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Politique - Communautés

L’heure du départ a sonné pour le mufti de Tripoli

Avec le déclin de la popularité de l’ancien Premier ministre Saad Hariri, et l’insistance de certains leaders politiques de Tripoli à le remplacer, il semble douteux que Malek Chaar voit son mandat prorogé une troisième fois.

Le mufti Chaar en compagnie de l’ancien Premier ministre Saad Hariri. Photo d’archives ANI

L’heure du départ semble avoir sonné pour le mufti de Tripoli, le cheikh Malek Chaar, en poste depuis 2008 et dont le mandat, prorogé à deux reprises, expire le 31 mai. Avec le déclin de la popularité de l’ancien Premier ministre Saad Hariri, et l’insistance de certains leaders politiques de Tripoli, comme Nagib Mikati, à le voir remplacer, il semble douteux que le mufti voie son mandat prorogé une troisième fois, en dépit des pressions exercées en ce sens, notamment par l’ancien Premier ministre Fouad Siniora.

« Le mufti de Tripoli est un homme irréprochable du point de vue de la science religieuse ou de la moralité, mais son train de vie le tient à distance du peuple, des petites gens qui le sollicitent », assure un dignitaire sunnite à la retraite. « En outre, poursuit ce dignitaire, il a beaucoup promis, sans jamais tenir parole. Il a promis d’installer l’instance sunnite qu’il préside dans des locaux neufs, mais n’a rien réalisé ; il a promis, en vain, de meilleurs salaires aux dignitaires qui prêchent dans les mosquées ainsi qu’aux fonctionnaires de l’instance religieuse sunnite ; il s’est engagé à faire fructifier les biens de mainmorte (wakfs) de Tripoli, mais n’a pas non plus tenu parole là-dessus. »

Les observateurs de la scène sunnite notent en passant que les rapports entre le mufti de Tripoli, proche de Saad Hariri, et le cheikh Abdellatif Deriane, mufti de la République, ne sont pas au beau fixe, et qu’un froid existe entre les deux hommes depuis que le cheikh Malek Chaar a brigué lui aussi le poste de mufti de la République.

Selon ces sources, c’est à contrecœur que le cheikh Deriane a prorogé à deux reprises le mandat de son ancien rival. La dernière prorogation remonte au 31 octobre 2019. En la signant, le mufti de la République a spécifié qu’au 1er juin, c’est le secrétaire général de Dar el-Fatwa-Tripoli, le cheikh Mohammad el-Imam, qui assurera l’intérim de sa présidence, jusqu’à l’élection d’un nouveau mufti pour la capitale du Liban-Nord. Le mufti Chaar a atteint en 2018 l’âge de la retraite (70 ans) prévu pour son poste.

Pression populaire

Au demeurant, une pression populaire quotidienne, orchestrée par les adversaires politiques de Saad Hariri, que ce soit l’ancien Premier ministre Nagib Mikati ou l’ancien ministre Achraf Rifi, s’exerce depuis quelques mois sur le cheikh Malek Chaar, et des piquets fixes de manifestants sont installés sous son domicile même, pour lui rappeler tous les jours que la population souhaite son départ. Une poignée de manifestants ont en outre tenu hier un sit-in devant le bâtiment des waqfs islamiques de Tripoli, pour protester contre une possible prorogation du mandat du mufti. Les manifestants se sont défendus de toute affiliation politique, tout en se réclamant du mouvement de révolte du 17 octobre.

Trois des grandes figures politiques de Tripoli, Fayçal Karamé, Nagib Mikati et Achraf Rifi, insistent pour que le mandat du cheikh Malek Chaar ne soit pas prorogé une nouvelle fois et que la volonté populaire soit respectée. De source politique, on n’exclut pas que les deux anciens Premiers ministres Saad Hariri, qui tient à la prorogation, et Nagib Mikati, qui insiste sur un remplacement, se rencontrent pour en parler.

Soucieux de l’aura de la communauté sunnite, Achraf Rifi estime que la reconduction du mandat du cheikh Chaar serait une sorte de « prorogation d’un effondrement politique inacceptable ». L’ancien ministre souligne en particulier dans des déclarations à la presse que « le souci des honneurs » du mufti Chaar et son manque de sensibilité sociale l’ont empêché d’entreprendre des projets de nature à relever le niveau de vie de la population de Tripoli et d’exploiter judicieusement, à cette fin, les importants biens fonciers de la communauté sunnite, notamment par la construction de logements populaires et autres projets répondant aux besoins de certains quartiers pauvres de la capitale du Liban-Nord. Les propos de M. Rifi font écho à un reproche courant adressé au mufti, qui n’a pratiquement rien accompli sur le plan social pour les couches défavorisées de Tripoli. En sorte que, selon plusieurs sources politiques, une nouvelle prorogation de son mandat « coûtera cher, cette fois, à Saad Hariri ».


L’heure du départ semble avoir sonné pour le mufti de Tripoli, le cheikh Malek Chaar, en poste depuis 2008 et dont le mandat, prorogé à deux reprises, expire le 31 mai. Avec le déclin de la popularité de l’ancien Premier ministre Saad Hariri, et l’insistance de certains leaders politiques de Tripoli, comme Nagib Mikati, à le voir remplacer, il semble douteux que le mufti voie son...

commentaires (1)

Vraiment Nagib Mikati?? Ashraf Rifi?? On change de pelle mais pas de détritus... Bravo! Finalement cette revolution du 17 Octobre de remettre des anciens Politiciens aussi corrompus que ceux que nous avons en ce moment. Cela veut dire que le Libanais n'a rien compris!!!! Pauvre Liban!!! Riad El Solh, Presidents Chehab et Chamoun doivent se retourner dans leurs tombes...

Marwan Takchi

17 h 06, le 30 mai 2020

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Commentaires (1)

  • Vraiment Nagib Mikati?? Ashraf Rifi?? On change de pelle mais pas de détritus... Bravo! Finalement cette revolution du 17 Octobre de remettre des anciens Politiciens aussi corrompus que ceux que nous avons en ce moment. Cela veut dire que le Libanais n'a rien compris!!!! Pauvre Liban!!! Riad El Solh, Presidents Chehab et Chamoun doivent se retourner dans leurs tombes...

    Marwan Takchi

    17 h 06, le 30 mai 2020

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