Images d'une manifestation, le 2 juin à Paris, en mémoire d'Adama Traoré, jeune homme noir mort lors d'une opération de police en 2016. REUTERS/Gonzalo Fuentes
Dix-huit personnes ont été interpellées à Paris lors d'incidents en marge d'un rassemblement interdit organisé mardi soir à l'appel du comité de soutien à la famille d'un jeune homme noir mort en 2016 après son interpellation, Adama Traoré, a annoncé à l'AFP la préfecture de police mercredi.
La manifestation a réuni environ 20.000 personnes dans la capitale française, selon la préfecture de police, précisant que 17 des 18 personnes interpellées ont été placées en garde à vue. Ce rassemblement contre les violences policières avait été organisé à l'initiative des proches d'Adama Traoré, le jour où était dévoilée une expertise réalisée à la demande de la famille mettant en cause les gendarmes français dans la mort du jeune homme de 24 ans.
Cette manifestation a eu lieu dans le contexte de celles organisées aux Etats-Unis et d'autres pays après la mort de George Floyd, un Américain noir de 46 ans asphyxié par un policier blanc aux Etats-Unis le 25 mai. Selon les autorités françaises, elle avait été interdite en raison de l'état d'urgence sanitaire dans ce pays proscrivant tout rassemblement public de plus de dix personnes car elle n'avait "fait l'objet d'aucune déclaration préalable". Parallèlement, sept personnes ont été interpellées et dix policiers légèrement blessés lors d'une dizaine de rassemblements contre les violences policières dans d'autres villes françaises, a-t-on appris de source policière.
Le 19 juillet 2016, Adama Traoré était décédé dans la caserne de gendarmerie de Persan en région parisienne, près de deux heures après son arrestation. Pour Assa Traoré, soeur d'Adama Traoré, "malheureusement la mort de George Floyd vient imager la mort de mon petit frère". "L'indignation qu'on dénonce aux Etats-Unis, il se passe exactement la même chose en France. En France c'est encore pire : aux Etats-Unis les policiers ont été limogés, en France les gendarmes ont été récompensés" a-t-elle poursuivi, sur la chaîne BFMTV.
Mercredi, la droite française a condamné le rassemblement interdit, le jugeant "inadmissible" en raison de "l'état d'urgence sanitaire", s'est indigné le chef de file des sénateurs Les Républicains Bruno Retailleau sur la chaîne Cnews. "Ce qui est aussi inacceptable, c'est que certains du comité de soutien à la mémoire d'Adama Traoré veuillent établir un lien entre ce qui s'est passé aux États-Unis et ce qui, soi-disant, se serait passé, il y a quatre ans, ici en France", a-t-il ajouté.
A l'inverse, le chef de file de la gauche radicale française, Jean-Luc Mélenchon, a jugé les images des rassemblements "impressionnantes de calme et de détermination tranquille", dans un billet sur son blog, en prenant la défense de "cette jeunesse humiliée par les contrôles incessants, l'injustice permanente et les violences policières impunies avec ostentation".
"Il n'y a pas d'ordre sans justice. Cela suppose, dans cette affaire comme dans toutes les autres, que l'on puisse connaître la vérité", a de son côté plaidé le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure sur Franceinfo.


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