Je voudrais faire part d’une plainte formelle concernant l’article intitulé « À Chekka, les exploitations à nouveau au cœur du débat », publié le 17 juin dans les colonnes de L’Orient-Le Jour.
L’Orient-Le Jour est un journal bénéficiant d’une grande réputation. Ceux qui le lisent ont confiance dans le fait que les articles publiés sont précis, impartiaux et sont surtout fondés sur des faits. Plus que jamais, alors que le Liban est confronté à la pire crise économique et environnementale de son histoire, le journal a la responsabilité de reproduire des reportages précis, surtout avec la désinformation qui circule en ce moment.
Il est vrai qu’au Liban, comme partout ailleurs dans le monde, les réglementations relatives à l’activité industrielle sont débattues et discutées. Cependant, la section de votre article « des crimes environnementaux » présente essentiellement une liste d’opinions unilatérales qui ne se réfèrent à aucun moment à des faits ou à une recherche documentée. Cette collection d’opinions conduit le lecteur à des conclusions incorrectes.
L’interview du prêtre du village, par exemple, assure qu’aucune famille de son village n’a été épargnée et qu’un membre au moins de chaque famille a été atteint de cancer. En présentant cette information de cette façon, vous accusez gravement l’industrie du ciment sans aucune recherche sur la véracité des faits présentés. La recherche scientifique montre cependant (se référer par exemple à une étude du British Medical Journal) qu’il n’y a aucun lien entre la production de ciment et le cancer. De plus, aucune recherche n’a été également effectuée pour vérifier si les cimentiers avaient investi dans des équipements antipollution et si leurs réglementations étaient conformes aux réglementations internationales.
Il est juste que le journal présente le débat autour de ces questions et oblige les particuliers et les entreprises à rendre des comptes, mais cela doit être fait sur la base de faits. Dans le cas contraire, les opinions et les allégations de quiconque deviennent réalité, surtout lorsqu’elles sont publiées dans un journal comme le vôtre.
Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.

