Le procès sous haute sécurité d’un sympathisant néonazi, tueur présumé d’un élu favorable à l’accueil des migrants, s’est ouvert hier devant la haute cour régionale de Francfort alors que ce meurtre avait réveillé le spectre du terrorisme d’extrême droite en Allemagne. L’audience a suscité un vif intérêt du public et des médias. C’est en effet la première fois depuis la Deuxième Guerre mondiale qu’une affaire de ce type est jugée en Allemagne. Durant la nuit du 2 juin 2019, Walter Lübcke, élu de 65 ans du parti conservateur CDU d’Angela Merkel, fume une cigarette sur la terrasse de sa maison à Cassel en Hesse, lorsqu’il est tué d’une balle dans la tête tirée quasi à bout portant. Après deux semaines d’enquête, un suspect, Stephan Ernst, 46 ans, proche de la mouvance néonazie, est interpellé et avoue le crime. Il encourt la réclusion à perpétuité. Des investigations sur son matériel informatique ont révélé qu’il avait d’autres cibles potentielles en vue : des élus et une synagogue. L’accusé est connu des autorités de longue date comme un sympathisant néonazi au potentiel violent. Sous-estimée dans les années 2000 par les autorités malgré les meurtres de huit immigrés turcs, d’un Grec et d’une policière allemande par un groupuscule néonazi, la menace du terrorisme d’extrême droite est perçue aujourd’hui comme un défi crucial pour la sécurité intérieure.
Monde - Allemagne
Le meurtrier d’un élu pro-migrants devant les juges
OLJ / le 17 juin 2020 à 00h00

