Des partisans du Hezbollah brandissant des tee-shirts portant le logo du parti chiite, lors d’une confrontation avec des manifestants antipouvoir, samedi, à Beyrouth. Ali Hachicho/Reuters
Pour Mohammad el-Baba, un habitant de Saïda d’une cinquantaine d’années, le moment n’est pas propice au règlement de cette question polémique. « Mettons la question des armes de côté et parlons de la pauvreté », pouvait-on lire sur une pancarte qu’il brandissait samedi, place des Martyrs. « Nous voulons tous que l’État soit le seul détenteur des armes, mais les Libanais n’arrivent plus à joindre les deux bouts. La priorité est à la situation socio-économique », estime-t-il. Suzanne, une amie qui l’accompagne, n’est pas d’accord. « Tu penses vraiment qu’on peut dénoncer la faim aujourd’hui sans aborder la question de la souveraineté ? » affirme cette manifestante à L’Orient-Le Jour.
Un point de vue partagé par Sandy Chamoun, une trentenaire qui se dit pour l’application de la résolution 1559 de l’ONU qui prévoit le désarmement et la dissolution de toutes les milices. « Les armes du Hezbollah couvrent la corruption dans le pays. Ce qui est bien, c’est que les gens commencent à en parler, nous avons brisé un tabou », estime la jeune femme. Mohammad, la vingtaine et sans emploi depuis quelques mois, s’oppose pour sa part à ce que ce sujet soit abordé maintenant. « Nous sommes là pour revendiquer nos droits les plus basiques. Nous ne sommes pas là pour protester contre les armes du Hezbollah ni pour servir les intérêts des autorités qui veulent continuer à diviser la rue en alimentant les dissensions confessionnelles », confie à L’OLJ le jeune homme issu de Barja.
Le Hezbollah, « un fardeau »
Parmi les partisans du désarmement du Hezbollah et de l’application de la 1559, les membres des forums des jeunes, des cercles de discussions et d’activités à caractère politique créés par Nabil Halabi, avocat proche de Baha’ Hariri. Ces forums sont actifs dans des zones sunnites de la Békaa, à Beyrouth, à Tripoli et dans l’Iqlim el-Kharroub, et ne cachent plus leur ambition de se transformer en parti politique. Selon M. Halabi, leurs membres faisaient partie samedi des manifestants opposés aux armes du Hezbollah, mais n’affichaient pas de slogans allant explicitement dans ce sens.« L’application de la 1559 n’est pas notre seule revendication, mais elle fait partie de plusieurs demandes que nous soulevons et qui sont relatives à la situation socio-économique. Sauf que les médias n’ont mis l’accent que sur cet aspect », déplore l’avocat, qui poursuit : « La présence des armes du Hezbollah est la cause de la faillite des institutions et de la perte de confiance de la communauté internationale. » « Nous ne pouvons pas séparer la crise économique de ce dossier car personne ne voudra nous aider tant que le Hezbollah continuera à disposer d’un arsenal militaire. Le Hezbollah est aujourd’hui un fardeau. Nous ne demandons pas qu’il remette les armes par la force, mais qu’il les donne à l’armée libanaise, ajoute l’avocat. Nous avons exprimé notre opinion librement samedi et cela relève de notre droit. Ce n’est pas à chaque fois que nous allons ouvrir ce sujet que nous devons être accusés de trahison. »
Une source proche de l’ancien ministre Achraf Rifi, connu pour son opposition au Hezbollah, a pour sa part confirmé à L’OLJ que ce dernier a encouragé ses partisans à prendre part à la manifestation de samedi et à porter l’application de la 1559 parmi leurs revendications. « Les armes du parti chiite ont des répercussions négatives sur l’économie du pays. Nous sommes pour le respect des résolutions internationales et il est de notre intérêt d’appliquer la 1559. Nous faisons partie d’un système international et nous risquons de perdre toute légitimité si nous poursuivons sur cette lancée », indique ce responsable.



L'OLJ à 20h24 "La discorde et la pire qui puisse être fait contre le pays". Le CPL. -Retrirez le projet controversé et inutile de la Centrale électrique à Selaata. - Renvoyez chez eux les bateaux turcs-centrales électriques. - Abandonnez le projet du siège "Yeldiz erdoganien" qui détériore les stèles de Nahr-el-Kalb. - N'insultez pas les symboles religieux des autres. - Livrez toutes vos armes à l'Armée libanaise seule autorisée à garder les siennes pour défendre la Patrie Après cela, tout finira par rentrer dans l'ordre pour disparaître.
21 h 01, le 08 juin 2020