Pour la première fois dans l’histoire américaine, le président des États-Unis est en grand conflit avec les médias traditionnels. Depuis son élection en 2016, le président Donald Trump s’en prend aux médias et surtout ceux qui sont proches des démocrates, comme la chaine CNN et les deux journaux Washington Post et New York Times. Toutefois, ce n’est pas le cas de Fox News qui est proche de lui et des républicains.
Le président Trump montre une agressivité inédite envers les médias traditionnels. Il met l’accent sur leur manque de crédit en disant qu’ils diffusent des fake news. C’est le premier président à utiliser ce terme dans le monde.
En novembre 2018, il a retiré l’accréditation du journaliste de CNN Jim Acosta en prétextant que ce dernier avait repoussé la stagiaire qui tentait de lui reprendre son micro.
En février 2019, le président Trump a attaqué directement le journal New York Times sur twitter en écrivant : « Véritable ennemi du peuple », comme réponse à un reportage qui montrait les tentatives du président d’influencer les personnes chargées des différentes enquêtes le concernant.
Cette stratégie de communication, toujours suivie par le président Trump, est basée sur la non-confiance dans les médias, à l’exception des réseaux sociaux, dont il peut gérer lui-même le contenu de ses messages sans intermédiaires et contrôler sa communication. Dans ce contexte, il a souligné dans une interview à Fox News le 15 mars 2017 : « J’ai mon propre média, je n’ai pas besoin de m’en remettre aux faux médias. »
Pour information, le président Trump est inscrit sur Twitter depuis septembre 2009. Ses messages sont souvent rédigés à l’aube, entre 6 heures et 9 heures, en réaction aux émissions politiques du matin diffusées sur CNN, Fox News et MSNBC, qu’il regarde assidûment.
Le conflit entre le président Trump et les médias est toujours virulent, il se poursuit actuellement avec la crise du coronavirus. CNN a décidé de boycotter les conférences de presse quotidiennes du président, pour protester contre ses attaques successives visant les journalistes de la chaîne.
Par ailleurs, l’opinion publique américaine observe bien cette situation. Comme l’indique le sondage mené par le Pew Research Center, un think tank indépendant et non partisan, l’opinion publique américaine a développé une forte méfiance à l’égard des médias, et également envers les réseaux sociaux et les médias en ligne.
À la suite des révélations sur l’ingérence russe dans la campagne électorale du président Trump et le vol de données personnelles contenues dans les comptes Facebook de 70 millions d’Américains, commis par la société britannique Cambridge Analytica, les chiffres ont montré que 54 % des utilisateurs adultes de Facebook ont modifié leurs paramètres de sécurité.
Cette opinion publique n’est pas loin du point de vue manifesté par le président Trump. Ce dernier n’hésite pas à montrer des stratégies au niveau du discours et des techniques de communication pour convaincre le peuple, dans l’objectif de gagner un autre mandat.
La prochaine campagne électorale va exacerber la relation entre Donald Trump et les médias progressistes. Les réseaux sociaux en seront le témoin. Ce président populiste et polémique a des tactiques à montrer pour les élections attendues le 3 novembre 2020.
Chercheur en communication numérique
Toulouse
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