Un peu plus

Roulette russe

Roulette russe

Photo d’illustration Bigstock

On nous dit de vivre au jour le jour. De tenir bon. De laisser passer la tempête. D’attendre patiemment que les choses aillent mieux. Que nous sommes un pion sur l’échiquier mondial, coincé dans une guerre américano-irano-syrienne. Que tout ça, c’est une manigance pour affaiblir le Hezbollah qui est en perte de vitesse. Que le Hezbollah tire les ficelles politique et économique en jouant avec le dollar et en dirigeant les bureaux de change. Qu’il faut le désarmer. Qu’on a besoin de la résistance. Qu’on veut la tête de Riad Salamé. Que c’est lui qui nous a coulés. Que c’est lui qui tient bon face à Nasrallah. Que Diab va sauter. Que Hariri revient. Que le président est la marionnette de Gebran Bassil. Que tous les partis sont d’accord. Qu’ils sont tous complices. Qu’à la fin du mois le dollar sera à 10 000 LL. Que la thaoura est morte. Que la thaoura n’est pas finie. Que les gens de Khandak et Dahié veulent rejoindre les révolutionnaires. Qu’ils crèvent de faim. Que ce n’est pas vrai. Que leurs partis leur donnent encore de l’argent. Que les chabebs de Aïn el-Remmané sont prêts et armés. Qu’une guerre fratricide se profile. Que les banquiers sont de connivence entre eux. Qu’ils ont sorti leur fric du pays. Qu’ils ont fui en jet privé, à l’instar de gros poissons politiques. Que quelque chose de plus grand que nous se trame. Que le régime finira par tomber. Que les pays étrangers vont nous aider. Qu’ils nous ont oubliés. Qu’après le marasme, on connaîtra une relance économique. Qu’il va y avoir une deuxième vague du Covid-19. Qu’il n’y en aura pas. Que telle école va fermer. Que tel hôpital va mettre la clé sous la porte. Que les expats vont venir cet été. Qu’ils ne viendront pas. Qu’il faut partir. Qu’il faut rester. Que la lumière au bout du tunnel est très loin. Que la lumière sera.

On nous dit tout et son contraire. Et il n’y a rien de plus vicieux, violent, destructeur et angoissant que le discours paradoxal. Il est en train de nous tuer à petit feu. De nous miner jusqu’à la moelle. De nous vider jusqu’à la dernière goutte de sang. Nous sommes perdus entre fake et real news, en proie à la peur. Celle du lendemain. Du surlendemain. Et ceux d’après. Personne ne sait Wein Allah Hato. Personne n’arrive à voir plus loin que son nez. Personne ne sait quand et comment sortir de ce chaos. Comment sortir la tête de l’eau. Comment faire pour joindre les deux bouts. Comment tenir jusqu’à la fin du mois. Comment voguer entre résignation et résilience. Les Libanais sont à bout. Au bout de tout. Ils se sont rendus, attendant un miracle.

Mais miracle il n’y aura pas. Miracle il n’y aura pas, tant que nous penserons encore égoïstement. Quand nous continuerons à nous enfoncer dans cet individualisme qui a causé notre perte. Depuis la nuit des temps. Tant qu’on pensera qu’on n’y peut rien. Que rien ne se fera de l’intérieur parce que tout se joue à l’extérieur. Tant qu’on pensera que c’est en dehors de nos frontières que se trouvent les solutions. Tant du point de vue géopolitique que de celui de l’exil. Tant qu’on croira à la Providence venue des Américains, des Européens, des Français (qui ne nous ont jamais laissés tomber), de l’Iran, la Chine, la Russie, la Syrie. Que la fin de notre cauchemar viendra le jour où on aura choisi l’axe ou les alliés.

Il n’y aura pas de miracle. Nous ne nous en sortirons pas si on ne fait pas bouger les choses de l’intérieur. Si on ne prend pas notre destin en main au lieu de le laisser entre celles des pourritures qui nous gouvernent depuis plus de 30 ans et qui, les poches pleines, se contre-foutent de savoir si 2 millions de Libanais sont au chômage. Si 60 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté et que 30 % de ces gens-là sont au-delà de la misère, n’ayant que 6 000 LL par jour pour (sur)vivre. Moins d’un dollar au taux d’aujourd’hui. Ils se contre-foutent, comme cette petite fraction de Libanais qui vivent dans leur bulle, dans cette espèce de La La Land sans nom. Le changement ne se fera que de l’intérieur. Il ne se fera que par nous. Même si l’influence de tel pays sur tel parti ou telle communauté est importante et dangereuse. Même si on doit attendre l’aide du Fonds monétaire international où de n’importe quel organisme qui injectera des dollars dans le pays. Même si le chemin est long, parsemé d’embûches et que nettoyer un système gangrené depuis trois décennies ne se fait pas en trois jours. Même si cela est dur, très dur et que nous sommes à bout de souffle, alors qu’on nous demande qu’il soit long et qu’on joue à la roulette russe…, le changement et la sortie de ce putain de chaos ne se fera que par nous.


On nous dit de vivre au jour le jour. De tenir bon. De laisser passer la tempête. D’attendre patiemment que les choses aillent mieux. Que nous sommes un pion sur l’échiquier mondial, coincé dans une guerre américano-irano-syrienne. Que tout ça, c’est une manigance pour affaiblir le Hezbollah qui est en perte de vitesse. Que le Hezbollah tire les ficelles politique et économique en...

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Le plan de destruction poursuit sa route et ça crève les yeux. Le projet d’affamer les libanais pour ne leur donner que l’embarras à la place du choix qu’ils devraient faire. La solution est déjà sur la table de HB, CPL et Berry. Qui est de nous laisser croire que seul l’Iran et la Syrie déjà en faillite viendraient à notre secours et ce sera avec l’argent pillé dans nos caisses qu’on inondera le marché de dollars pour faire croire que ce sont ces deux pays dans la mouise qui les ont injectés pour nous avoir à leurs bottes jusqu’à la fin de nos jours sous le joug du HB leur allié de toujours pour faire prospérer ces deux pays aux dépens de notre chère patrie et les ventres creux des libanais. Des propagandes expliquant ce qui s’y passe devraient prendre le relais des fakes News qui noient les libanais qui ne savent plus à quel saint se vouer et une contre attaque bien organisée devrait supplanter les infox pour sortir les libanais de leur torpeur. Les médias ont un rôle important à jouer dans ces moments cruciaux et ils ne devraient pas trembler. La thaoura aussi devrait afficher des slogans dans toutes les régions pour expliquer ce qui s’y passe, autrement nous sommes finis et le Liban avec.

Sissi zayyat

12 h 03, le 28 juin 2020

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Commentaires (1)

  • Le plan de destruction poursuit sa route et ça crève les yeux. Le projet d’affamer les libanais pour ne leur donner que l’embarras à la place du choix qu’ils devraient faire. La solution est déjà sur la table de HB, CPL et Berry. Qui est de nous laisser croire que seul l’Iran et la Syrie déjà en faillite viendraient à notre secours et ce sera avec l’argent pillé dans nos caisses qu’on inondera le marché de dollars pour faire croire que ce sont ces deux pays dans la mouise qui les ont injectés pour nous avoir à leurs bottes jusqu’à la fin de nos jours sous le joug du HB leur allié de toujours pour faire prospérer ces deux pays aux dépens de notre chère patrie et les ventres creux des libanais. Des propagandes expliquant ce qui s’y passe devraient prendre le relais des fakes News qui noient les libanais qui ne savent plus à quel saint se vouer et une contre attaque bien organisée devrait supplanter les infox pour sortir les libanais de leur torpeur. Les médias ont un rôle important à jouer dans ces moments cruciaux et ils ne devraient pas trembler. La thaoura aussi devrait afficher des slogans dans toutes les régions pour expliquer ce qui s’y passe, autrement nous sommes finis et le Liban avec.

    Sissi zayyat

    12 h 03, le 28 juin 2020