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Moyen-Orient - Éclairage

En Égypte, l’épidémie de Covid-19 durcit l’assise autoritaire du régime

De nouveaux dispositifs d’urgence inquiètent les ONG quant à la poursuite d’une détérioration des libertés fondamentales.

Des personnes attendant leur tour pour recevoir un repas gratuit, au Caire. Amr Abdallah Dalsh/Reuters

Jeudi dernier, le régime du président Abdel Fattah al-Sissi a adopté une série d’amendements autorisant un renforcement des pouvoirs dans le cadre de la loi d’urgence. Les amendements, validés par le Parlement égyptien et publiés au Journal officiel jeudi soir, permettront d’accroître les prérogatives présidentielles, ainsi que celles des organismes de sécurité du pays. Le président pourra notamment fermer les écoles, suspendre le travail dans le secteur public, interdire les rassemblements publics comme privés et mettre en quarantaine les voyageurs entrant au pays. Il pourra également réduire le commerce de certains produits ou réquisitionner des établissements publics, tandis que le procureur militaire sera en mesure d’assister les juridictions civiles afin de statuer sur des crimes rapportés par les forces armées en charge de l’application de l’état d’urgence.

Les amendements s’inscrivent dans le cadre d’une réforme de la loi d’urgence en place depuis avril 2017, dans le sillage d’un double attentat contre des églises coptes ayant fait des dizaines de victimes, revendiqué par un groupe islamiste affilié au groupe État islamique. Dans ce contexte sécuritaire, la législation d’exception, renouvelée tous les six mois, attribue des prérogatives élargies aux forces de sécurité afin par exemple de procéder à des arrestations ou détentions, notamment en contournant certains droits constitutionnels tels que la liberté de parole ou de rassemblement.

Depuis jeudi, de nombreuses organisations se sont inquiétées d’une possible aggravation d’un renforcement des restrictions de libertés. Dans un rapport publié jeudi, l’ONG de défense des droits de l’homme basée à New York, Human Rights Watch, a notamment dénoncé les amendements comme autant de tentatives de « couverture pour masquer de nouveaux pouvoirs répressifs » qui pourraient « limiter les droits au nom de l’ordre public ».

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L’adoption des amendements s’ajoute à un contexte préoccupant, marqué par une hausse des arrestations dans le cadre des lois antiterroristes et un renforcement des mesures répressives. Le 2 mai 2020, la mort dans la prison de Tora du jeune réalisateur égyptien Shadi Habash, qui s’était fait connaître en 2018 avec une vidéo critique du président Sissi, avait relancé la polémique quant à la condition des détenus politiques dans le pays. Plus de 60 000 prisonniers politiques sont actuellement détenus sans procès dans les geôles égyptiennes, malgré les nombreux appels de la société civile afin de procéder à une libération en raison de l’épidémie afin d’éviter un désastre humanitaire. L’ONG Initiative égyptienne pour les droits individuels a notamment publié une série de recommandations, appelant les autorités à « non seulement libérer les prisonniers politiques, mais également s’assurer que les infrastructures de détention respectent les critères de sécurité internationaux », déclare Ayman Sabae, chercheur spécialiste du droit à la santé au sein de l’ONG.

Si aucun cas de Covid-19 n’a pour l’instant été rapporté dans les prisons, une recrudescence du nombre de contaminations au coronavirus au cours de la première semaine du mois de mai fait craindre une flambée de l’épidémie dans le pays durant le mois de ramadan, où de nombreux rassemblements peuvent être attendus, notamment durant les célébrations de la fête du Fitr.

L’Égypte compte à ce jour près de 8 500 cas et 482 décès dus au virus, sur une population de 100 millions d’habitants. Un chiffre qui pourrait se révéler en réalité plus élevé, notamment dû au fait que « les autorités n’ont pas la capacité d’évaluer le nombre exact de contaminations », estime Ayman Sabae, malgré « certaines améliorations notamment pour rendre les tests disponibles à un plus grand nombre de personnes ». Depuis l’apparition du premier cas en Égypte, le 14 février, les autorités ont progressivement mis en place les mesures classiques de confinement afin d’endiguer la propagation du virus – fermeture des frontières, sites touristiques et établissements scolaires – qui devrait prendre fin le 1er juin, si une réévaluation n’a pas lieu avant.


Jeudi dernier, le régime du président Abdel Fattah al-Sissi a adopté une série d’amendements autorisant un renforcement des pouvoirs dans le cadre de la loi d’urgence. Les amendements, validés par le Parlement égyptien et publiés au Journal officiel jeudi soir, permettront d’accroître les prérogatives présidentielles, ainsi que celles des organismes de sécurité du pays. Le...

commentaires (2)

POUR METTRE LES EGYPTIENS AU PAS, SURTOUT EN CES TEMPS DE CORONA, IL FAUT DU DUR...

SOUTENONS L,OLJ. CONDAMNONS SES CENSURES.

10 h 25, le 11 mai 2020

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Commentaires (2)

  • POUR METTRE LES EGYPTIENS AU PAS, SURTOUT EN CES TEMPS DE CORONA, IL FAUT DU DUR...

    SOUTENONS L,OLJ. CONDAMNONS SES CENSURES.

    10 h 25, le 11 mai 2020

  • FAUT ARRÊTER de donner des leçons Que tous ces organismes occidentaux arrêtent. Laiissez les égyptiens gérer leur pays. Ils savent mieux que vous comment mater des esprits belliqueux comme « le mouvement des frères musulmans » A force de critiquer Moubarak... ils ont eu droit à Morsi l’islamiste. Les Égyptiens ont regretté Moubarak Aujourd’hui, pour des raisons de deals, les USA veulent à tout prix ré-installer les freres musulmans au pouvoir en ÉGYPTE : STOP. Votre jeu US est tout dévoilé

    radiosatellite.online

    01 h 01, le 11 mai 2020

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