Les distributeurs de pain au Liban ont manifesté hier à Beyrouth devant le ministère de l’Économie et du Commerce en signe de protestation contre la vente par des boulangeries des rabtas (paquets) de pain blanc de 1 000 grammes à 1 500 livres libanaises, le tarif plafonné il y a dix jours par le ministre Raoul Nehmé.
Or ce plafond s’applique normalement au prix de vente final du pain au consommateur, que les boulangers et les distributeurs doivent respecter. Or si les boulangers décident de vendre le pain aux grossistes à 1 500 livres, ces derniers devront alors soit renoncer à leurs marges, soit vendre le pain plus cher – et donc se mettre en infraction avec la décision du ministère.
Les boulangers estiment que la hausse de leurs coûts – provoquée notamment par la crise de liquidités en dollars que traverse le pays – rend nécessaire un ajustement du prix payé par le consommateur au final, que le ministère est compétent pour fixer. Mais ce dernier juge les marges de la filière assez importantes pour justifier son refus de céder à leur demande.
Les grossistes ont, eux, réclamé « une solution qui conviendrait aux boulangeries, aux distributeurs et aux consommateurs », proposant un retour à un paquet de pain pesant 900 et non 1 000 grammes pour le prix de 1 500 livres.
Cette manifestation intervient alors que le ministère de l’Économie et les syndicats de boulangers sont en désaccord depuis des mois sur les tarifs du pain. Par ailleurs, le syndicat des boulangers avait publié un communiqué le 9 mai dans lequel il accusait le ministère de l’Économie et du Commerce de ne pas avoir respecté leur accord du 26 avril visant à fixer le prix du paquet de pain de 900 grammes à 1 500 livres.


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