occidental.
Le changement n’est pas stratégique, du moins pour l’instant, mais plutôt tactique. Le cas syrien en est le meilleur exemple. Alors qu’Israël a fait état d’un retrait inédit de la présence iranienne en Syrie, la réalité apparaît plus nuancée. Les Iraniens tenteraient de se faire plus discrets, mais ce sont leurs milices, notamment le Hezbollah, qui prendraient le relais sur le terrain. Téhéran s’adapte à une nouvelle donne où il doit défendre son influence que la Russie, l’autre parrain du régime, cherche à réduire. L’Iran, par ailleurs, a besoin de sécuriser le corridor chiite qui le relie à la Méditerranée en passant par l’Irak, la Syrie et le Liban. Les Iraniens semblent vouloir gagner du temps en attendant le résultat de l’élection américaine en novembre. Si Donald Trump est réélu, ils auront du mal à tenir quatre ans de plus dans ces conditions. Ils auront alors le choix entre durcir le ton, au risque d’un conflit avec la première puissance mondiale, et lâcher du lest sur les trois sujets problématiques aux yeux des Occidentaux : le nucléaire, la politique régionale et la politique balistique. « Les Iraniens savent que Donald Trump a un côté très égotique et qu’il est capable de renégocier un deal nucléaire simplement pour avoir le plaisir de remplacer la signature d’Obama par la sienne. Mais quel que soit l’objet des négociations, ils ne lâcheront rien facilement », dit le diplomate occidental.
Washington menace d’« imposer » à l’ONU le retour des sanctions contre l’Iran
Les États-Unis ont clairement menacé hier d’« imposer » unilatéralement au Conseil de sécurité de l’ONU le rétablissement des sanctions internationales contre l’Iran, s’ils n’obtiennent pas une prolongation de l’embargo sur les armes. Washington a remis lundi à ses partenaires du Conseil de sécurité un projet de résolution qui propose de prolonger un embargo sur les armes visant Téhéran, qui expire en octobre. Mais si les Européens y sont favorables, la résolution devrait buter sur l’opposition de la Russie et de la Chine. « Sans action d’ici au 18 octobre, l’Iran sera en mesure d’acheter des systèmes d’armement sophistiqués et de devenir un vendeur d’armes de choix pour les terroristes et les régimes voyous à travers le monde. C’est inacceptable », a déclaré le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo lors d’une conférence de presse à Washington. « Notre premier objectif, actuellement, est de travailler avec le Conseil de sécurité pour passer cette résolution » prolongeant l’embargo, a assuré le secrétaire d’État. « Mais dans le cas où cela ne serait pas possible, nous lui rappelons que les responsables de l’administration Obama avaient dit très clairement que les États-Unis avaient la capacité unilatérale de rétablir les sanctions », a-t-il ajouté.



Le tout religieux ne peut fonctionner, ni en Israël, ni en Iran, ni en Arabie saoudite, encore moins aux USA! Débrassons nous de tous ces stupides personnages en général et en particulier au Liban! Le hezbollah ne doit plus être un parti de Dieu armé jusqu'au dents!
15 h 59, le 27 juin 2020