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Droits de l’enfant

Une vidéo d’un enfant violé par trois hommes suscite l’indignation sur la Toile

Le crime a eu lieu il y a trois ans, mais n’a été divulgué que récemment sur fond de conflit personnel.


Une vidéo d’un enfant violé par trois hommes suscite l’indignation sur la Toile

Justice pour l'enfant syrien, peut-on lire sur cette photo postée sur Twitter.

Une vidéo montrant trois hommes violant un jeune Syrien, du village de Sohmor dans la Békaa, a enflammé les réseaux sociaux, les internautes dénonçant un « acte sauvage » et appelant à sanctionner sévèrement les violeurs.

« L'agression a eu lieu il y a trois ans, mais ce n’est que récemment que la vidéo a été diffusée », explique à L’Orient-Le Jour Amira Succar, présidente de l’Union pour la protection de l’enfance au Liban (UPEL), l’association en charge du dossier. « L’enquête est toujours en cours, poursuit-elle. L’enfant a été examiné par un médecin légiste et il est pris en charge actuellement sur le plan psychique. »

C’est ce qu’assurent aussi les Forces de sécurité intérieure qui ont précisé dans un communiqué que lors de l’enquête menée avec l’enfant, aujourd’hui âgé de 13 ans, en présence d’une représentante de l’UPEL, au siège de l’unité de la justice judiciaire à Zahlé, celui-ci a raconté qu’il y a « trois ans, huit hommes de nationalité libanaise ont abusé de lui sexuellement dans les locaux d’un pressoir où il travaillait ». Ils étaient alors âgés entre 15 et 40 ans, précisent les FSI, soulignant que « la mère de l’enfant s’est portée partie civile à l’encontre de suspects les accusant de viol et de harcèlement sexuel ». Selon le communiqué, l’un des suspects a été arrêté et des mandats de recherche ont été lancés à l’encontre des autres.

Conflit personnel
Les raisons pour lesquelles cette vidéo a fuité maintenant ne sont pas encore identifiées. Certaines sources du village ont confié à L’OLJ qu’un conflit entre le fils d’un responsable régional du mouvement Amal et un responsable du Hezbollah, père de l’un des agresseurs, serait à l’origine de sa diffusion. Ces mêmes milieux précisent que c’est un individu proche du Hezb possédant la vidéo depuis deux ans qui a décidé de la diffuser.

Dans les faits et selon des sources proches du dossier, l’enfant a été violé dans les locaux d’un pressoir où il travaillait pour aider sa mère à subvenir aux besoins de la famille. L’enfant a grandi chez ses grands-parents maternels, son père l’ayant abandonné ainsi que sa sœur, alors qu’ils étaient encore petits. Selon des habitants du village, les agresseurs ont des antécédents et s’étaient déjà filmés en pleins ébats sexuels. Toujours selon des sources proches du dossier, l’enfant n’a pas fait part de l’agression à sa mère. « C’est l’un de ses proches qui lui en a parlé après que la vidéo eut circulé sur les réseaux sociaux, précise-t-on. Cette dernière s’est alors portée partie civile dans l’affaire. Malgré les pressions qu’on exerce sur elle pour qu’elle retire la plainte, elle est déterminée à aller jusqu’au bout dans sa démarche judiciaire. »

Ce scandale a remué le village de Sohmor, connu pour être « le village des martyrs », plusieurs de ses jeunes ayant été tués par les Israéliens. « Le village est connu pour être celui de la résistance, cette vidéo nuit à sa réputation », soulignent ces sources, précisant que les habitants affirment que « c’est une affaire individuelle et isolée ».

Les réactions
Le crime a été dénoncé par le conseil municipal, les notables et les habitants du village de Sohmor, qui dans un communiqué ont « condamné ces actes qui ont mis en péril notre sécurité sociale et morale, ainsi que les coutumes et le tissu sociétal du village ». Ils ont appelé la justice à se charger du dossier et à « infliger les sanctions les plus sévères » à l’encontre des agresseurs. Le conseil municipal a affirmé qu’il suivra le dossier par toutes les voies légales pour que justice soit faite. Il a en outre dénoncé « la campagne injuste qui a visé le village et ses habitants, les accusant d’essayer d’étouffer l’affaire ». Il a affirmé qu’il « se réserve le droit de porter plainte contre al-Mountada al-Ikhbari (le site d’information en ligne qui a divulgué la vidéo) et son propriétaire » pour avoir publié des « informations fausses et fabriquées ».

Le président de la campagne « Ma nationalité, ma dignité », Moustapha Chaar, a lui aussi dénoncé le viol. Dans un communiqué, il s’est demandé si « les enfants d’une femme libanaise sont des boucs émissaires pour qu’ils soient traités de cette manière inhumaine ». Il a appelé les autorités concernées à assurer un suivi psychique à l’enfant et les forces de l’ordre à « traiter cette question d’une manière humaine, empêchant toute couverture partisane ou politique des agresseurs ».


Une vidéo montrant trois hommes violant un jeune Syrien, du village de Sohmor dans la Békaa, a enflammé les réseaux sociaux, les internautes dénonçant un « acte sauvage » et appelant à sanctionner sévèrement les violeurs.

« L'agression a eu lieu il y a trois ans, mais ce n’est que récemment que la vidéo a été...

commentaires (8)

Mon Dieu ! Je croyais que l'horreur était déjà atteint! Mais non l'horreur devient permanent...Hélas mille fois hélas!!!

Hamed Adel

08 h 32, le 03 juillet 2020

Tous les commentaires

Commentaires (8)

  • Mon Dieu ! Je croyais que l'horreur était déjà atteint! Mais non l'horreur devient permanent...Hélas mille fois hélas!!!

    Hamed Adel

    08 h 32, le 03 juillet 2020

  • Napalm

    Jack Gardner

    01 h 30, le 03 juillet 2020

  • On n’est même pas sûr que le cadre juridique existe au Liban pour sanctionner ce genre de crimes , tellement ils sont occultés par la société.. Bravo à ceux qui l’ont révélé sur la place publique. Ceci montre la vulnérabilité de certaines catégories sociales: Enfant, syrien, travailleur, trois qualificatifs cumulés qui sont autant de damnations dans le Liban d’aujourd’hui!

    LeRougeEtLeNoir

    22 h 10, le 02 juillet 2020

  • Pensez a proteger la mere!

    Marie-Hélène

    21 h 05, le 02 juillet 2020

  • QUE N,ENTENDRONS-NOUS ENCORE ! C,EST DE LA BESTIALITE CRIMINELLE. ET JE DEMANDE PARDON AUX BETES CAR ELLES SONT PLUS HUMAINES QUE CERTAINS PRETENDUS HUMAINS.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    20 h 48, le 02 juillet 2020

  • L'utilisation du mot "incident", qui plus est de manière répétée, pour parler d'un viol est choquante. Un viol est un crime, pas un "incident".

    Raimbault Pierre

    19 h 11, le 02 juillet 2020

  • Ces actes ont mis en péril la sécurité sociale et morale, ainsi que les coutumes et le tissu sociétal du village . Peut-être, ils ont surtout détruit la vie d'un enfant. Surtout, que, quelles que soient les pressions, la mère ne retire pas sa plainte.

    Yves Prevost

    18 h 52, le 02 juillet 2020