L'ancien Premier ministre libanais Saad Hariri. Photo d'archives Mohammad Azakir/Reuters
L'ancien Premier ministre libanais, Saad Hariri, a estimé vendredi qu'une destitution du gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, comme préconisée par certains responsables sur fond de crise économique et financière aiguë, relèverait de la "folie".
Les détracteurs de Riad Salamé lui reprochent d'avoir mené une politique monétaire irresponsable, tandis que le spectre de l'hyperinflation se fait de en plus concret dans le pays et que la livre libanaise continue de s'effondrer de manière spectaculaire.
"Menacer de destituer Riad Salamé est une folie du point de vue économique, politique et constitutionnel", a tempêté Saad Hariri sur son compte Twitter. Une telle destitution "va décapiter l'économie du Liban". Pour lui, les dirigeants "cherchent surtout à échapper aux conséquences négatives de leurs décisions et de leurs actions, et non à trouver une solution pour sauver l'économie et mettre fin à l'effondrement de la livre".
"Le mandat (du chef de l'Etat, Michel Aoun) et le gouvernement du mandat mènent les Libanais vers l'inconnu en rendant l'économie otage des règlements de comptes politiques", a-t-il renchéri, fustigeant "une mentalité vindicative, à la recherche d'un bouc émissaire qui puisse étouffer la juste colère des gens qui crient leur faim dans toutes les régions".
La livre a perdu 70% de sa valeur depuis octobre dernier atteignant de nouveaux sommets, une dégringolade vertigineuse qui a alimenté le mouvement de contestation et la remise en cause des élites accusées de corruption. Officiellement, la livre est indexée sur le billet vert depuis 1997 au taux fixe de 1.507 livres pour un dollar, mais depuis octobre 2019 elle poursuit sa chute dans les bureaux de change. La monnaie nationale se négociait vendredi matin dans une fourchette située entre 5000 à l’achat et 5300 livres à la vente pour un dollar, selon le site lebaneselira.org, soit plus de 1000 livres environ de plus que celui qui était pratiqué lorsque les agents de change ont rouvert leurs portes le 3 juin après un mois de grève. Hier, des informations ont circulé sur des transactions pour lesquelles le taux de change aurait été de 7.000 LL pour un dollar.


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